
Forum Sur l'Armée Algérienne
|
| | | Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] | |
| |
| Auteur | Message |
|---|
cesam Aqid (عقيد)


Messages: 4230 Age: 34 Localisation: Algérois Loisirs: sports de combat et plongée sous marine Inscription: 08/05/2009 Médailles du Forum:

Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Lun 14 Sep - 21:32 | |
| Beyrouth, nid d'espionsLa capitale du Liban est au centre de la guerre du renseignement que se livrent les services syriens, le Hezbollah, le Mossad, la CIA et beaucoup d'autres. | Citation: | 14.09.2009 - La guerre froide avait le Berlin de John Le Carré ou la Vienne du Troisième Homme. La guerre clandestine qui se livre au Moyen-Orient a Beyrouth pour capitale. Espions occidentaux et agents iraniens, services de renseignements syriens et activistes du Hezbollah, Mossad, CIA et autres agences s'y livrent une guerre opaque dans laquelle les victoires sont parfois claironnées. Les défaites jamais.
Dans cette guerre de l'ombre, les services de renseignements israéliens ont subi, cette année au Liban, l'un des plus importants revers de leur histoire. Comme il se doit, ils n'ont pas commenté le démantèlement de leur plus grand réseau d'espionnage dans un pays arabe. Les chiffres sont pourtant sans précédents. Plus de soixante-dix Libanais ont été inculpés d'espionnage au profit d'Israël ces derniers mois. Une quarantaine de suspects ont été placés en détention. Une trentaine d'autres agents supposés sont toujours recherchés par les autorités libanaises. Certains ont réussi à fuir, prenant l'avion vers une destination inconnue, ou ont franchi la frontière entre les deux pays, toujours techniquement en guerre depuis 1949. D'autres ont cessé leurs activités.
À la différence des maîtres espions des romans, les membres de ces réseaux appartiennent à l'univers moins glamour du renseignement de terrain. Celui des petites mains, des cellules anonymes chargées de glaner des informations fragmentaires, de préparer des dossiers d'objectif ou de suivre les mouvements quotidiens de l'adversaire. Parmi ces agents, certains dormants depuis des années, toutes les communautés libanaises sont représentées : chrétiens, sunnites, chiites, originaires du Sud-Liban, de la Bekaa ou de Beyrouth.
«Certains travaillaient pour Israël depuis des années, parfois depuis les années 1980», explique le général Achraf Rifi, directeur général des Forces de sécurité intérieures libanaises, qui ont effectué une bonne partie des arrestations. «Ils ont été recrutés, ajoute-t-il, pour des motifs variés : financiers, idéologiques ou psychologiques. On a même des cas de chantage, sexuels ou autres. Mais le principal facteur de ce recrutement a été la longue occupation israélienne du Sud-Liban, qui a mis en contact des Libanais avec les Israéliens, et qui a, d'une certaine façon, rendu acceptable les relations avec eux».
«Une chose est sûre, c'est un beau coup de filet, commente une source diplomatique occidentale à Beyrouth. Il est possible que, depuis leur semi-échec pendant la guerre de 2006, où ils s'étaient appuyés sur leurs renseignements aériens et technologiques, les Israéliens aient un peu trop demandé à leurs réseaux, leur faisant prendre plus de risques pour reconstituer leurs listes de cibles. Mais ces arrestations sont surtout le fruit d'un travail sans précédent des forces de sécurité libanaises.»
Comme dans toutes ces affaires, l'écheveau est difficile à démêler. Particulièrement au Liban, où le Hezbollah, État dans l'État, entretient ses propres services de contre-espionnage, collaborant parfois avec les agences de l'État encore remplies d'agents et d'officiers pro-syriens, mais dirigés, depuis le retrait de Damas, par des sunnites fidèles à Rafic Hariri, notamment les Forces de sécurité intérieure.
«Un élément déclencheur est certainement la prise de conscience par le Hezbollah de l'ampleur de la pénétration israélienne», souligne le diplomate. Organisation clandestine, opaque et paranoïaque, qui base sa sécurité sur le recrutement chiite de ses cadres, le Hezbollah subit, en février 2008, un coup dur avec l'assassinat à Damas d'Imad Moughniyeh, chef de sa branche militaire. Attribué au Mossad, l'attentat met au travail le contre-espionnage du mouvement.
À la fin de l'année 2008, les premières arrestations commencent. En novembre, deux frères sunnites sont capturés par le Hezbollah. Originaires de la ville d'al-Marj, dans la vallée de la Bekaa, Ali et Youssouf Jarrah sont accusés d'espionner depuis vingt ans pour Israël. On retrouve en leur possession du matériel photographique et vidéo, et un système GPS dissimulé dans leur véhicule. La voiture, équipée pour prendre des photos, aurait été fréquemment garée au poste frontière de Masnaa, sur la route entre Beyrouth et Damas, par laquelle transitent les responsables du Hezbollah. Muni d'un passeport israélien, Ali Jarrah se rendait, via Chypre ou la Jordanie, en Israël pour y être briefé et entraîné. Selon des sources libanaises, il aurait aussi été envoyé en reconnaissance dans le quartier de Damas où Moughniyeh a été assassiné.
Vaste coup de filet
En janvier 2009, le Hezbollah capture deux autres suspects. Joseph Sader, employé à l'aéroport de Beyrouth, est enlevé alors qu'il se rend à son travail. Interrogé, il aurait révélé avoir eu la même fonction de renseignement dans un aéroport par où transitent émissaires et diplomates de tout le Moyen-Orient. Un garagiste de Nabatiyeh, ville chiite du Sud-Liban, est le quatrième agent arrêté par le Hezbollah. Marwan Fakir était un concessionnaire automobile qui fournissait des véhicules au mouvement chiite. Il aurait aussi utilisé ses talents de garagiste pour installer des dispositifs de localisation sur des voitures que le parti lui donnait à réparer. Ces affaires ne sont que le préliminaire du vaste coup de filet qui va suivre, celui qui implique les services libanais.
Un général libanais recruté par Israël
En mai 2009, les arrestations commencent. Le général Adib Alam, officier chrétien à la retraite, ancien de la Direction du renseignement militaire, est interpellé avec sa femme et son neveu. Selon les médias libanais, il aurait reconnu avoir été recruté par les services israéliens en 1998. Ses employeurs l'auraient convaincu de prendre sa retraite pour monter une agence de recrutement de domestiques asiatiques. Grâce à cette couverture, Adib Alam voyageait en Grèce, à Chypre et en Italie, où il rencontrait ses officiers traitants. Il aurait fourni des informations sur le Hezbollah et sur les mouvements internes de l'armée libanaise. Il avait aussi accès au département des passeports, source d'information capitale.
Mansour Diab, un colonel sunnite originaire du Akkar, région du nord du Liban, est à son tour convaincu de liens avec Israël. Ce commando Marine avait été l'un des héros de la prise d'assaut du camp de réfugiés de Nahr el-Bared, blessé à l'épaule au cours de l'attaque à l'été 2007. Il aurait été recruté par le Mossad pendant ses stages aux États-Unis. Un autre colonel, Shahid Toumiyeh, lui aussi originaire du Akkar, est arrêté avec un retraité des douanes. Puis Nasser Nader, suspecté d'avoir organisé la surveillance du quartier de Dahieh, le bastion du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, dévasté par des bombardements israéliens d'une grande précision en 2006.
Cette vague d'arrestations est d'autant plus inhabituelle que les cellules d'espionnage, selon les règles en usage, n'étaient constituées que de deux ou trois personnes au maximum. Elles travaillaient de façon autonome et cloisonnée, et ne se connaissaient pas entre elles. «Nous avons réussi à percer un secret technique, qui nous a permis de détecter ces cellules, se contente d'expliquer le général Rifi. Certains ont envoyé des messages à leurs agents traitants israéliens leur disant qu'ils se sentaient repérés. Ils se sont vu répondre qu'il ne fallait pas s'en faire. Et nous avons commencé les arrestations. D'autres vont suivre. Ceux qui ont réussi à fuir ont en tout cas cessé leurs activités.»
«Un outil d'enquête extraordinaire»
L'histoire de ce «secret technique» semble, quant à elle, liée à une autre affaire. «Le secret en question remonte à l'enquête sur l'assassinant de Rafic Hariri, déclare une source diplomatique à Beyrouth. Les FSI libanaises se sont alors vu confier par des services occidentaux un puissant logiciel capable d'analyser des dizaines de milliers d'appels téléphoniques, et d'en déceler les anomalies. Comme, par exemple, des téléphones portables qui ne s'activent qu'à certains moments. Ou qui ne communiquent qu'avec un ou deux numéros. C'est un outil d'enquête extraordinaire.» Le responsable de ce programme est un brillant officier, spécialiste des systèmes informatiques, le capitaine Wissam Eid. «Il est vraisemblable qu'il a découvert beaucoup de choses grâce à ce logiciel, dit une source libanaise qui souhaite rester anonyme, comme la plupart des interlocuteurs. Notamment sur les communications du Hezbollah...» Le capitaine Eid en savait-il trop ? Avait-il découvert des implications du Hezbollah dans l'attentat contre Rafic Hariri ? Toujours est-il que le 25 janvier 2008, sa voiture blindée est pulvérisée par un véhicule piégé, et le capitaine tué sur le coup. Son système a, depuis, permis un autre coup de filet. Portant un des plus graves coups à Israël dans une guerre sans héros.
Source du texte : FIGARO.FR
|
|
|  | | BADBOY Mulazim (ملازم)


Messages: 747 Age: 33 Localisation: A SIX HEURE Loisirs: PLEIN DE TRUC... Inscription: 19/04/2009 Médailles du Forum:

Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Lun 14 Sep - 22:09 | |
| ...je vous conseil un très bon livre (assez rare,puisque il date un peut) MOSSAD,autopsie d'un complot  |
|  | | cesam Aqid (عقيد)


Messages: 4230 Age: 34 Localisation: Algérois Loisirs: sports de combat et plongée sous marine Inscription: 08/05/2009 Médailles du Forum:

Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Lun 14 Sep - 22:24 | |
| |
|  | | SsendouTheMilkWay Djoundi (جندي)

Messages: 29 Age: 26 Loisirs: renseignement, géopolitique, armée, science et technologie appliquées dans le domaine militaire Inscription: 13/09/2007 Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Sam 3 Oct - 8:06 | |
| http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2003/8/13/doss2.htm| Citation: | Espionnage . Le général Magdi Omar, ex-directeur du contre-espionnage égyptien, affirme qu'aujourd'hui les services de renseignement cherchent à influencer la prise de décision. L'intelligence politique avant l'information
Al-Ahram Hebdo : Est-ce que l'espionnage aujourd'hui est différent de celui qui prévalait il y a 20 ans ?
Magdi Omar : Les choses ont complètement changé parce que l'accès à l'information, c'est-à-dire l'objet même de l'espionnage classique, est beaucoup plus facile aujourd'hui. La circulation des informations se fait maintenant à travers les médias. L'agent qui trouve l'information et la transmet n'est plus aussi important. Ce rôle traditionnel continue à exister avec des nuances, pour confirmer certains renseignements ou trouver des documents pour les rendre plus crédibles. Cependant, l'agent qui joue maintenant un rôle clé est celui qui est proche des milieux de prise de décision et qui est capable de les influencer. Comme partout dans le monde, l'opinion publique est devenue un élément d'influence, y compris dans les pays du tiers-monde. Mais la différence c'est que dans ces pays, les médias ne reflètent pas forcément les réactions de la rue. Ils expriment plutôt la politique du régime. C'est pourquoi il est parfois important d'infiltrer un agent pour recueillir l'opinion de la population et l'utiliser à des fins politiques, peut-être même dans les médias pour mettre les gouvernements dans l'embarras.
— L'espionnage se limite-t-il toujours au domaine militaire ?
— La technologie militaire qui est le sujet le plus sensible est maintenant accessible à travers les exportateurs d'armes et des centres d'études, à l'exemple du SIPRI (Stockholm International Peace Researsh Institute) et l'Observatoire de l'armement qui publient arme par arme et pièce par pièce les détails des achats d'armes de chaque pays. Mais ce qui manque, c'est de pouvoir déterminer la capacité d'utiliser ces types d'armes, c'est-à-dire de savoir à quel point les militaires sont capables de traiter avec des armes et des moyens de communication sophistiqués. Cette capacité peut-être calculée cependant. Comment ? Soit à travers la performance dans des opérations précédentes soit à travers le système d'enseignement dans un pays donné. C'est-à-dire voir jusqu'où peut mener un système d'enseignement, et à quel point l'ordinateur et les systèmes informatiques sont utilisés. En Egypte, nous avons élevé le niveau des conscrits, notamment dans les corps des blindés, de l'artillerie et du signalement. Ceux-ci requièrent une certaine compétence. L'une des raisons de l'arrogance d'Israël est qu'il a beaucoup avancé sur le plan de la qualité et de la technologie. Pour ce, l'Etat hébreu s'imagine que l'Egypte, le plus grand pays arabe, ne peut lui faire face.
— Est-ce sur ce point que le Mossad a acquis sa réputation ?
— Le Mossad est un service très efficace. Il est plus ancien que l'Etat même d'Israël. Il a contribué à la création de celui-ci, tout comme l'armée. Son embryon était le service d'espionnage de l'organisation sioniste mondiale. Le fait que les membres de ces organisations juives se trouvaient partout dans le monde a fait qu'ils ont perfectionné différentes langues et connu les cultures des pays où ils se trouvaient. De quoi leur donner une marge très large pour utiliser l'espionnage comme arme. Le fait qu'ils étaient minoritaires dans leur société a fait qu'ils ont toujours cherché à se protéger, à travers l'argent, la connaissance des autres et à recruter des gens dans les sphères dirigeantes pour protéger leur commerce. Ceci s'accompagnait d'une très bonne connaissance de la technologie de l'espionnage. A la différence du Mossad, la CIA comptait toujours sur les acquisitions technologiques. La sécurité nationale américaine a des réseaux d'écoute partout dans le monde qui captent toutes les informations et les classe. Les Américains sont avancés dans l'espionnage électronique, mais ils ont des failles en matière d'espionnage humain. Ceci a été dévoilé après le 11 septembre 2001. Ceux qui étaient avancés sur le plan de l'espionnage humain étaient le Mossad et le M16 britannique. Les Israéliens ont devancé les Britanniques grâce à leur coopération avec les Américains, de sorte qu'ils disposent des deux types d'espionnage.
— Les services secrets égyptiens ont-ils marqué un certain recul par rapport aux années 1960 ?
— Il n'y a pas eu de recul, mais l'atmosphère qui existait à cette époque sous la présidence de Nasser, et qui a fait que ces services sont devenus très forts dans le monde arabe et bénéficiaient d'une grande estime, n'est plus. L'impression qui prévaut actuellement est que ces services opèrent de manière purement politique, surtout sur le dossier palestinien, c'est parce que celui-ci, historiquement et même avant la création de l'Autorité palestinienne, était entièrement entre les mains de cet organisme. Il existe aujourd'hui partout dans le monde l'intelligence politique. Les dossiers chauds qui ne peuvent attendre d'être gérés pas la bureaucratie des Affaires étrangères sont tenus par les services de renseignements. C'est comme George Tenet, directeur de la CIA, qui s'est montré très actif récemment au Proche-Orient. Les Etats-Unis ont des activités très importantes en Amérique latine, ils renversent des gouvernements et en créent d'autres. Les services égyptiens opèrent avec la même force. Nous avons la capacité d'agir à l'intérieur d'Israël comme on le veut, en tenant compte de leur très haut sens de la sécurité. Nous avons ce qu'on appelle l'intelligence scientifique. C'est-à-dire ce qui concerne la connaissance de la partie pratique de certaines sciences, notamment le système de communication qui pourrait servir à des fins d'intelligence et militaires. Une autre nouveauté, la coopération avec d'autres services amis, échanges d'informations, ou échanges d'informations contre du matériel. Les opérations conjointes sont le plus haut degré de cette coopération.
— Quelle est l'importance qu'Israël accorde aux affaires Pollard et Azzam ?
— L'affaire Pollard est importante parce qu'il a transmis à Israël de très importants renseignements, ce qui a fait que la commission de sécurité nationale du Congrès a refusé de le remettre à Tel-Aviv, comme le président Clinton l'avais promis à Netanyahu et Barak. Quant à Azzam, il n'est pas un agent aussi important. A mon avis, c'est le type d'agent qui recueille des informations témoignant du pouls de la population. L'objectif commun est qu'Israël veut montrer à ses agents actuels et futurs qu'il est prêt à les protéger de sorte qu'il lie leur destin aux grands dossiers politiques. C'est une ligne stratégique claire chez les Israéliens qui vise à forger une bonne réputation au Mossad. Tous les chefs de gouvernement israélien depuis l'affaire Azzam n'ont pas manqué de soulever la question à plusieurs reprises. C'est le Mossad même qui pousse le gouvernement à agir.
— Le fait que Sharon ait soulevé la question récemment obéit-il aux mêmes impératifs ?
— Les propos de Sharon sont plutôt destinés aux Palestiniens. C'est un message pour leur dire : demandez aux Egyptiens de libérer Azzam et nous libérerons en échange Marwane Barghouti. Lorsque la question de la libération des détenus palestiniens a été récemment soulevée, ils ont incité les Palestiniens à la soulever arguant du fait que l'Egypte pour être partenaire de la paix ne doit pas se contenter de faciliter les rencontres palestino-israéliennes, mais doit accompagner ces efforts d'une mesure politique : la grâce présidentielle pour Azzam. La position égyptienne est claire, le gouvernement n'intervient pas dans les affaires judiciaires.
Propos recueillis par Samar Al-Gamal
|
| Citation: | Plus fort que le Mossad
Le nom de Jack Pitoun ou Réfaat Al-Gammal demeure toujours comme une blessure profonde dans l'esprit des Israéliens. Celui-ci était un agent des renseignements égyptiens, envoyé secrètement à Tel-Aviv en 1955, et qui avait réussi à tromper le Mossad pendant plus de 20 ans sans être démasqué. Il a réussi à connaître les plus dangereux des secrets militaires israéliens.
Israël n'a découvert la réelle identité de l'agent égyptien qu'après son départ définitif du pays, au lendemain de la guerre de 1973, et même quelques années après sa mort. Le Mossad se targuait toujours d'avoir le dessus sur les services de renseignements arabes et même sur tous les services du monde. Il a donc été fortement choqué lorsque l'affaire a été révélée. Pour sortir de cette impasse, le Mossad a prétendu dans un premier temps que ce Réfaat Al-Gammal n'était qu'un personnage imaginaire qui n'avait jamais existé. Mais le journal britannique l'Observer a mis l'affaire sous les feux de l'actualité en juillet 1988 en publiant une interview de la veuve allemande de l'agent égyptien.
Alors, après maintes investigations, le Mossad s'est trouvé forcé d'avouer que cet homme avait réellement existé. Les services israéliens auraient soupçonné sa présence, tenté de le repérer, mais toujours en vain. Il s'était parfaitement adapté à la société israélienne et avait envoyé des informations sensibles à la direction égyptienne. Ezra Hareil, chef du Mossad, avait dit : « On avait senti une infiltration égyptienne dans notre appareil sécuritaire, mais on n'a jamais douté de Jack Pitoun ».
Pitoun, qui faisait alors partie de la haute société israélienne, n'était en réalité que Réfaat Al-Gammal, un Egyptien né en 1926 à Damiette. Bien formé par les renseignements égyptiens sur les méthodes de l'espionnage, Réfaat, âgé de 28 ans, est arrivé en Israël en 1955, utilisant ainsi un faux passeport portant le numéro 1 446 742, émis à Tel-Aviv. Il s'est donc fait passer pour un juif égyptien né à Mansoura en Egypte. Après avoir créé une société de tourisme pour couvrir ses activités, Réfaat avait réussi à gagner la confiance de tous ceux qui l'entouraient.
Dans les années 1980, le Jérusalem Post a fini par reconnaître que Pitoun avait réussi à tromper les appareils de renseignements israéliens et avait envoyé au Caire des informations très importantes sur les préparatifs israéliens pour l'attaque de juin 1967 et de la guerre d'Octobre 1973. Le journal avait même révélé qu'il avait connu des secrets très stratégiques en établissant des relations étroites avec nombre de dirigeants politiques et militaires israéliens comme Golda Meir, Ezer Weizeman et Moshé Dayan. Ce dernier lui avait même proposé un jour un portefeuille ministériel. Mais Réfaat ayant peur que le Shin Beth (Sécurité intérieure) ne dévoile sa personnalité, a préféré décliner l'offre.
La vie de Réfaat Al-Gammal a fait l'objet d'un feuilleton à la télévision égyptienne dans les années 1980. Sous le titre de Raafat Al-Haggane. Après sa diffusion, l'Observer avait écrit : « L'histoire d'Al-Haggane vient de jeter la lumière sur la guerre des renseignements au Proche-Orient. On avait imaginé que le Mossad maîtrisait cette guerre. Mais Al-Haggane était un génie égyptien qui a réussi à réaliser les objectifs de son pays et à mourir de mort naturelle sans être démasqué ».
Mais il était, sans doute, très difficile pour le Mossad de s'avouer vaincu dans cette guerre des renseignements. Les services israéliens ont ainsi assuré que ce n'était qu'un agent double, expliquant que le Mossad l'avait arrêté et s'était entendu avec lui afin de fournir à l'Egypte des informations fausses, notamment pendant la guerre de 1967.
La plus récente tentative israélienne à cet égard est le livre Les Espions publié récemment et rédigé par deux écrivains israéliens. Ceux-ci essayent dans ce livre de déformer le rôle héroïque de Réfaat et de porter atteinte aux services égyptiens. Ils écrivent ainsi : « Réfaat, qui est célébré en Egypte comme un héros national, n'est en réalité qu'un agent double qui a servi Israël plus que l'Egypte ».
Les spécialistes égyptiens restent pourtant formels et évoquent les renseignements précieux qu'il a transmis à l'Egypte en différentes occasions, notamment certains secrets sur la ligne Bar Lev, établie sur la rive-est du Canal de Suez par Israël, et qui ont permis aux forces égyptiennes de la démanteler. Aliaa Al-Korachi
|
|
|  | | faty Musaïd Awal (مساعد أول)


Messages: 667 Age: 29 Localisation: ici bas Loisirs: forum forcesdz Inscription: 23/11/2007 Médailles du Forum:

Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Sam 3 Oct - 12:20 | |
| | Citation: | | Histoire secrète du Mossad |
IV| Citation: | L’espion au masque de fer Les résidents de la banlieue cossue d’Afeka, au nord de Tel-Aviv, étaient habitués à voir Rafael « Rafi » Eitan, un vieux bonhomme courtaud, myope et presque totalement sourd de l’oreille droite depuis la guerre d’Indépendance, rentrer chez lui avec sous le bras de vieux tuyaux de plomberie, des chaînes de vélo rouillées et autres épaves métalliques. Après avoir enfilé un bleu de travail et s’être couvert le visage d’un masque de soudeur, il transformait au chalumeau ces rebuts en sculptures surréalistes. Certains voisins se demandaient si ce n’était pas là un moyen d’échapper à son passé. Ils savaient qu’il avait tué plus d’une fois au nom de son pays, non pas au champ d’honneur, mais à l’occasion de secrètes escarmouches – partie intégrante de l’interminable guerre clandestine entre Israël et ses ennemis. Aucun voisin n’aurait su dire exactement combien d’hommes Rafi Eitan avait tués, parfois de ses grosses pattes nues. Ainsi qu’il le disait : « Chaque fois que j’ai dû tuer quelqu’un, j’ai éprouvé le besoin de le regarder dans les yeux. Dans le blanc des yeux. Ensuite, je me sentais calme et concentré. Je ne pensais plus qu’à ce que j’avais à faire, et je le faisais. C’est tout. » Il accompagnait ces propos du sourire amical qu’affectionnent certains caractères forts quand ils recherchent l’approbation des plus faibles. Rafi Eitan avait été, pendant près d’un quart de siècle, le sous-directeur des opérations du Mossad. Passer sa vie derrière un bureau à lire des rapports pendant que d’autres se chargeaient du sale boulot à sa place n’avait jamais été son style. Il ne manquait aucune occasion de se rendre sur le terrain, de courir le monde, animé par un principe phi- 85 losophique des plus lapidaires : «Quand on ne fait pas partie de la solution, c’est qu’on fait partie du problème. » Personne ne pouvait rivaliser avec lui en matière de détermination, de sang-froid, de ruse, de capacité d’improvisation, de talent à démonter le plan adverse le mieux conçu et d’entêtement à traquer sa proie. Ces belles qualités s’étaient conjuguées dans une opération qui lui avait apporté la gloire : l’enlèvement d’Adolf Eichmann, l’un des grands ordonnateurs de la monstrueuse « solution finale » si chère à Hitler. Pour ses voisins de la rue Shay, Rafi Eitan était une figure de légende : il avait vengé leurs parents morts et rappelé au monde qu’aucun nazi ne serait jamais en lieu sûr. Ils ne se lassaient pas de l’inviter chez eux pour l’entendre raconter cette opération d’une audace inégalée. Trônant au milieu d’un salon cossu, Rafi Eitan croisait les bras, inclinait sur le côté sa tête oblongue et, l’espace d’un moment, gardait le silence, laissant à son auditoire le temps de se transporter vers l’époque pas si lointaine où, envers et contre tous, Israël avait vu le jour. Ensuite, d’une voix de stentor – une vraie voix d’acteur, capable de jouer tous les rôles –, il relatait à ses amis, sans rien omettre, comment l’idée lui était venue de capturer Adolf Eichmann. Il commençait par planter le décor. Après la Seconde Guerre mondiale, la chasse aux criminels de guerre nazis fut lancée par des survivants de la Shoah qui s’étaient auto-intitulés les Nokmin, c’est-à-dire les Vengeurs. Ils ne se donnaient pas la peine d’organiser de procès : les nazis retrouvés étaient exécutés sommairement. Rafi Eitan ne connaissait pas un seul cas où ils se soient trompés de cible. Officiellement, Israël ne s’intéressait pas à la poursuite des criminels de guerre. C’était une question de priorités. En tant que nation, l’État hébreu s’accrochait à sa survie, encerclé qu’il était par des États arabes hostiles. Chaque chose en son temps. Le pays était au bord de la banqueroute. On ne possédait pas assez d’argent dans les caisses pour conjurer les spectres du passé. En 1957, toutefois, une nouvelle inouïe parvint au Mossad : on venait de repérer Eichmann en Argentine. Rafi Eitan, étoile montante du service en raison de ses nombreuses missions contre les Arabes, fut Histoire secrète du Mossad 86 désigné pour capturer l’ancien nazi et le ramener au pays, où l’on organiserait son procès. On lui expliqua les aspects positifs de cette aventure. D’abord, il s’agissait d’un acte de justice pour son peuple. Ensuite, cela rappellerait au monde l’horreur des camps de la mort et la nécessité de s’assurer qu’on ne verrait plus jamais cela. Enfin, le Mossad se retrouverait propulsé au premier rang des services secrets. Aucune autre agence n’aurait tenté une telle opération. Les risques étaient énormes. Eitan allait devoir opérer à des milliers de kilomètres de ses bases, sous une fausse identité, sans pouvoir bénéficier d’aucun appui, et dans un environnement hostile. L’Argentine était en effet un havre de paix pour les nazis. Les agents du Mossad risquaient d’échouer en prison ou au cimetière. Pendant deux longues années, Rafi Eitan se contenta d’attendre patiemment la confirmation de l’information initiale : oui, l’homme qui vivait désormais dans une banlieue bourgeoise de Buenos Aires sous le nom de Ricardo Klement était bel et bien Adolf Eichmann. Quand on lui donna le feu vert, Rafi Eitan devint « froid comme la glace ». Il avait déjà réfléchi à tous les écueils possibles. Les répercussions politiques, diplomatiques et personnelles d’une telle opération allaient être immenses. Il s’était aussi demandé ce qui se passerait si la police argentine s’interposait au moment du rapt. « J’avais décidé d’étrangler Eichmann de mes propres mains. En cas d’arrestation, je me serais défendu devant le tribunal en invoquant la loi du talion. » El Al, la compagnie aérienne nationale, avait spécialement affrété, sur les fonds secrets du Mossad, un avion Britannia pour le long voyage vers l’Argentine. Toujours selon Rafi Eitan : « Nous avons envoyé quelqu’un en Angleterre. Il a payé, et nous avons obtenu l’avion. Officiellement, le vol était censé transporter une délégation israélienne pour le 150e anniversaire de l’indépendance argentine. Aucun des délégués ne savait pourquoi nous faisions le voyage avec eux. Ils ignoraient aussi que nous avions fait installer une cellule à l’arrière pour y enfermer Eichmann au retour. » L’espion au masque de fer 87 Rafi Eitan et ses hommes arrivèrent à Buenos Aires le 1er mai 1960. Ils s’installèrent dans l’une des sept planques louées à leur intention par un éclaireur du Mossad. L’une d’elles – un appartement – avait reçu le nom de code de Maoz, ce qui signifie « place forte ». Elle devait servir de base opérationnelle avant le rapt. Une autre planque, baptisée Tira ou « palais », devait servir de geôle provisoire à Eichmann après l’enlèvement. On ne l’utiliserait qu’au cas où l’on déplacerait le criminel nazi pour échapper à la police. On loua une douzaine de voitures pour l’opération. Lorsque tout fut bien en place, la tension de Rafi Eitan céda la place à une froide détermination. Ses derniers doutes s’étaient envolés. La perspective du passage à l’acte s’était déjà substituée à l’angoisse de l’attente. Pendant trois jours, son équipe et lui surveillèrent discrètement la façon dont Adolf Eichmann, qui jadis ne circulait qu’en limousine Mercedes avec chauffeur, descendait chaque jour d’un autobus au coin de la rue Garibaldi, dans sa banlieue, aussi ponctuel et précis que lorsqu’il signait autrefois ses ordres d’internement dans les camps de la mort. Le 10 mai 1960 au soir, Eitan choisit d’effectuer le kidnapping proprement dit avec un chauffeur et deux hommes chargés de maîtriser Eichmann dès qu’il se trouverait dans la voiture. L’un d’eux avait reçu un entraînement spécial pour neutraliser un homme en pleine rue. Quant à Rafi Eitan, il était censé rester assis à droite du chauffeur, « prêt à donner un coup de main en cas de besoin ». L’opération fut fixée au lendemain. Le 11 mai à 20 heures, l’auto du Mossad s’engagea dans la rue Garibaldi. Il ne régnait aucune tension dans la voiture. Tout le monde était bien au-delà de ce genre d’émotion. Personne ne pipait mot : il n’y avait plus rien à dire. Rafi Eitan consulta brièvement sa montre : 20h03. L’auto remonta, puis redescendit la rue. Des bus arrivèrent et repartirent. À 20 h 05, nouveau bus. Ils repérèrent Eichmann à son bord. Toujours selon Rafi Eitan : « Il semblait un peu fatigué, sans doute comme il l’était jadis en fin de journée après avoir envoyé un nouveau train de mes frères vers les camps de la mort. La rue était déserte. Derrière moi, j’ai entendu Histoire secrète du Mossad 88 notre spécialiste du kidnapping entrouvrir sa portière. On a roulé jusqu’à la hauteur d’Eichmann. Il marchait vite, en homme pressé de rentrer chez lui pour dîner. Dans mon dos, le spécialiste respirait régulièrement, comme on le lui avait appris à l’entraînement. L’opération était planifiée pour durer douze secondes. Notre gars devait jaillir de l’arrière, saisir Eichmann par le cou, le pousser vers la voiture. Sortir, maîtriser la cible, revenir. » La voiture arriva à la hauteur d’Eichmann. Le nazi se retourna à demi, décocha un regard surpris à l’agent qui jaillissait de l’auto. Soudain, celui-ci marcha sur son lacet défait, trébucha et manqua tomber la tête la première. L’espace d’une fraction de seconde, Rafi Eitan resta trop abasourdi pour réagir. Il avait traversé la moitié du globe pour capturer cet homme, et Eichmann était sur le point de leur échapper à cause d’un lacet mal attaché ! Le nazi pressa le pas. Rafi Eitan bondit hors de la voiture. « Je l’ai attrapé par le cou avec une telle force que j’ai vu ses yeux s’écarquiller. Si j’avais serré un peu plus fort, je l’aurais tué. Mon agent s’était relevé, il me tenait la portière ouverte. J’ai propulsé Eichmann sur la banquette arrière. Mon agent s’est engouffré à l’intérieur, en s’asseyant à moitié sur Eichmann. Le tout n’a pas duré cinq secondes. » Revenu sur son siège avant, Rafi Eitan sentit le souffle aigre d’Eichmann qui se débattait pour inhaler un peu d’air. Le nazi se calma peu à peu. Il réussit même à demander à ses ravisseurs ce qu’ils voulaient. Personne ne daigna lui répondre. En silence, les agents du Mossad rejoignirent leur planque, située à cinq kilomètres. Là, Rafi Eitan fit signe à Eichmann de se déshabiller entièrement. Il compara ensuite ses mensurations à celles d’un vieux dossier anthropométrique nazi. Comme il fallait s’y attendre, Eichmann avait réussi à effacer son tatouage SS. Mais ses autres mensurations correspondaient toutes à celles du dossier – tour de tête, distance du poignet au coude, du genou à la cheville. Rafi Eitan fit ligoter Eichmann sur un lit. Pendant dix heures, l’ancien criminel nazi resta dans un silence complet. Rafi Eitan voulait « susciter un sentiment de désespoir ». L’espion au masque de fer 89 « Juste avant l’aube, le moral d’Eichmann tomba au plus bas. Je lui ai demandé son nom. Il a décliné une identité espagnole. J’ai dit non, non, ce n’est pas ça, je parle de votre nom allemand. Il m’a donné le pseudonyme allemand qui lui avait permis de quitter l’Allemagne. Encore une fois, j’ai dit non, votre vrai nom, votre nom de SS. Il s’est raidi sur le lit en me toisant et a lâché d’une voix forte : “Je m’appelle Adolf Eichmann.” Je ne lui ai pas posé d’autre question. Je n’avais plus besoin de rien. » Pendant sept jours, Eichmann et ses ravisseurs restèrent enfermés dans l’appartement. Personne ne lui parlait. Il mangeait, se lavait, allait aux toilettes dans un silence mortel. « Garder le silence était plus qu’une nécessité opérationnelle. Nous ne voulions surtout pas montrer à Eichmann à quel point nous étions nerveux. Ça lui aurait redonné de l’espoir. Et l’espoir rend dangereux les hommes brisés. Je voulais qu’il se sente aussi impuissant que les miens quand il les avait envoyés par trains entiers vers les camps d’extermination. » Le moyen choisi pour transporter le prisonnier de la planque à l’avion d’El Al, qui attendait la délégation israélienne sur un aéroport militaire, ne manquait pas d’humour noir. Pour commencer, Eichmann fut revêtu d’un uniforme d’El Al que Rafi Eitan avait apporté d’Israël. Ensuite, on le força à boire une bouteille entière de whisky, ce qui le plongea dans un état de torpeur éthylique. Eitan et ses hommes endossèrent leurs uniformes d’El Al et s’aspergèrent copieusement de whisky. Après avoir coiffé Eichmann d’une casquette de steward, ils le couchèrent sur la banquette arrière de la voiture. Ensuite le commando partit vers la base militaire où les attendait le Britannia, moteurs grondants. À l’entrée de la base, des soldats argentins arrêtèrent l’auto. Derrière, Eichmann ronflait bruyamment. D’après Rafi Eitan : « La bagnole empestait comme une distillerie. À ce moment-là, on a tous mérité notre Oscar du Mossad. On a joué les Juifs incapables de tenir la gnôle argentine. Les soldats se marraient tellement que c’est tout juste s’ils ont adressé un regard à Eichmann. » Histoire secrète du Mossad 90 Le 21 mai 1960 à minuit, le Britannia décolla, avec à son bord Adolf Eichmann, qui ronflait toujours dans sa cellule spéciale. Au terme d’un procès fleuve, Eichmann fut déclaré coupable de crimes contre l’humanité. Le jour de son exécution, le 31 mai 1962, Rafi Eitan se trouvait dans la cellule d’exécution de la prison de Ramla : « Eichmann m’a regardé, et il m’a dit : “Ton tour viendra, Juif.” Je lui ai répondu : “Pas aujourd’hui, Adolf, pas aujourd’hui !” La minute suivante, la trappe s’est ouverte sous ses pieds. Eichmann a fait entendre un drôle de petit gargouillis. J’ai senti l’odeur de ses intestins qui se vidaient, puis j’ai entendu le claquement sec de la corde qui se tendait. C’est un bruit qui m’a paru agréable. » Un four spécial avait été construit pour l’incinération du corps. Quelques heures plus tard, les cendres du condamné furent dispersées en mer. Ben Gourion tenait à ce qu’il ne subsiste aucune trace de lui, afin de dissuader les nostalgiques du nazisme d’en faire un martyr. Israël voulait l’effacer de la face de la terre. Le four fut démantelé. Ce soirlà, Rafi Eitan resta longtemps sur le rivage à contempler les vagues, l’esprit en paix. « Avec le sentiment du devoir accompli. Un sentiment très gratifiant. » En tant que sous-directeur des opérations du Mossad, Rafi Eitan continua d’arpenter l’Europe, de sa démarche chaloupée, afin d’exécuter des terroristes arabes. Il utilisa à cet effet des bombes télécommandées ou un pistolet Beretta – l’arme favorite du Mossad. Chaque fois que le silence était une nécessité absolue, il tuait, sans hésiter, de ses propres mains. Rafi Eitan assassinait sans états d’âme. De retour chez lui, il passait des heures dans son atelier à ciel ouvert, cerné d’un tourbillon d’étincelles, absorbé par son dernier ouvrage artistique. Et il repartait peu après, pour un nouveau voyage qui comportait souvent plusieurs étapes. Pour chaque mission, il endossait une nouvelle identité, prise dans l’inépuisable réserve du Mossad : passeports falsifiés ou volés. Entre deux exécutions, Eitan excellait aussi à recruter de nouveaux sayanim. Sa technique favorite faisait appel à l’amour des Juifs pour leur patrie : |
|
|  | | faty Musaïd Awal (مساعد أول)


Messages: 667 Age: 29 Localisation: ici bas Loisirs: forum forcesdz Inscription: 23/11/2007 Médailles du Forum:

Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Sam 3 Oct - 12:23 | |
| 91 | Citation: | « Je leur expliquais que notre peuple avait passé deux mille ans à rêver. Que pendant deux mille ans d’exil nous autres Juifs, nous avons prié pour que vienne le jour de la délivrance. Que dans nos chants, dans notre prose et dans nos coeurs, nous avons toujours maintenu ce rêve en vie – et que ce rêve lui aussi nous a maintenus en vie. Et qu’aujourd’hui, enfin, il est devenu réalité. Et j’ajoutais : pour que cette réalité se prolonge, nous avons besoin de gens comme vous. » Dans les grands cafés parisiens, dans les meilleurs restaurants de Rhénanie, à Madrid, à Bruxelles et à Londres, il réitérait son émouvante tirade. Souvent, sa vision romantique de la judéité lui permettait de recruter un nouveau sayan. Face aux hésitants, il mêlait adroitement son histoire personnelle au panorama politique, multipliant les anecdotes piquantes sur ses années dans la Haganah, Ben Gourion et les autres dirigeants israéliens. Les dernières résistances ne tardaient pas à tomber. Il finit ainsi par se retrouver à la tête de plus de cent hommes et femmes – avocats, dentistes, instituteurs, médecins, tailleurs, commerçants, secrétaires, femmes au foyer – prêts à exécuter ses ordres d’un bout à l’autre de l’Europe. Il chérissait particulièrement les Juifs allemands qui avaient osé regagner le pays de la Shoah après la guerre. Eitan les appelait ses « espions survivants ». Toujours sur la ligne de front, Rafi Eitan prenait grand soin de maintenir ses distances vis-à-vis des politicailleries qui continuaient d’empoisonner la vie des services secrets israéliens. Il était naturellement au fait de ce qui se tramait – dont les dernières manoeuvres de l’Aman et du Shin Beth pour se débarrasser de la tutelle du Mossad. Il savait tout des cabales et des rapports envoyés au Premier ministre. Mais sous la direction de Meir Amit, le Mossad ne devait jamais vaciller, résistant à toutes les tentatives pour saper sa suprématie. Malheureusement, Meir Amit dut un jour céder sa place : son pas martial ne résonnerait plus dans les corridors du QG, et l’on n’y verrait plus son regard perçant, ni l’ébauche de sourire qui paraissait toujours se retirer avant même d’avoir atteint ses lèvres. Après son départ, plusieurs officiers essayèrent de convaincre Rafi Eitan de les laisser défen- Histoire secrète du Mossad 92 dre sa candidature en coulisse, en lui expliquant qu’il disposait des compétences requises et de la loyauté de ses troupes. Mais avant que Rafi Eitan ait eu le temps de se décider, le poste suprême échut à un protégé du Parti travailliste, le pâle et solennel Zvi Zamir. Rafi Eitan rendit son tablier. Personnellement, il n’avait rien contre le nouveau directeur. Il sentait simplement que le Mossad cesserait d’être un lieu où il se sentirait à l’aise. Sous Meir Amit, il avait eu la chance d’opérer comme un électron libre, exempt de toute entrave. Or quelque chose lui disait que Zamir se contenterait d’agir « conformément au manuel ». « Ce n’était pas un boulot pour moi. » Rafi Eitan créa donc un cabinet de consultant pour offrir ses talents aux entreprises souhaitant réorganiser leur sécurité ou à de riches personnalités désireuses de former leurs gardes du corps contre la menace terroriste. Mais l’affaire périclita. Au bout d’un an, Rafi Eitan fit savoir qu’il était prêt à regagner le giron du renseignement israélien. Quand Yitzhak Rabin devint Premier ministre, en 1974, il nomma l’énergique Yitzhak Hofi à la tête du Mossad et plaça le service sous la tutelle du « faucon » Ariel Sharon, son conseiller pour les affaires de sécurité. Sharon s’empressa de choisir Rafi Eitan comme assistant. Hofi se retrouva donc en étroite liaison avec un homme qui partageait ses méthodes, pour le moins expéditives, en matière d’espionnage. Trois ans plus tard, à l’occasion d’un remaniement gouvernemental, un nouveau Premier ministre, Menahem Begin, fit de Rafi Eitan son conseiller personnel pour la lutte antiterroriste. La première initiative d’Eitan consista à organiser l’élimination méthodique des Palestiniens de Septembre noir, responsables du massacre de onze athlètes israéliens pendant les jeux Olympiques de Munich, en 1972. Quant aux exécutants, ils étaient déjà morts, liquidés les uns après les autres par le Mossad. Le premier fut abattu dans le hall de son immeuble à Rome, par onze balles tirées à bout portant – une par athlète. Lorsque le deuxième répondit à un coup de téléphone dans son appartement parisien, sa tête fut arrachée par une minuscule charge explosive dissimulée dans le récepteur et déclenchée à distance. Un troisième dormait dans une L’espion au masque de fer 93 chambre d’hôtel à Nicosie quand il fut pulvérisé par une explosion de même nature. Afin de répandre la panique parmi les derniers survivants de Septembre noir, des sayanim du Mossad s’arrangèrent pour que leur nécrologie soit publiée dans les journaux arabes locaux et que fleurs et messages de condoléances soient envoyés à leurs familles avant l’exécution de chacun d’eux. Rafi Eitan s’appliqua ensuite à éliminer leur chef, Ali Hassan Salameh, connu dans le monde arabe sous l’appellation de « Prince rouge ». Après Munich, Salameh s’était sans cesse déplacé d’une capitale arabe à l’autre, distillant ses conseils stratégiques à diverses organisations terroristes. De temps en temps, alors que les hommes de Rafi Eitan étaient sur le point de frapper, le Prince rouge disparaissait sans crier gare. Il finit cependant par s’implanter dans la communauté terroriste de Beyrouth. Rafi Eitan connaissait bien la ville mais estima que le moment était venu de se rafraîchir la mémoire. Sous l’identité d’un homme d’affaires grec, il se rendit sur place. Il ne lui fallut que quelques jours pour retrouver la trace de Salameh. Rafi Eitan revint à Tel-Aviv et concocta son plan. Trois agents du Mossad pouvant se faire passer pour des Arabes s’infiltrèrent au Liban. L’un d’eux loua une voiture. Le deuxième fixa un certain nombre de charges explosives dans le châssis, le toit et les portières. Le troisième gara l’auto sur le chemin qu’empruntait le Prince rouge chaque matin pour se rendre à son bureau. Grâce aux informations fournies par Eitan, la voiture piégée fut réglée pour exploser au moment précis du passage de Salameh. Le Prince rouge fut déchiqueté. Eitan avait montré une fois de plus qu’il était un agent de premier plan. Mais le Premier ministre Menahem Begin le jugea trop précieux pour le laisser continuer à s’exposer personnellement dans ce genre d’aventures. Il ordonna à son conseiller de rester cantonné dans son bureau et de garder profil bas. John Le Carré s’est inspiré de Rafi Eitan pour créer le personnage du chasseur de terroristes dans son roman La Petite Fille au tambour. Toutefois, servir de modèle à l’imagination d’un romancier ne suffisait pas à apaiser sa soif d’activité. Il aspirait à se trouver au coeur de Histoire secrète du Mossad 94 l’action, et non pas vissé sur un siège ou bloqué dans une succession de réunions. Il recommença à harceler le Premier ministre. Après une certaine hésitation – Rafi Eitan étant un excellent conseiller pour la lutte antiterroriste –, Begin lui confia l’un des postes les plus sensibles des services secrets, où il allait déployer ses facultés intellectuelles et son goût inné pour l’action. Eitan fut nommé directeur du bureau pour les relations scientifiques, plus connu sous son acronyme hébraïque : le Lakam. Créé en 1960, le Lakam était l’unité de renseignement du ministère de la Défense chargée de recueillir des informations scientifiques « par toutes les voies possibles ». En pratique, cela revenait à dérober des données ou à soudoyer des personnes pour les obtenir. D’emblée, le Lakam s’attira l’hostilité du Mossad, qui voyait en lui un concurrent indésirable. Isser Harel et Meir Amit tentèrent de le supprimer ou de l’absorber. Mais Shimon Peres, le vice-ministre de la Défense, avait toujours soutenu que son ministère avait besoin de son propre service de renseignement. Lentement mais sûrement, le Lakam développa ses activités et ouvrit des bureaux à New York, Washington, Boston et Los Angeles : autant de centres clés en matière de haute technologie. Chaque semaine, conscientes que le FBI les tenait à l’oeil, ses équipes de correspondants envoyaient consciencieusement des piles de revues techniques en Israël. Cette surveillance discrète s’accrut après 1968, quand l’un des ingénieurs du Mirage III-C, le nouveau chasseur français, se vit accusé d’avoir dérobé plus de deux cent mille dessins de l’appareil. Il fut condamné à quatre ans et demi de prison après avoir remis au Lakam des données suffisantes pour construire une réplique du Mirage III. Depuis, le Lakam n’avait guère connu de succès. Pour Rafi Eitan, le rappel du « coup » du Mirage fut décisif. Une telle réussite pouvait en amener d’autres. Il accepta donc de prendre les rênes d’un Lakam virtuellement moribond, avec l’ambition d’en faire un service destiné à marquer le monde de l’espionnage. Dans les bureaux exigus, au bord d’un bras de mer à Tel-Aviv, il expliqua à sa nouvelle équipe, impressionnée de passer sous la direc- L’espion au masque de fer 95 tion d’une figure aussi légendaire, que la totalité de ses connaissances en matière scientifique aurait pu tenir dans une éprouvette – et encore, avec de la marge. Cependant, s’empressa-t-il d’ajouter, il apprenait vite. Il s’immergea donc dans l’univers scientifique, en quête d’objectifs. Il quittait sa maison avant l’aube et n’y revenait souvent qu’à minuit, les bras chargés de dossiers qu’il compulsait jusqu’au petit matin ; il ne lui restait ensuite que peu de temps pour se détendre en sculptant le métal. En revanche, il renoua le contact avec son ancien service, le Mossad, lequel avait à présent un nouveau memuneh:Nahum Admoni. Tout comme Eitan, Admoni se méfiait beaucoup des intentions américaines au Proche-Orient. En apparence, Washington continuait de soutenir Israël, et la CIA avait maintenu le canal de communication établi entre Isser Harel et Allen Dulles. Mais Admoni se plaignait des Américains, qui ne lui fournissaient que des informations mineures, selon lui. Le chef du Mossad s’inquiétait aussi des rapports envoyés par ses katsas et autres sayanim de Washington. Ces rapports évoquaient des réunions discrètes entre les hauts responsables du Département d’État et des leaders arabes proches de Yasser Arafat : on voulait obliger Israël à admettre les exigences palestiniennes. Admoni expliqua à Rafi Eitan qu’il ne pouvait plus considérer les États-Unis comme un « allié fiable par gros temps ». Par ailleurs, un incident, le plus humiliant depuis la guerre du Viêtnam, devait amener les Américains à douter d’eux-mêmes. En août 1983, des agents du Mossad découvrirent qu’une attaque se tramait contre les forces américaines stationnées à Beyrouth sous l’égide de l’ONU. Ils avaient repéré un camion Mercedes contenant probablement une demi-tonne d’explosifs. Selon les accords officieux liant les deux pays, le Mossad aurait dû transmettre aussitôt l’information à la CIA. Mais lors d’une réunion au QG du boulevard du Roi-Saül, l’étatmajor du Mossad reçut l’ordre suivant : « Faisons le nécessaire pour que nos hommes surveillent le camion. Quant aux Yankees, on n’est pas làbas pour les protéger. Ils peuvent très bien s’en charger eux-mêmes. Il Histoire secrète du Mossad 96 n’est pas question de trop en faire pour eux, ça reviendrait à chier sur notre propre paillasson. » Le 23 octobre 1983, sous l’oeil attentif des agents du Mossad, le camion piégé fut lancé à grande vitesse contre le QG du huitième bataillon de marines, non loin de l’aéroport de Beyrouth. Deux cent quarante et un soldats américains trouvèrent la mort dans l’explosion. À en croire un ancien agent israélien, Victor Ostrovsky, la réaction au sommet du Mossad fut pour le moins laconique : « Ils ont voulu fourrer leur nez dans le merdier libanais. Ils en paient le prix. » Cette attitude encouragea Rafi Eitan à considérer les États-Unis comme une cible potentielle. La communauté scientifique de ce pays était de loin la plus développée au monde, et sa technologie militaire n’avait pas d’équivalent. Pour le Lakam, obtenir quelques tuyaux aurait déjà représenté une avancée fabuleuse. Le premier obstacle à contourner était aussi le plus délicat : il s’agissait de trouver un informateur suffisamment bien placé. En se fondant sur la liste de sayanim américains qu’il avait contribué à étoffer du temps où il travaillait pour le Mossad, Eitan fit savoir autour de lui qu’il était intéressé par toute personne munie d’un bon bagage scientifique, résidant aux États-Unis et connue pour ses opinions pro-israéliennes. Pendant plusieurs mois, il n’obtint aucun résultat. Mais, en avril 1984, le colonel Aviem Sella, un officier de l’aviation israélienne en congé sabbatique pour étudier l’informatique à l’université de New York, se retrouva invité à une soirée organisée par un riche gynécologue juif dans l’Upper East Side de Manhattan. Sella jouissait d’une certaine célébrité dans la communauté juive locale : trois ans plus tôt, il commandait l’escadrille qui avait détruit le réacteur nucléaire irakien. Au cours de la soirée, il fit la connaissance d’un jeune homme au sourire timide, qui semblait mal à l’aise au milieu de cet aréopage de médecins, d’avocats et de banquiers. Il déclara s’appeler Jonathan Pollard ; il n’était venu que pour rencontrer Sella. Embarrassé par ce soudain déploiement d’admiration, Sella échangea quelques mots polis L’espion au masque de fer 97 avec lui et s’apprêtait à le quitter quand Pollard lui fit deux révélations : non seulement il était un fervent sioniste, mais il travaillait en outre pour le renseignement naval américain. Il ne fallut que peu de temps à l’astucieux Sella pour apprendre que Pollard était employé à l’ATAC, le très confidentiel Anti-Terrorist Alert Center de la marine américaine installé à Suitland, dans l’État du Maryland. Ses fonctions incluaient l’analyse des documents classés « secret défense » concernant toutes les organisations terroristes du monde. C’était un poste si crucial que son certificat d’habilitation lui donnait accès au plus haut niveau de secret des services de renseignement américains. Sella n’en crut pas ses oreilles : Pollard entreprit de lui fournir des détails précis sur des affaires où les services américains avaient refusé de coopérer avec leurs homologues israéliens. Le pilote en vint même à se demander si Pollard n’était pas envoyé par le FBI pour le piéger. Et cependant quelque chose, dans le ton de Pollard, sonnait juste. Ce soir-là, Sella téléphona à son agent traitant du service de renseignement de l’aviation, à Tel-Aviv. Celui-ci lui passa le chef d’état-major de l’aviation israélienne. Sella reçut l’ordre d’approfondir sa relation avec Pollard. Les deux hommes se revirent : au bord de la patinoire du Rockefeller Plaza, puis dans un café de la Quarante-Huitième Rue, et à Central Park. Chaque fois, Pollard apportait à Sella des documents ultrasecrets de grande valeur pour étayer ses affirmations. Sella expédiait le tout à Tel-Aviv, très excité à l’idée de participer à une importante opération d’espionnage. Il éprouva donc une stupeur assez compréhensible en apprenant que le Mossad connaissait déjà Jonathan Pollard. Deux ans plus tôt, celui-ci avait même proposé ses services d’espion à l’Institut, qui l’avait jugé « instable ». Un katsa du Mossad à New York le lui décrivit par ailleurs comme « solitaire (…) et doté d’une vision irréaliste d’Israël ». Peu enclin à renoncer à son rôle dans une opération qui promettait d’être autrement palpitante que ses interminables leçons d’informatique, Sella chercha un moyen de creuser le filon. À New York, il avait fait la connaissance de l’attaché scientifique du consulat israé- Histoire secrète du Mossad 98 lien, Yosef Yagur. Yagur supervisait pour Rafi Eitan les opérations du Lakam aux États-Unis. Sella invita Yagur à dîner avec Pollard. Pendant le repas, Pollard répéta que l’État hébreu était sevré d’informations qui auraient pu lui permettre de mieux se défendre contre les terroristes arabes parce que les États-Unis tenaient à préserver leurs bonnes relations avec les producteurs de pétrole du Proche-Orient. Ce soir-là, par le biais d’une ligne protégée du consulat, Yagur téléphona à Rafi Eitan. L’aube approchait à Tel-Aviv, mais son chef était encore au travail. Quand Eitan raccrocha, il faisait jour. Mais son regard exultait : il tenait enfin son informateur. Pendant les trois mois suivants, Yagur et Sella cultivèrent assidûment l’amitié de Pollard et de sa future femme, Anne Henderson. Ils les invitèrent dans des restaurants chics, assistèrent à des revues de Broadway et à des avant-premières de cinéma. Pollard continuait de leur transmettre des documents cruciaux. Rafi Eitan ne pouvait que se réjouir de la qualité des informations obtenues. Au bout d’un moment, il décida qu’il était temps de faire la connaissance de sa nouvelle source. En novembre 1984, Sella et Yagur offrirent à Pollard et à Anne Henderson un voyage à Paris, tous frais payés. Yagur expliqua à Pollard que ce séjour était une « modeste récompense par rapport au bien que vous faites à Israël ». Ils voyagèrent en première classe et furent accueillis à l’aéroport par un chauffeur qui les mena à l’hôtel Bristol. Rafi Eitan les y attendait. À la fin de la soirée, Eitan avait pris toutes les dispositions nécessaires pour que Pollard continue plus efficacement. Il ne serait plus question de rendez-vous amicaux et décontractés. Sella sortirait de scène. Yagur le remplacerait comme agent traitant officiel de Jonathan Pollard. On instaura un système approprié de remise de documents. Dorénavant, Pollard les apporterait à l’appartement d’Irit Erb, une petite secrétaire de l’ambassade d’Israël à Washington. On installerait dans sa cuisine un photocopieur à grande vitesse afin de dupliquer le tout. Les visites de Pollard à Irit Erb alterneraient avec ses passages dans plusieurs laveries automobiles. Pendant que la voiture de Pollard disparaîtrait L’espion au masque de fer 99 entre les rouleaux savonneux, il remettrait discrètement sa moisson de documents à Yagur, dont l’auto subissait dans le même temps un toilettage identique. Un photocopieur portable, relié à la batterie, serait installé sous le tableau de bord. L’appartement d’Irit Erb et les laveries étaient proches de l’aéroport de Washington, ce qui faciliterait les navettes de Yagur entre la capitale fédérale et New York. Dès son retour au consulat, il enverrait par télécopie protégée sa dernière livraison à Tel-Aviv. Rafi Eitan rentra en Israël pour récolter les fruits de son nouveau système. Ceux-ci dépassèrent vite ses espérances les plus folles : il ne tarda pas à avoir entre les mains les détails des dernières livraisons d’armes de la Russie à la Syrie et à d’autres nations arabes, avec la localisation précise des missiles SS-21 et SA-5, ainsi que des cartes et des photos satellites des arsenaux irakiens, syriens et iraniens – usines d’armes chimiques et biologiques comprises. Ces informations lui offrirent une excellente vision d’ensemble des méthodes d’espionnage américaines, non seulement au Proche-Orient, mais aussi en Afrique du Sud. Pollard avait notamment fourni aux Israéliens un rapport de la CIA exposant la structure complète de son réseau d’espions dans ce pays. Un autre document expliquait en détail comment l’Afrique du Sud avait fait exploser un premier engin atomique le 14 septembre 1979, dans le sud de l’océan Indien. Le gouvernement sud-africain avait toujours nié ses capacités nucléaires. Rafi Eitan s’arrangea pour que le Mossad communique à Pretoria des copies de tous les documents américains concernant l’Afrique du Sud, ce qui provoqua le démantèlement immédiat du réseau de la CIA. Douze agents durent quitter le pays en catastrophe. Pendant les onze mois suivants, Jonathan Pollard continua de détourner allégrement les renseignements les plus importants recueillis par les centrales secrètes américaines. Plus de mille documents « top secret » furent ainsi transmis à Israël, où Rafi Eitan les dévorait personnellement avant de les faire suivre au Mossad. Ces données permirent à Nahum Admoni de conseiller le gouvernement de coalition de Shimon Peres sur la meilleure façon de réagir à la politique américaine au Proche- Histoire secrète du Mossad 100 Orient, tâche naguère impossible. Selon un sténographe des réunions ministérielles du dimanche matin à Jérusalem : « Quand on écoutait Admoni, on avait presque l’impression d’être assis avec le président américain dans le bureau Ovale. Non seulement on était tout de suite informés de la dernière idée surgie à Washington sur toutes les affaires nous concernant de près ou de loin, mais on avait encore le temps de réfléchir avant de prendre une décision. » Pollard finit par devenir un élément crucial de la politique israélienne et de la prise de décisions stratégiques. Rafi Eitan autorisa pour son informateur l’émission d’un passeport israélien au nom de Danny Cohen, ainsi qu’une rémunération mensuelle importante. En échange, il lui demanda de fournir des détails supplémentaires sur les activités d’espionnage électronique de la NSA (National Security Agency) en Israël et sur les méthodes d’écoute utilisées contre l’ambassade à Washington et les autres missions diplomatiques de l’État juif aux États- Unis. Avant d’avoir pu lui fournir ces informations, Pollard fut arrêté le 21 novembre 1985 devant l’ambassade d’Israël à Washington. Quelques heures plus tard, Yagur, Sella et la secrétaire Irit Erb s’envolaient de New York sur un vol El Al à destination de Tel-Aviv, avant que le FBI n’ait eu le temps de leur demander des explications. Arrivés en Israël, ils se fondirent sans peine dans la communauté d’espions du pays, plus que reconnaissante. Pollard fut condamné à la perpétuité, sa femme à cinq ans d’emprisonnement. Mais en 1999, Pollard allait enfin savourer le fruit des infatigables efforts consentis par le lobby juif en vue de sa libération. La Conférence des organisations juives majeures, un consortium de plus de cinquante groupements, avait lancé une intense campagne pour le faire libérer, alléguant qu’il n’avait pas commis de haute trahison contre les États- Unis « parce qu’Israël était à l’époque et reste aujourd’hui un allié proche ». Tout aussi influentes, des organisations juives religieuses – comme l’Union réformée des congrégations américano-hébraïques et l’Union orthodoxe – lui apportèrent leur soutien. Le professeur de droit de Harvard, Alan M. Dershowitz, qui avait été l’avocat de Pollard, L’espion au masque de fer 101 déclara qu’il n’y avait rien dans le dossier pour montrer que l’espion avait effectivement compromis « la capacité de collecte de renseignements de la nation » ou « divulgué des données sur la collecte de renseignements à l’échelle mondiale. » Inquiet de ce qu’il percevait comme une habile opération de relations publiques orchestrées depuis Israël, le monde des services secrets américains prit une initiative inhabituelle. Plusieurs de ses membres sortirent de l’ombre et s’aventurèrent dans le domaine public afin d’établir la trahison de Pollard. C’était une décision à la fois hardie et dangereuse. Non seulement elle obligeait à mettre en lumière des informations sensibles, mais elle allait mobiliser encore davantage un lobby juif toujours plus puissant. On savait les dégâts qu’il avait causés à d’autres adversaires dans le climat hystérique de Washington. Une réputation pouvait être très facilement ternie autour d’un verre dans une ambassade, entre deux actes d’une pièce jouée au Kennedy Center, ou encore pendant un dîner feutré à Georgetown. Les agents secrets craignaient que Clinton – « dans une de ses crises de donquichottisme », selon l’expression d’un officier de la CIA – ne libère Pollard avant la fin de son mandat pour contraindre Israël à entrer dans un accord de paix et offrir au président un ultime succès de politique étrangère. Le directeur de la CIA de l’époque où j’écris ces lignes, Georges Tenet, alla jusqu’à dire à Clinton : « La libération de Pollard va démoraliser les services secrets ». Clinton aurait simplement répondu : « Nous verrons, nous verrons. » À Tel-Aviv, Rafi Eitan a suivi de près l’évolution coup par coup de la partie, en répétant à ses hommes : « Lorsque Jonathan arrivera enfin en Israël, je serai heureux de prendre un café avec lui. » En attendant, Eitan continuait de se frotter les mains, ravi du succès d’une autre opération montée par ses soins à l’encontre des États-Unis, opération qui avait fait d’Israël la première puissance nucléaire du Proche-Orient. |
|
|  | | SsendouTheMilkWay Djoundi (جندي)

Messages: 29 Age: 26 Loisirs: renseignement, géopolitique, armée, science et technologie appliquées dans le domaine militaire Inscription: 13/09/2007 Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Sam 3 Oct - 14:21 | |
| |
|  | | SsendouTheMilkWay Djoundi (جندي)

Messages: 29 Age: 26 Loisirs: renseignement, géopolitique, armée, science et technologie appliquées dans le domaine militaire Inscription: 13/09/2007 Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Sam 3 Oct - 14:29 | |
| |
|  | | scorpion-rouge35 Administrateur (فريق)


Messages: 13418 Age: 24 Localisation: ALGERIE - ALGER Loisirs: ANP / FORCESDZ Inscription: 09/04/2007 Médailles du Forum:


Nationalité: 
 | |  | | SsendouTheMilkWay Djoundi (جندي)

Messages: 29 Age: 26 Loisirs: renseignement, géopolitique, armée, science et technologie appliquées dans le domaine militaire Inscription: 13/09/2007 Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Mar 6 Oct - 14:39 | |
| mais je t'en prie le scorpion rouge, nous sommes là pour partager les infos qu'on a sur tel ou tel sujet bonne continuation  |
|  | | cameleo84 Djoundi (جندي)
Messages: 32 Age: 37 Inscription: 08/07/2009 Médailles du Forum: 
Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Lun 12 Oct - 12:36 | |
| c'est pas nouveau ce sujet , tout les services secret emplois ce meme proceder ...Il vise à éclairer un public insuffisamment informé en raison même du secret qui entoure le sujet. L’espionnage, sujet controversé ..Actuellement, les témoignages des espions et des services secrets, même s’ils ne sont pas tous véridiques, permettent, en complétant par les archives, de mieux comprendre l’importance du renseignement , l’organisation de l’espionnage chez les alliés, le recrutement des espions, la surveillance des agissements de l’ennemi, la découverte d’un nouveau rôle de la femme passant des travaux à l’arrière à l’espionnage en territoire occupé ou dans les milieux interlopes. L’espionnage comme le contre-espionnage mis en place par les alliés, s’ils ont été considérés par certains belligérants comme une affaire immorale et difficile à utiliser, ont permis de protéger les pays en guerre et d’agir sur la stratégie des états-majors. Les services secrets britanniques et français ont utilisé leurs espions dans des domaines différents, militaires, stratégiques, économiques, dans leur propre pays ou à l’étranger.Les espionnes ne fournissent pas le même travail comme le prouvent les récits de leurs souvenirs ou de ceux qui ont écrit pour elles après leur mort. Leur recrutement, leurs motivations, les formes de leur travail, leurs contacts, l’importance de leur rôle, seules ou en réseaux, la reconnaissance de leur action diffèrent souvent.Le contre-espionnage une surveillance indispensable...L’espionnage : une arme efficace pour tous les pays qu'ils sois en geurre ou en paix ,l'espionnage est une nécessité qu'on sois d'accord ou pas ..L'espionnage est une nécessité dans une guerre, connaître des informations sur l'ennemi, c'est mieux appréhender la situation pour remporter des victoires.  |
|  | | cesam Aqid (عقيد)


Messages: 4230 Age: 34 Localisation: Algérois Loisirs: sports de combat et plongée sous marine Inscription: 08/05/2009 Médailles du Forum:

Nationalité: 
 | Sujet: Tsahal Africa Mer 14 Oct - 20:13 | |
| Tsahal Africa : Armement - Ecoutes téléphoniques...
Nombre d'anciens de Tsahal reconvertis dans la sécurité privée opèrent en Afrique| Citation: | 12.10.2009 - l'express - L'ancien Premier ministre israélien Ehoud Olmert, dont le procès pour fraude, abus de confiance, usage de faux et évasion fiscale s'est ouvert à Jérusalem le 25 septembre, aurait accompli deux mois plus tôt une discrète mission de conseil en Côte d'Ivoire.
Reçu le 25 juillet à Yamoussoukro par le président Laurent Gbagbo, l'héritier déchu d'Ariel Sharon a, semble-t-il, évoqué avec ses hôtes la "sécurisation" des principales villes du pays.
De nombreux "conseillers en sécurité" israéliens, anciens officiers de Tsahal pour la plupart, opèrent au pays des éléphants pour le compte de sociétés privées, notamment dans les domaines de l'armement et des écoutes téléphoniques. |
Il est tout à fait clair que la reconversion des "soldats" de Tsahal dans la sécurité privée auprés de certains pays africains est une couverture destinée à répandre un épais brouillard autour d'autres activités plus pernicieuses et nuisibles à tout le continent africain. A bon entendeur... |
|  | | scorpion-rouge35 Administrateur (فريق)


Messages: 13418 Age: 24 Localisation: ALGERIE - ALGER Loisirs: ANP / FORCESDZ Inscription: 09/04/2007 Médailles du Forum:


Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Jeu 15 Oct - 1:16 | |
| ça serait la couverture idéal pour Le Mossad |
|  | | cameleo84 Djoundi (جندي)
Messages: 32 Age: 37 Inscription: 08/07/2009 Médailles du Forum: 
Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Jeu 15 Oct - 12:24 | |
| De nombreux "conseillers en sécurité" israéliens, anciens officiers de Tsahal pour la plupart, opèrent au pays des éléphants pour le compte de sociétés privées, notamment dans les domaines de l'armement et des écoutes téléphoniques En effet, il y a beaucoup à creuser pour sortir de l’aveuglement et de l’hallucination collectifs des coupables désignés ......Les sociétés privées débauchent à prix d'or les meilleurs espions ...et notamment de quelle manière des sociétés privées sont utilisées par les Services secrets américains pour faire le "sale boulot". ...  |
|  | | scorpion-rouge35 Administrateur (فريق)


Messages: 13418 Age: 24 Localisation: ALGERIE - ALGER Loisirs: ANP / FORCESDZ Inscription: 09/04/2007 Médailles du Forum:


Nationalité: 
 | Sujet: Re: Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] Jeu 22 Oct - 6:24 | |
| | adjudant/chef a écrit: | Un chercheur de la Nasa arrêté pour tentative d'espionnage en faveur d'Israël
| Citation: | Un scientifique américain qui a travaillé pour la Nasa, au Pentagone et à la Maison Blanche, a été arrêté lundi aux Etats-Unis pour tentative d'espionnage, alors qu'il envisageait de travailler pour le compte d'Israël, a annoncé le ministère de la Justice. Dans un communiqué, le ministère a expliqué que ce scientifique de 52 ans avait été contacté début septembre par un policier du FBI sous couverture, se faisant passer pour un agent du renseignement israélien, et avait accepté de lui fournir des informations classées secret défense et "top secret" en échange d'argent et d'un passeport israélien.
Il devait être présenté mardi devant un juge à Washington et risque la prison à perpétuité s'il est reconnu coupable. Le ministère a précisé que "la plainte n'impliquait ni l'État d'Israël ni aucun agent travaillant en son nom" dans les faits reprochés à ce scientifique.
Titulaire d'un doctorat en astronomie au MIT, prestigieuse université technologique du Massachusetts (nord-est), l'homme a travaillé à la Maison Blanche en 1989 et 1990, puis au ministère de l'Énergie entre 1990 et 1999, où il disposait d'une autorisation spéciale lui donnant accès à des documents classés "top secret", notamment concernant les armes nucléaires. Il a ensuite créé une association à but non lucratif au travers de laquelle il travaillait avec la Nasa et a participé entre 2000 et 2006 à "plusieurs accords de développement de technologies avancées pour le gouvernement américain". "Entre 1989 et 2006, il avait accès à des informations classées 'top secret' et, régulièrement et fréquemment, à des documents classés en lien avec la défense américaine", a résumé le ministère.
Des informations secret défense révélées
Lorsqu'il a été contacté le 3 septembre par ce qu'il croyait être un agent du Mossad, les services secrets israéliens, il a accepté de lui fournir "des informations régulières". Lors de la deuxième entrevue, il a expliqué selon le ministère que "bien que ne disposant plus de ses anciens accès à des documents classés (...), il pouvait néanmoins se souvenir de ceux qu'il avait consultés".
Deux échanges ont alors eu lieu par le biais de la poste restante, au cours desquels il a reçu 2.000 puis 9.000 dollars et a rempli deux questionnaires sur des satellites américains. "Une des réponses fournies émanait de documents classés secret défense", a affirmé le ministère, ajoutant que l'homme aurait de lui-même proposé de fournir des informations sur "l'armement nucléaire, les satellites militaires, et d'autres systèmes d'armement". La deuxième fois, ses réponses comprenaient "des informations classées secret défense et 'top secret' sur des satellites américains, des systèmes d'alerte avancés, des moyens de défense ou de représailles contre des attentats à grande échelle et des éléments stratégiques cruciaux".
"Les faits reprochés sont graves et devraient servir d'avertissement à tous ceux qui envisagent de compromettre les secrets de notre pays par appât du gain", a déclaré dans le communiqué David Kris, responsable de la sécurité nationale au ministère de la Justice. Les États-Unis ont condamné en 1987 un analyste de la Navy, Jonathan Pollard, à la prison à perpétuité pour avoir fourni à Israël, de mai 1984 à son arrestation en novembre 1985, des milliers de documents classés secret défense, sur les activités d'espionnage des États-Unis, principalement dans les pays arabes.
Les différents chefs de gouvernement israéliens ont en vain demandé sa remise en liberté aux autorités américaines. Ses proches, en Israël et aux États-Unis, font campagne pour sa libération, affirmant que les divers gouvernements israéliens l'ont "lâché", alors qu'il a "servi" l'État hébreu et a obtenu la nationalité israélienne. |
source le point.fr |
|
|  | | | | Le Mossad [Les Services Secrets Israéliens] | |
|
| Page 7 sur 8 | Aller à la page : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8  |
| | Permission de ce forum: | Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
| |
| |
| |
|