Le candidat démocrate à la Maison-Blanche a décidé de combattre le buzz par le buzz en lançant un site Internet qui combat les affirmations erronées lancées par ses adversaires.
Barack Obama est-il un musulman cherchant à détruire les Etats-Unis ? A-t-il suivi des cours dans une école coranique, une madrasa, lors de son enfance en Indonésie ? Autant de rumeurs, qui empoisonnent la campagne du candidat démocrate à la Maison-Blanche, quelque soit le nombre de démentis qu'il y apporte. Face aux dégâts que ces informations, souvent colportées par le net au gré de chaînes de mails, peuvent causer à son image, le sénateur de l'Illinois a décidé de prendre le taureau par les cornes et vient de mettre en ligne www.fightthesmearshome.com, littéralement « Lutter contre les calomnies ».
Le site propose une bonne fois pour toutes de démentir grâce à des vidéos, des photographies ou des recoupements de faits, les bruits les plus fous courant sur le triomphateur d'Hillary Clinton. www.fightthesmearshome.com reproduit ainsi la photographie du magazine Time montrant Barack Obama, prêtant serment sur sa bible familiale lors de son entrée au Sénat pour apporter un démenti catégorique à la rumeur selon laquelle le sénateur de l'Illinois aurait juré sur un exemplaire du Coran. Un reportage de CNN confirme que l'école primaire du candidat en Indonésie est un établissement des plus ordinaires où on enseigne les mathématiques et où se mêlent élèves musulmans et chrétiens, et non une école coranique. De même, de longs extraits de ses ouvrages « Dreams from my Father » et «Audacity of Hope » sont repris pour rétablir la vérité après qu'un courriel reproduisait des citations tronqués laissant penser que le sénateur multipliait dans ses livres les allégations racistes.
Rumeurs visant Michelle Obama
Pendant les dix-sept mois des primaires démocrates, Barack Obama a réagi comme tout politicien, commentant le moins possible les rumeurs une fois le démenti publié. Jusqu'à ce que sa femme soit la cible d'une campagne de diffamation récurrente. Au lendemain de sa victoire sur l'ancienne First lady à l'issue des primaires du Montana, un journaliste, dans son avion de campagne, lui demande si Michelle Obama a bien employé le mot «whitey», terme péjoratif pour désigner les Blancs, lors d'un discours dans la controversée Eglise de la Trinité unie du Christ de Chicago du pasteur Jeremiah Wright . Le reporteur veut également savoir si, comme l'affirment des blogs républicains, une vidéo de cette intervention de Michelle Obama existe. Barack Obama s'agace de la question du journaliste, rapporte le Time. « Nous avons connu ça avant. Des mensonges véhiculés par des mails qui circulent suffisamment longtemps jusqu'à piquer votre intérêt. Si vous, un reporter des médias traditionnels, me posez la question, cela donne du crédit à cette histoire », réplique-t-il. « S'ils ont des preuves contre Michelle et moi, qu'ils les montrent », lance le candidat démocrate. Le soir même, il réunit son équipe pour trouver une solution plus agressive face à ces rumeurs. Une réunion qui a donné naissance à www.fightthesmearshome.com.
Et comme le meilleur moyen de combattre le buzz est encore de le créer, les visiteurs du site peuvent aider à disséminer la vérité dans les boites mail de leurs amis. En cliquant sur le bouton « répandre la vérité », l'internaute peut envoyer par mail les explications de Barack Obama à dix de ses correspondants.
Les derniers sondages Gallup et CBS donnent Barack Obama gagnant sur John McCain avec respectivement 46% (contre 44% pour le républicain) et 48% des voix (contre 42%) pour le premier candidat d'origine noire à la Maison-Blanche, qui emporterait les Etats déterminants de l'Ohio et de la Pennsylvanie.
Le Figaro
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Lisez cette analyse du discours d'Obama à l'AIPAC par Uri Avnery, un écrivain et journaliste israélien, elle vaut son pesant d'or ...
Citation:
Uri Avnery : les déclarations d’Obama sont de très mauvais augure pour la paix
12 juin 2008
Par Uri Avnery, Gush Shalom, 8 juin 2008
Après des mois d’une course rude et âpre, un combat sans concession, Barak Obama a fait mordre la poussière à sa formidable adversaire, Hillary Clinton. Il a réalisé un miracle : pour ma première fois dans l’histoire, un noir devient un candidat crédible à la présidence du pays le plus puissant du monde. Et quelle est la première chose qu’il a faite après son étonnante victoire ? Il s’est précipité au congrès du lobby d’Israël, AIPAC, pour prononcer un discours qui pulvérise tous les records de servilité et de soumission.
Cela est déjà assez choquant. Ce qui est encore plus choquant, c’est que personne n’ait été choqué. CE FUT un congrès triomphaliste. Même cette puissante organisation n’avait jamais rien vu de tel. Sept mille délégués juifs de l’ensemble des États Unis se sont rassemblés pour recevoir l’allégeance de l’ensemble de l’élite de Washington venue se prosterner à ses pieds. Chacun des trois candidats à la présidence a prononcé un discours, chacun s’efforçant de surpasser les autres en flatterie. Trois cents sénateurs et membres du congrès emplissaient les couloirs. Tous ceux qui souhaitent être élus ou réélus à quelque fonction que ce soit, et même tous ceux qui nourrissent une ambition politique, étaient venus pour voir et se faire voir.
Le Washington de l’AIPAC [American Israel Public Affairs Committee est un groupe de pression de soutien à Israël et au sionisme - ndt] ressemble à la Constantinople des empereurs byzantins à son apogée.
Le monde regardait, médusé. Les médias israéliens étaient aux anges. Dans toutes les capitales du monde on suivait attentivement les événements et on en tirait des conclusions. Tous les médias arabes en ont rendu compte largement. Al Jezira a consacré une heure de discussion au phénomène.
Les conclusions les plus extrêmes des professeurs John Mearsheimer et Stephen Walt ont été entièrement confirmées. Á la veille de sa visite à Israël, jeudi prochain, le lobby d’Israël occupait le centre de la vie politique des États-Unis et du monde entier.
POURQUOI CELA ? Pourquoi les candidats à la présidence des États Unis considèrent-ils que le lobby d’Israël est un facteur tellement essentiel à leur élection ?
Les votes juifs sont importants, naturellement, en particulier dans plusieurs Etats hésitants dont le vote peut décider du résultat. Mais les afro-américains votent aussi , tout comme les hispaniques. Obama a fait venir sur la scène politique des millions de jeunes électeurs. Numériquement, la communauté arabo musulmane des États-Unis ne représente pas un facteur négligeable.
Il y a des gens qui disent que c’est l’argent juif qui s’exprime. Les Juifs sont riches. Peut-être donnent-ils plus que d’autres pour des causes politiques. Mais le mythe de la toute puissance de l’argent juif a une connotation antisémite. Après tout, d’autres lobbys et, de façon plus décisive, les grandes sociétés multinationales, ont versé des sommes d’argent considérables à Obama (comme à ses adversaires). Et Obama lui-même a annoncé avec fierté que des centaines de milliers de citoyens ordinaires lui ont apporté de petites contributions qui ont représenté des dizaines de millions de dollars.
Il est vrai qu’il a été démontré que le lobby juif peut presque toujours empêcher l’élection d’un sénateur ou d’un membre du congrès qui ne danse pas, et avec ferveur, au rythme de la musique israélienne. Dans certains cas exemplaires (qui étaient réellement conçus pour faire des exemples) le lobby a causé la chute de politiciens populaires en apportant son soutien politique et financier à la campagne électorale d’un rival pratiquement inconnu.
Mais dans une course présidentielle ?
LA TRANSPARENTE allégeance d’Obama au lobby pro-Israël est plus frappante que les démarches semblables d’autres candidats.
Pourquoi ? Parce que sa réussite étonnante aux primaires tenait entièrement à sa promesse d’apporter un changement, de mettre un terme aux pratiques corrompues de Washington et de remplacer les vieux cyniques par quelqu’un de jeune et d’honnête qui ne transige pas avec ses principes.
Et voyez donc, la première chose qu’il fait après avoir obtenu sa désignation par son parti est de transiger avec ses principes. Et de quelle manière !
La chose remarquable qui le distingue aussi bien d’Hillary Clinton que de John McCain est une opposition absolue à la guerre en Irak depuis le tout début. C’était courageux. C’était impopulaire. C’était en totale opposition au lobby d’Israël, dont toutes les tendances poussaient instamment Georges Bush à entrer en guerre pour libérer Israël d’un régime hostile.
Et voici qu’arrive Obama qui rampe dans la poussière aux pieds de l’AIPAC et qui s’écarte de sa route pour justifier une politique en contradiction complète avec ses propres idées.
C’est bien qu’il promette de défendre la sécurité d’Israël à tout prix. C’est habituel. C’est bien qu’il profère des menaces sévères à l’encontre de l’Iran, même s’il avait promis de rencontrer ses dirigeants pour régler pacifiquement tous les problèmes. C’est bien qu’il ait promis de ramener nos trois soldats enlevés (pensant, par erreur, qu’ils sont tous les trois détenus par le Hezbolah - une erreur qui montre, soit dit en passant, combien sa connaissance de nos affaires est sommaire.)
Mais sa déclaration à propos de Jérusalem passe les bornes. Il n’est en aucune façon exagéré de dire que c’est un scandale.
AUCUN PALESTINIEN, aucun Arabe, aucun musulman ne fera la paix avec Israël si le Haram-al-Sharif ( aussi appelé Mont du Temple), un des trois lieux saints de l’islam et le symbole le plus marquant du nationalisme palestinien n’est pas placé sous la souveraineté palestinienne. C’est l’un des éléments centraux du conflit.
C’est sur cette question que la rencontre de Camp David en 2000 a échoué, même si le premier ministre de l’époque, Ehoud Barak, consentait d’une certaine façon à partager Jérusalem.
Et voici qu’arrive Obama qui ressort des poubelles le slogan éculé “Jérusalem indivise, capitale d’Israël de toute éternité”. Depuis Camp David, tous les gouvernements israéliens ont compris que ce mantra représente un obstacle insurmontable à tout processus de paix. Il a disparu - tranquillement, presque secrètement - de l’arsenal des slogans officiels. Seule la droite israélienne (et juive d’Amérique) s’y accroche, et pour la même raison : étouffer dans l’œuf toute chance de paix qui exigerait le démantèlement des colonies.
Lors des campagnes présidentielles précédentes aux État-Unis, les candidats en présence pensaient qu’il suffisait de promettre que l’ambassade des États-Unis serait transférée de Tel Aviv à Jérusalem. Une fois élu, aucun des candidats n’a jamais rien fait pour mettre cette promesse à exécution. Tous se sont laissés convaincre par le Secrétariat d’État que cela nuirait à des intérêts américains fondamentaux.
Obama est allé beaucoup plus loin. Il est fort possible qu’il s’agisse que de simples paroles et qu’il se soit dit : eh bien, il faut que je dise cela pour me faire élire. Après cela, à la grâce de Dieu.
Mais même dans ce cas le fait ne saurait être ignoré : la crainte de l’AIPAC est si terrible que même ce candidat qui promet le changement dans tous les domaines n’ose pas l’affronter. Dans ce domaine, il accepte les pires pratiques traditionnelles de Washington. Il est prêt à sacrifier les intérêts américains les plus fondamentaux. Après tout, les États Unis ont un intérêt vital à aboutir à une paix israélo palestinienne qui leur permettrait de trouver le chemin des cœurs des masses arabes de l’Irak au Maroc. Obama a abîmé son image dans le monde musulman et hypothéqué son avenir - pour le cas où il serait élu président.
IL Y A SOIXANTE CINQ ANS, pendant que l’Allemagne nazie exterminait leurs frères et leurs sœurs en Europe, les membres de la communauté juive américaine n’ont rien fait pour leur venir en aide. Ils ont été incapables de convaincre le président Franklin Delano Roosevelt de faire quelque chose d’important pour arrêter l’Holocauste. (Et au même moment, beaucoup d’afro-américains n’osaient pas approcher des bureaux de vote par crainte des chiens que l’on lâchait contre eux.)
Qu’est-ce qui a entraîné l’étourdissante ascension au pouvoir de l’establishment juif américain ? Un talent d’organisation ? L’argent ? La montée dans l’échelle sociale ? La honte pour leur manque de réaction pendant l’Holocauste ?
Plus je pense à ce phénomène étonnant, plus se renforce ma conviction (sur laquelle j’ai déjà écrit dans le passé) que ce qui compte en réalité est la similitude entre l’aventure américaine et l’aventure sioniste, à la fois au plan spirituel et au plan pratique. Israël est une petite Amérique, l’Amérique est un énorme Israël.
Les passagers du Mayflower, dans une large mesure comme les sionistes de la première et de la seconde aliya (vague d’immigration), ont fui l’Europe, portant en eux une vision messianique, qu’elle soit religieuse ou utopique. (En vérité, les premiers sionistes étaient en majorité athées, mais les traditions religieuses avaient influencé fortement leur vision.) Les fondateurs de la société américaine étaient des "pèlerins", les immigrants sionistes se nommaient eux-mêmes "olim" - l’abréviation de "olim beregel", pèlerins. Les uns comme les autres voguaient vers une "terre promise", se considérant comme le peuple élu par Dieu.
Les uns comme les autres ont connu beaucoup de souffrances dans leur nouveau pays. Les uns et les autres se sont vus comme des "pionniers" faisant fleurir le désert, "un peuple sans terre dans une terre sans peuple". Les uns comme les autres ont ignoré les droits des populations indigènes qu’ils considéraient comme des sous-hommes et des assassins. Les uns et les autres voyaient dans la résistance naturelle des populations locales la preuve de leur caractère meurtrier inné, ce qui justifiait même les pires atrocités. Les uns et les autres ont chassé les indigènes et se sont accaparé leurs terres comme la chose la plus naturelle à faire, s’établissant sur chaque colline et sous chaque arbre, avec une main sur la charrue et la Bible dans l’autre.
C’est vrai, Israël n’a pas commis quelque chose à la mesure du génocide perpétré contre les indigènes américains, ni quelque chose qui ressemble à l’esclavage qui a persisté pendant plusieurs générations aux États Unis. Mais, puisque les américains ont refoulé ces atrocités de leur conscience, rien ne s’oppose à ce qu’ils se comparent aux Israéliens. Il semblerait que dans l’inconscient des deux nations il y ait un ferment de sentiment de culpabilité refoulé qui s’exprime par la négation de leurs mauvaises actions passées, par de l’agressivité et par le culte du pouvoir.
COMMENT SE FAIT-IL qu’un homme comme Obama, le fils d’un père africain, s’identifie de façon aussi complète aux actions des générations de blancs américains qui l’ont précédé ? Il montre une fois de plus la capacité d’un mythe à s’enraciner dans la conscience d’une personne, au point qu’elle s’identifie à 100% au récit imaginaire de l’histoire nationale. Il faut ajouter à cela le désir inconscient d’appartenir au camp des vainqueurs, dans la mesure du possible.
Par conséquent, je n’accepte pas sans réserve l’idée : "Eh bien, il lui faut tenir ce discours pour se faire élire. Un fois à la Maison Blanche, il redeviendra lui-même."
Je n’en suis pas sûr. Il peut s’avérer que ces choses aient une emprise étonnamment forte sur son univers mental.
Il y a une chose dont je suis certain : les déclarations d’Obama au congrès de l’AIPAC sont très, très mauvaises pour la paix. Et ce qui est mauvais pour la paix est mauvais pour Israël, est mauvais pour le monde et mauvais pour le peuple palestinien. S’il maintient ces déclarations un fois élu, il sera dans l’obligation de dire, s’agissant de la paix entre les deux peuples de ce pays : « Non, je ne peux pas. »
Publication originale : Gush Shalom
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Tous les ans, il y a de plus en plus de cons . Mais cette année, je crois que les cons de l'année prochaine sont déjà là.
Barack Obama est le candidat que préfère le reste du monde
Barack Obama, candidat global ? "L'"obamania" est devenue un phénomène planétaire d'une ampleur peut-être plus grande que celle de la "dianamania"", a écrit Timothy Garton Ash, professeur d'études européennes à Oxford. C'est dire.
Vu de l'étranger, l'homme séduit. D'abord, le sénateur de l'Illinois se distingue par son opposition résolue à la guerre en Irak. M. Obama l'a répété : une fois élu, il retirera les troupes américaines. Il marque les consciences collectives en nourrissant l'idée d'un véritable changement au Moyen-Orient.
Ensuite, ses origines familiales et son parcours, de sa naissance à l'âge adulte, renvoient l'image d'un personnage politique nouveau. C'est un Américain du tiers-monde, un candidat avec une relation personnelle et intime avec d'autres continents. Multiracial, M. Obama - père kényan et mère américaine, né à Hawaï, élevé en Indonésie et diplômé de Harvard - possède un parcours inhabituel qui le rend apte à transcender les barrières culturelles. "Chacun sent chez Obama que l'expérience vécue, le tempérament et les idées ne font qu'un", souligne le New York Times Magazine. N'a-t-il pas dit que le principe fondamental de sa vision internationale est que "la sécurité du peuple américain est inextricablement liée à la sécurité de tous les peuples" ?
D'après une enquête du Pew Research Center réalisée dans vingt-quatre pays et publiée le 12 juin, la candidature de Barack Obama à la présidentielle américaine suscite non seulement de grands espoirs, mais améliore l'image des Etats-Unis dans le monde. Avec lui, l'élection du 4 novembre est perçue un peu partout comme une occasion de tourner la page des années Bush. Comme si M. Obama était capable de remettre un peu d'ordre sur cette planète tourmentée depuis les attaques du 11-Septembre et réconcilier les Etats-Unis avec le reste du monde.
Selon ce sondage, M. Obama inspire confiance et caracole en tête face à son rival M. McCain dans pratiquement tous les pays. Grand favori des européens (84 % des Français lui accorderaient leur vote, 82 % des Allemands, 74 % des Anglais, 72 % des Espagnols), il est également plébiscité en Australie, au Japon, au Brésil, ou encore en Corée du Sud. Au Kenya, un vrai culte est voué "au fils de la nation" comme l'appelle la presse et de nombreux pays africains estiment, comme Le Soleil de Dakar que sa victoire serait "une revanche sur l'histoire".
Certaines déclarations de M. Obama ont pu étonner ou susciter de vives critiques. Des commentateurs voient en lui un candidat difficile à cerner, trop jeune ou manquant d'expérience. Toutefois, en cinq mois de campagne, il a su se forger une stature d'homme d'Etat avec une capacité instinctive à bâtir des ponts et a créer des relations nouvelles. En Israël, par exemple, alors que la majorité de l'opinion publique affichait ouvertement une préférence pour M. McCain, l'engagement et le ton de M. Obama lors de son passage à l'Aipac (American Israël Public Affairs Council), le 4 juin, a surpris. L'alignement du candidat démocrate sur les positions de l'administration Bush concernant le statut de Jérusalem qui doit, selon M. Obama, rester la capitale "unifiée et indivisible" d'Israël a fait reculer les craintes que pourrait provoquer son élection. Ehoud Olmert, premier ministre israélien, s'est même déclaré "impressionné".
Dans le camp palestinien et au sein du monde arabe, les propos de M. Obama ont, d'abord jeté la consternation d'autant qu'ils ont été prononcés par un candidat d'origine musulmane. Certains chroniqueurs arabes ont toutefois décidé de prendre du recul. Dans son billet hebdomadaire publié par le quotidien libanais Al-Safir, l'écrivain libanais Abbas Beïdoune, peu suspect de sympathies pro américaines, a ainsi épinglé ceux qui ont délibérément occulté la singularité du cas Obama, "un homme de race noir et fils d'un musulman". Editorialiste au quotidien saoudien Al-Hayat, Mohammed Salah s'est, lui, interrogé : "Etions-nous en droit de nous attendre à des déclarations différentes d'un candidat à la présidence américaine devant la plus puissante association américaine de soutien à Israël dont il sollicitait le soutien ?"
Dans le cas de Cuba, les déclarations de M. Obama sont également révélateurs de sa capacité à jouer sur différents tableaux à la fois. Lors de son discours de Miami, le 23 mai, dans lequel il a rappelé vouloir dialoguer avec le président Raul Castro et lever les restrictions de voyage, "Obama a proposé des initiatives positives, visant à faciliter les contacts et l'aide économique entre les familles cubaines divisées des deux côtés du détroit de Floride", a estimé Miriam Leiva, une des fondatrices des Dames en blanc, l'association des épouses de prisonniers politiques cubains. Plus étonnant, Fidel Castro partage l'opinion des dissidents : M. Obama est "sans aucun doute le candidat le plus avancé du point de vue social et humain", a écrit l'ancien président cubain le 26 mai.
Les médias russes misent eux aussi en nombre sur la victoire de Barack Obama, "la chance noire de l'Amérique" selon le quotidien Vremia Novosteï du 5 juin. La veille, la radio Echo de Moscou recueillait des impressions sur M. Obama. "Il est frais, pur, jeune et n'a aucun lien avec le complexe militaro-industriel ou le lobby américain du pétrole", s'est réjouit le politicien ultranationaliste Vladimir Jirinovski, le qualifiant de "jeune Gorbatchev de l'Amérique".
En revanche, le Canada et le Mexique, deux pays frontaliers des Etats-Unis s'inquiètent, eux, du vent de protectionnisme qui souffle chez les démocrates, aux Etats-Unis. Au Mexique, certains secteurs libéraux ont peu apprécié les déclarations d'Obama critiquant l'Alena, l'Accord de libre-échange entre le Canada, le Mexique et les Etats-Unis, "en usant les vieux prétextes de la protection de l'environnement et de la défense des droits de l'homme", comme le souligne Antonio Rosas-Landa, dans El Universal. A Ottawa, le sénateur de l'Illinois a été accusé de ne pas prendre la question de l'Alena au sérieux. Son conseiller économique Austan Goolsbee, aurait assuré aux Canadiens que sa position n'était qu'une rhétorique de campagne pour calmer les craintes des "cols bleus" américains. M. Obama ne laisse personne indifférent. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad s'est inquiété dans un entretien à El Pais, le 5 mars, disant qu'une victoire de M. Obama était impossible "à cause des forces cachées qui sévissent aux États-Unis". Même le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a mis en garde le candidat démocrate, mercredi 11 juin : "Nous lui demandons d'être fier de lui en tant que Noir et d'être conscient que toute l'Afrique est derrière lui, parce que s'il ne se débarrasse pas de ce complexe d'infériorité, sa politique étrangère sera pire que celle des Blancs qui l'auront précédé". Obama une révolution ?
Barack Obama en compagnie de son porte-parole, Robert Gibbs. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS
Le candidat des démocrates engage son duel avec une avance de six points sur son adversaire républicain.
Le quartier général de Barack Obama ressemble à une compagnie d'assurances qui serait peuplée de stagiaires. Derrière leurs écrans d'ordinateur, séparés par des cloisons à mi-hauteur, des garçons et des filles aux visages d'adolescents s'affairent à des tâches que l'on croirait réservées à de vieux routiers de la politique. En jeans et T-shirt, une casquette de base-ball parfois vissée sur la tête, ils débattent stratégie, répondent aux questions des journalistes, collectent des fonds et gèrent le plus puissant réseau Internet de l'histoire politique américaine. Beaucoup n'ont guère plus de 20 ans. «Il y a quelques adultes pour nous chaperonner», plaisante Bill Burton, porte-parole lui-même trentenaire.
Cet état-major occupe tout le 11e étage du 233, North Michigan Avenue, l'une des artères centrales de Chicago. Sur ces 3 000 m2 impersonnels, loués 400 000 dollars à Accenture, l'ambiance est feutrée, étrangement sereine pour une campagne aussi âprement disputée. Certains grignotent une salade sur leur bureau, d'autres discutent à mi-voix devant des tableaux remplis de chiffres. Plusieurs ont épinglé une photo de John McCain au milieu des cartes électorales et des affiches d'Obama. Six écrans de télévision sont branchés sur les chaînes câblées d'information continue. Un mur affiche les unes des 36 principaux quotidiens du pays. Des pancartes découpent le plateau en douze départements : politique, programme, recherche, opérations de terrain, agenda, finances, déplacements, presse, nouveaux médias, jeunes électeurs, gestion et Michelle Obama (l'épouse du candidat).
Cette machine emploie quelque 200 personnes et tourne pratiquement 24 heures sur 24. «À l'ère de l'Internet, il n'y a plus de temps mort», explique David Plouffe, le directeur de la campagne. La décentralisation à Chicago préserve le QG des pressions de Washington : moins de fuites aux médias, moins de querelles internes. La «Team Obama» est tournée en priorité vers le terrain, avec l'objectif d'impliquer le plus d'électeurs et de donateurs possible. «À l'origine, Barack est un organisateur communautaire, rappelle Plouffe. Il ne voulait pas que les volontaires s'entendent dire : on vous rappellera dans six mois.»
Comme son rival républicain, le candidat démocrate est entouré d'une garde rapprochée soudée par une loyauté absolue. «On est à la fois collègues et amis, dit Robert Gibbs, le directeur des communications. C'est une équipe unie, pas un agrégat d'individus.» Quatre piliers en forment le socle :
» Le stratège : David Axelrod, dit «Ax», 53 ans, ancien journaliste devenu stratège électoral. Son palmarès compte 33 victoires sur 42 campagnes, notamment l'élection en 2006 de Patrick Deval, le premier gouverneur noir du Massachusetts. Il est responsable du message et de l'image du candidat.
» Le manager : David Plouffe, 40 ans, supervise la mise en œuvre de la stratégie. Calme, concentré sur l'objectif, ce partenaire d'Axelrod est responsable de toute la dynamique de la campagne (déplacements, staff, financement, médias). «Il a mis sur pied la meilleure équipe politique du pays», dit le candidat.
» La confidente : Valerie Jarret, 51 ans, conseillère bénévole, est une amie personnelle du couple Obama depuis dix-sept ans. Elle avait engagé Michelle au cabinet du maire de Chicago, Richard Dailey. Sa loyauté l'autorise à donner son avis en toute franchise.
» Le compagnon de route : Robert Gibbs, 36 ans, accompagne le sénateur de l'Illinois depuis 2004. À la fois conseiller et porte-parole, il garde un œil sur l'intendance et sur la caravane médiatique qui suit partout le candidat.
En deuxième ligne, les conseillers techniques sont légion : plus de 200 revendiquent déjà ce titre. Anthony Lake, 68 ans, ancien conseiller de Bill Clinton pour la sécurité nationale, chapeaute l'équipe de politique étrangère avec Susan Rice, 48 ans, ancienne responsable des questions africaines au département d'État. Austan Gools-bee, 38 ans, professeur à l'université de Chicago, remplit la même fonction sur l'économie. Ces personnalités contribuent à l'élaboration du programme et seront promises à des responsabilités dans l'Administration en cas de victoire. Mais quatre «cerveaux» moins connus jouent un rôle crucial dans la stratégie électorale :
» Le cartographe : Jeff Berman, 50 ans, lobbyiste barbu, n'a pas de rival dans la science ésotérique des délégués, sujet de sa thèse de droit. Plus d'un an à l'avance, il avait préparé un plan de bataille district par district pour remporter les primaires. Il planche maintenant sur la formule magique pour gagner les grands électeurs qui détiennent la clé de la Maison-Blanche.
» L'argentier : Penny Pritzker, 48 ans, héritière du groupe hôtelier Hyatt, dirige l'effort de collecte de fonds pour Obama. Constatant très tôt que les poids lourds du parti soutenaient Hillary Clinton, elle a mis l'accent sur les petits donateurs mobilisés via Internet. Résultat, un record de 270 millions de dollars collectés auprès de 1,5 million de citoyens.
» Le porte-plume : Jon Favreau, 26 ans, dit «Fav», rédige les discours du candidat. Il a fait ses armes auprès de John Kerry en 2004, où il fut remarqué par Robert Gibbs. Il dit puiser son inspiration chez Robert Kennedy, mais n'oublie pas qu'Obama a écrit deux best-sellers : «J'ai toujours sa voix dans la tête quand je travaille.»
» Le webmaster : Chris Hughes, 23 ans, l'un des fondateurs de Facebook, gère le site Internet d'Obama, qui a donné naissance à un gigantesque réseau virtuel, incluant des milliers de blogs et des dizaines de milliers de groupes de discussion.
Début 2007, cette équipe a mis au point une stratégie pour les primaires, baptisée «le Plan», dont les trois volets ont été appliqués à la lettre : faire campagne sur le thème du changement, remporter le scrutin inaugural de l'Iowa et s'embarquer dans une campagne nationale pour glaner le maximum de délégués. Lors du Supermardi, le 5 février, Obama est ainsi parvenu à neutraliser l'avantage d'Hillary Clinton dans les grands États, où elle a remporté 57 délégués, en en raflant 71 dans les petits organisant des caucus (réunions électorales).
Dans la seconde phase qui commence face au candidat républicain, la campagne d'Obama doit repenser son plan de bataille. «Nous sommes préparés», assure David Plouffe. Le thème dominant de ses assauts contre John McCain est déjà connu : sur l'Irak, l'économie, la fiscalité ou l'assurance-maladie, le candidat républicain offre «un troisième mandat de Bush.» En riposte, le sénateur de l'Arizona raille l'inexpérience de son collègue de l'Illinois, surtout en politique étrangère.
Obama voit déjà une partie de son plan dictée par l'adversaire : il devrait accepter une série de débats publics sans modérateur, comme ceux qui avaient opposé en 1858 Stephen Douglas à Abraham Lincoln, son héros politique. Il prévoit également de se rendre en Irak durant l'été pour aborder de front la question de la guerre, à laquelle il a promis de mettre fin en rapatriant la quasi-totalité des troupes de combat durant les seize premiers mois de son mandat. Sa dernière visite sur place remonte à 2006, une lacune critiquée par McCain, qui a même proposé de l'accompagner pour «l'éduquer» sur le terrain. Le candidat démocrate pourrait en profiter pour faire escale à Jérusalem : ses conseillers estiment qu'une visite au mémorial de l'Holocauste à Yad Vashem contribuerait à le réconcilier avec la communauté juive américaine, inquiète de ses prises de positions en faveur d'un dialogue avec l'Iran.
Mais l'objectif principal de la «Team Obama» est de disputer le plus de terrain possible aux républicains le 4 novembre. «Pour la première fois en une génération, nous aurons des représentants dans chacun des 50 États», annonce David Plouffe, faisant sienne la stratégie lancée en 2005 par le président du parti, Howard Dean. Les démocrates espèrent accrocher à leur tableau de chasse la Floride, le Michigan, le Missouri, l'Ohio et la Pennsylvanie, où des équipes sont déjà en place. Une partie cruciale de l'affrontement se jouera aussi dans l'Ouest, où l'Arizona, le Nouveau-Mexique, le Nevada, le Colorado et l'Utah pourraient basculer en novembre.
Le candidat a commencé à mettre l'accent sur l'économie, dont il veut faire le thème dominant de la campagne. Il projette d'effectuer une tournée «biographique» pour mieux se faire connaître de l'Amérique profonde. Il lui faut notamment séduire la classe ouvrière blanche, les catholiques et les immigrés latino-américains, qui ont soutenu en masse Hillary Clinton. Le choix judicieux d'un colistier, proche de la sénatrice ou de son électorat, pourrait l'y aider : «Le vainqueur a besoin du vaincu», rappelle Jesse Jackson.
L'équipe d'Obama a aussi commencé à s'étoffer en tendant la main à des proches de Clinton. Patti Solis Doyle, ex-directrice de sa campagne, a été contactée par David Axelrod. Les organisations de collecte de fonds devraient fusionner. Et Madeleine Albright, l'ancienne secrétaire d'État, serait considérée comme une recrue de choix parmi les conseillers diplomatiques.
Le Monde
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massinissa75 Banni Définitivement
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Sujet: Re: USA Vote 2008 Dim 15 Juin - 4:23
massinissa75 a écrit:
j'espere que les grands electeurs mettront bienot un terme aux pitreries de cette girouette
face a mccain elle sera battue, il n'y a qu'obama pour gagner
bien que j'aurais preferé un republicain non sioniste comme ron paul...
tout ce cinema des clinton et la toute puissante aipac commence à bien faire, les affaires de l'etat ne sont pas les affaires de familles
ça devrait etre interdit de placer le fiston ou l'epouse
c'est vraiment inimaginabe en algerie des situations aussi scandaleuses
j'avais raison de me mefier de ce obama
les democrates sont toujours du coté israelien, les republicains s'y sont mis aussi, certes
mais quitte à devoir composer avec une administration americaine, autant avoir à faire aux republicains _________________ mieux vaut etre un lion en afrique, qu'un lapin en europe
vive l'union africaine !
T800 Amid (عميد)
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les Republicains ont un mérite ( et ouais) celui de la franchise. Rassurez vous ils ont aussi des defauts mais la liste est trop longue pour la citer _________________ Médailles du Forum :
Algérie : un Algérien bien placé pour figurer dans le staff de campagne de Barak Obama
Par samir allam le 15/06/2008 à 15:51 Nasser Zammit, d’origine algérienne, est bien placé pour figurer dans le staff officiel de la campagne électorale du candidat démocrate aux élections présidentielles américaines Barak Obama, a appris toutsurlalgerie.com auprès de sources diplomatiques. Cet intellectuel, spécialiste des relations internationales conseille déjà depuis quelques mois M. Obama dans le cadre des primaires du Parti Démocrate que le candidat Obama a remporté face à Hillary Clinton. Il lui a fourni de nombreuses contributions sur les questions diplomatiques, notamment sur les relations avec le monde arabe et musulman. Le candidat aurait repris à son compte de nombreuses analyses de M. Zammit dans ses discours durant la campagne des primaires démocrates.
Interrogé par toutsurlalgerie.com, Nasser Zammit n’a pas souhaité confirmé l’information. « En l'état actuel d'avancement de la campagne du sénateur Barack Obama, il ne m'est pas possible de vous confirmer cette information non officielle ou tout autres que vous pourriez souhaiter connaitre dés à présent.je vous propose donc de me recontacter à partir du mois d'aout 2008 après la Convention Démocrate de Denver » aux Etats Unis, a-t-il indiqué.
Docteur en Relations Internationales et Diplomatie, diplômé d'un Master en Etudes Stratégiques et Politiques de Défense et ancien pilote de ligne, Nasser Zammit exerce actuellement comme conseiller et consultant international. Il est également l’auteur de plusieurs romans, dont « un été à Alger ». M. Zammit vit actuellement entre Paris et Dubaia, aux Emirats Arabes Unis. Il effectue régulièrement des voyages aux Etats-Unis. Discret, il peu connu dans les milieux communautaires algériens en France.
Michelle Obama et Barack Obama, dans le Minesota, le 3 juin, fêtent l'investiture du candidat. (photo Reuters)
La brillante épouse du candidat démocrate joue un rôle capital dans la campagne. Franche et directe, elle apporte à son mari le pragmatisme qui lui manque parfois et séduit l’électorat noir américain par ses origines modestes.
Au tout début de la campagne des primaires, la presse américaine s’est interrogée sur les chewing-gums que Barack Obama mastiquait invariablement entre ses discours. Très vite, il a dû préciser que «c’était à cause de [sa] femme, Michelle». Cette dernière avait en effet posé comme condition à la course présidentielle de son mari qu’il arrête de fumer. Et, comme d’habitude, il l’avait écoutée. Pendant longtemps, Michelle Obama, brillante avocate de 44 ans, a eu de sérieuses réserves quant à la décision du sénateur de l’Illinois de s’engager sur la voie de la Maison Blanche. Elle a demandé à ses collaborateurs d’établir des pronostics sur ses chances de remporter la nomination démocrate face à Hillary Clinton ; elle s’est interrogée sur les conséquences de cette candidature sur leur vie de famille (le couple a deux filles). Avant de finalement dire «oui». Depuis, Michelle est reconnue comme une pièce essentielle de la campagne de son époux.
Le beurre et les chaussettes
Mme Obama née Robinson a d’abord hésité à s’investir publiquement pour lui prêter main forte, aujourd’hui, elle enchaîne meeting sur meeting. Elle a multiplié les séances de photos avec Malia, 9 ans, et Sasha, 6 ans. Elle a imposé sa stature impressionnante (1,81 mètre) sur les podiums et sa voix rauque dans les émissions de télévision. Les magazines de mode ont salué l’allure chic et moderne de cette belle femme au cou souvent paré de grosses perles colorées. Michelle a développé un style aussi, à des kilomètres de celui de son mari. Quand celui-ci s’enflamme dans des envolées oratoires, elle garde les pieds sur terre et révèle les côtés moins reluisants du sénateur de l’Illinois. L’Amérique a ainsi appris que Barack Obama ne rangeait jamais le beurre dans le frigo, qu’il laissait traîner ses chaussettes dans la maison ou encore que ses filles refusaient de l’embrasser le matin «parce qu’il a mauvaise haleine». Un franc-parler qui a fait dire à la chroniqueuse du New York Times, Maureen Dowd, que cette image de forte femme un brin castratrice pouvait desservir le candidat démocrate. Dans son autobiographie, les Rêves de mon père, Barack Obama a cette boutade : «Michelle ne sait toujours pas ce qu’elle doit faire de moi. Elle craint que […] je ne sois qu’une sorte de doux rêveur.»
Une famille ordinaire
«Michelle est en fait capitale dans la stratégie du camp Obama», explique Victoria DeFrancesco Soto, professeur en sciences politiques à la Northwestern University de Chicago. «D’une part, elle humanise Obama et fait passer le message que leur famille est à l’image des autres familles américaines, même si ce n’est pas tout à fait vrai. Et puis, elle pèse énormément auprès de la communauté africaine américaine.» Si Barack Obama a toujours a refusé de réduire sa candidature à une «candidature raciale», il a en effet longtemps pâti d’un certain scepticisme des leaders noirs à son encontre. Plusieurs d’entre eux, évoquant ses origines métisses et son éducation privilégiée en Indonésie et à Hawaï, ont par exemple jugé qu’il ne connaissait rien de la misère des Noirs américains.
Partout dans le pays, Michelle a, elle, insisté sur son enfance modeste dans le South Side, le quartier le plus pauvre de Chicago, sur son père employé au service municipal des eaux qui subvenait, seul, aux besoins de sa femme et de leurs deux enfants. Elle raconte son histoire. Celle d’une petite fille qui se levait à l’aube pour faire ses devoirs dans un petit appartement. Elle évoque beaucoup ce père atteint de sclérose en plaques, et fait souvent pleurer les foules. «Comme tous les Américains, après une longue vie faite de travail et de sacrifice, il voulait juste être fier de lui. Etre fier de ce qu’il avait accompli, regarder derrière lui et prendre sa retraite avec respect et dignité.»
A travers ce père, Michelle parle des Noirs, de leurs problèmes, des inégalités qui persistent dans la société américaine. Elle s’indigne du «cynisme» de certains de ses compatriotes, «qui passent plus de temps à se plaindre qu’à essayer de faire bouger les choses». Et vante le «rêve de changement» de son époux : «C’est lui qui vous apporte la solution, c’est lui qui vous montre le futur que vous pouvez bâtir.» A un journaliste qui lui demandait un jour si elle ne dépeignait pas l’Amérique sous un jour un peu trop sombre pour les électeurs, elle a répondu sans ciller : «Qu’est-ce que vous voulez ? Que je vous fasse des sourires et que je vous dise que tout va bien juste pour vous faire plaisir ? Je pourrais faire la potiche et répéter ce que dit mon mari, mais à quoi bon ? Il le fait très bien. Tout ce que je sais, c’est que la vie est peu à peu devenue plus difficile dans ce pays pour beaucoup de gens. C’est plus pénible que quand j’étais une petite fille. Si vous me dites que c’est facile, alors prouvez-le moi !»
Dans ses discours, Michelle Obama répète à l’infini que c’est «grâce à sa volonté et à sa seule volonté» qu’elle a pu être admise à la prestigieuse université de Princeton, avant d’aller apprendre le droit à Harvard. A Princeton, elle n’a pas mis longtemps à faire parler sa personnalité, s’en prenant par exemple aux professeurs pour leur expliquer qu’ils n’enseignaient pas le français correctement. Alors que sa connaissance de la langue se résume à trois ans dans le secondaire. Après Harvard, elle revient à Chicago pour entrer dans une firme d’avocats. C’est là qu’elle rencontre le futur sénateur de l’Illinois, alors jeune stagiaire.
L’épouse du candidat démocrate aime à dire qu’elle a longtemps résisté à son charme, avant de céder un soir quand il l’a emmenée au cinéma. Il venait de la fasciner avec l’une de ses tirades dépeignant déjà «le monde tel qu’il devrait être». Après leur mariage en 1992, elle travaille un temps à la mairie de Chicago, avant de devenir l’une des vice-présidentes de l’hôpital universitaire de la ville. Un salaire de 250 000 dollars par an (14 000 euros par mois) et des connexions avec tous ceux qui comptent à Chicago. C’est elle qui apporte son carnet d’adresses à un Barack Obama encore incertain sur sa carrière. Elle lui fait rencontrer toutes les pointures du Parti démocrate local, et ils commencent ensemble à bâtir un tissu de relations qui sera au centre de la campagne présidentielle.
Michelle Obama n’est pas à l’abri d’une bourde. Durant les primaires, elle déclare par exemple que «pour la première fois, dans [sa] vie d’adulte, [elle] est fière de son pays», grâce à la candidature de son mari. Aussitôt, les conservateurs de tous bords attaquent son manque de «patriotisme». Sur YouTube, le Parti républicain du Tennessee place une vidéo qui la montre répétant la phrase à l’infini. La presse de droite a également essayé de la piéger sur la relation que le couple entretient avec son pasteur noir, le très controversé Jeremiah Wright pour qui l’Amérique n’a eu que ce qu’elle méritait le 11 septembre 2001. Alors que Barack a dû couper les ponts avec lui, Michelle, sous le feu des questions, s’est contentée de souligner «qu’elle n’était pas toujours d’accord [avec le pasteur Wright]», mais n’était pas prête à «renier» son église.
«T’as pas intérêt à merder !»
«Sans Michelle, il n’y a tout simplement pas de Barack Obama», assure Dwight Hopkins, professeur de théologie à l’université de Chicago et ami de la famille. «Elle est la seule qui puisse le remettre à sa place quand il se montre trop ambitieux ou trop sûr de lui. Elle est son rocher, comme il dit. Son point d’ancrage face à la folie politique qui l’entoure. Lui est un idéologue pragmatique. Elle est une pragmatique tout court, qui dit toujours ce qu’elle pense.» Avant le fameux discours d’Obama à la convention démocrate de 2004, qui l’a indéniablement mis sur orbite pour la Maison Blanche, c’est Michelle qui aurait tiré son mari par la manche. Pour le prévenir avant qu’il ne monte sur scène : «T’as pas intérêt à merder, mon petit gars !»
Si Barack est élu, Michelle, en tout cas, se voit bien en First Lady, dont elle dit que c’est un job à plein-temps. Reste un problème délicat pour le sénateur de l’Illinois : celui du rôle qu’il réserve à sa meilleure ennemie, Hillary Clinton. Barack Obama doit-il prendre la sénatrice de New York comme colistière à la vice-présidence ? Michelle n’a jamais caché qu’elle n’appréciait pas cette autre forte tête qu’est Hillary. Récemment, elle doutait même publiquement que ce soit une bonne idée. «Il faudrait réfléchir à tout ça, a-t-elle estimé sur la chaîne ABC. S’assurer qu’elle a la bonne politique, la bonne approche et le bon ton.»
Présidentielle US: Al Gore soutient la candidature de Barack Obama
WASHINGTON - L'ancien vice-président américain Al Gore, prix Nobel de la Paix, a annoncé lundi sur son site internet qu'il ferait "tout ce qu'il peut" pour faire élire le candidat démocrate à la présidentielle Barack Obama.
"Dans quelques heures je vais monter sur scène à Detroit, au Michigan (nord) pour annoncer mon soutien à Barack Obama", a annoncé M. Gore. "Entre maintenant et le jour de l'élection (le 4 novembre), j'entends faire tout ce que je peux pour faire en sorte qu'il soit élu président des Etats-Unis".
Adversaire malheureux de George W. Bush à la présidentielle de 2000, où il avait pourtant remporté le vote populaire, M. Gore, qui fut le vice-président de Bill Clinton (1993-2001), avait respecté une scrupuleuse neutralité durant les primaires du parti démocrate entre l'ancienne Première dame Hillary Clinton et Barack Obama.
Il était la personnalité la plus importante du parti démocrate à ne pas encore avoir annoncé son soutien à M. Obama, assuré depuis le 3 juin de décrocher l'investiture de son parti.
M. Gore a accompagné son annonce de soutien d'un appel à contribuer financièrement à la campagne de M. Obama.
"Dans les quatre ans à venir, nous allons devoir relever de nombreux défis difficiles - ramener nos troupes d'Irak, réparer l'économie, résoudre la crise climatique", fait valoir M. Gore. "Barack Obama est clairement le candidat le mieux capable de résoudre ce problème et apporter le changement en Amérique", ajoute-t-il.
Pour la présidentielle de 2004, M. Gore avait apporté son soutien à Howard Dean, alors le favori des primaires démocrates, quelques semaines avant qu'il annonce son retrait, laissant la voie libre à John Kerry.
Al Gore a partagé en 2007 le prix Nobel de la paix avec le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec) --un groupe de quelque 3.000 experts mandatés par l'ONU-- pour avoir contribué à sensibiliser l'opinion mondiale sur les effets potentiellement dramatiques du réchauffement de la planète.
Il a contribué à tirer la sonnette d'alarme avec le documentaire "Une vérité qui dérange", en 2006, qui l'accompagnait dans ses démarches écologistes.
Son colistier de 2000, Joseph Lieberman, est pour sa part un partisan enthousiaste du candidat républicain à la présidentielle John McCain.
Obama devancerait McCain dans trois Etats cruciaux pour la présidentielle
WASHINGTON - Pour la première fois, le candidat démocrate à la présidentielle américaine Barack Obama devance son rival républicain John McCain dans trois Etats cruciaux pour emporter l'élection de novembre, selon un nouveau sondage publié mercredi.
M. Obama devance M. McCain en Pennsylvanie (52% contre 40%), dans l'Ohio (48% à 42%) et en Floride (47% à 43%), selon le sondage de l'Université de Quinnipiac. Ces trois Etats sont cruciaux pour la victoire en novembre de l'un ou l'autre candidat.
Le sondage réalisé par l'université de Quinnipiac révèle aussi que les électeurs indépendants s'opposent à un "ticket" démocrate où Hillary Clinton, son ancienne adversaire démocrate, serait vice-présidente.
Au plan national, M. Obama remporte 47% des intentions de vote contre 42% pour M. McCain, selon un autre sondage publié par Zogby, avec une avance de 22 points pour le sénateur de l'Illinois parmi les électeurs indépendants.
Dans ces trois Etats qui peuvent basculer (Pennsylvanie, Ohio, Floride), M. Obama l'emporte sur M. McCain auprès des électrices, avec de 10% à 23% d'avance, mais parmi les électeurs masculins, les deux adversaires obtiennent des résultats trop proches pour être exploités, explique un responsable de l'institut de sondage de l'université, Peter Brown.
"Finalement, la sortie de la course de la sénatrice a dopé (la candidature du) sénateur Barack Obama," relève-t-il.
Mme Clinton avait battu M. Obama dans les primaires démocrates organisées dans ces trois Etats. Hillary Clinton devançait son rival parmi les électeurs de la classe ouvrière dans l'Ohio et en Pennsylvanie.
"Le sénateur Obama n'est certainement pas sorti d'affaire mais ces résultats indiquent qu'il aborde l'été légèrement en tête dans la course" à la Maison Blanche, souligne M. Brown.
Le sondage de Quinnipiac montre que si la plupart des démocrates soutiennent un "ticket" Obama-Clinton, les électeurs indépendants des trois Etats sont opposés la candidature de l'ex-Première dame comme vice-présidente.
"Si le sénateur Obama envisage sérieusement de prendre la sénatrice Clinton comme co-équipière, ces résultats pourraient lui faire reconsidérer" cette option, ajoute-t-il.
Le sondage révèle aussi qu'un électeur sur cinq considère l'âge du sénateur McCain comme un obstacle. Le candidat républicain, qui aura 72 ans en janvier, serait le plus vieux président jamais élu pour un premier mandat.
"Mais, d'une façon surprenante, ils ne considèrent pas du tout la race de M. Obama comme un facteur (important), ce qui signifie que les Américains sont moins concenés par le facteur racial ou qu'ils ne veulent pas admettre que cela soit un problème" en répondant au sondage, remarque M. Brown.
L'économie est le sujet de préoccupation principal dans chacun des trois Etats. C'est en Floride, par ailleurs, que le président George W. Bush obtient le plus d'opinions favorables (27%).
M. Obama recueille les voix de 13% des électeurs de M. Bush en 2004 en Floride et dans l'Ohio et de 19% d'entre elles en Pennsylvanie. M. McCain s'octroie 24% des voix de Mme Clinton en Pennsylvanie et environ le même pourcentage dans l'Ohio et en Floride, selon le sondage de Quinnipiac.
Quand un conseiller de McCain dérape sur le terrorisme
John McCain à Ottawa au canada, le 20 juin. (Reuters).
Selon Charlie Black, un attentat «serait un gros avantage» pour le candidat républicain à la Maison Blanche. Le camp Obama a aussitôt dénoncé une stratégie «de la peur».
«Ce qu’il nous faudrait, c’est un bon attentat.» C’est en substance ce qu’a déclaré lundi au magazine Fortune le stratège de campagne de John McCain, Charlie Black. Selon cet ancien lobbyiste, une attaque terroriste aux Etats-Unis «serait un gros avantage» pour le candidat républicain. Malgré ses rapides excuses et un désaveu de McCain lui-même, l’équipe d’Obama a naturellement rebondi sur ces propos qui illustrent selon elle «la politique de la peur» des républicains.
Pour Richard Ben-Veniste, collaborateur du sénateur de l’Illinois, Charlie Black a livré un «aperçu très décevant de la pensée» qui sous-tend la campagne du camp McCain. Il n’a pas été jusqu’à appeler à sa démission mais selon lui, les républicains exploitent la menace du terrorisme «à des fins politiques», comme Bush l’avait fait lors de la campagne de 2004.
Or, selon Barack Obama, l’approche «Bush/McCain» a rendu l’Amérique «moins sûre», avec un berceau de l’extrémisme en Irak, le leader d’Al-Qaeda Oussama Ben Laden toujours en fuite et les talibans qui connaissent un nouvel essor en Afghanistan.
Le gouverneur du Minnesota Tim Pawlenty, désigné par la presse comme le favori pour la vice-présidence du camp républicain, a essayé pour sa part de minimiser sur Fox News les propos de Charlie Black. «Je pense que Charlie essayait sans doute de refléter le fait que John McCain est perçu comme ayant une légitimité plus grande que Barack Obama en matière de sécurité nationale et pour les questions internationales, mais il a admis que sa déclaration était maladroite». Tout comme cette tentative de justification, un rien faiblarde.
En 2004, George W. Bush avait joué à plein la carte de la sécurité nationale, accusant notamment son adversaire démocrate John Kerry de faiblesse sur la question. Mais loin devant le terrorisme, c’est désormais la situation économique qui préoccupe le plus les électeurs américains. Si McCain domine sur le terrorisme et la sécurité nationale dans les sondages, Barack Obama est crédité d’une large avance sur ce thème.
Globalement, le candidat démocrate enregistre une avance de 12 points sur son rival républicain selon un sondage publié mardi par le Los Angeles Times. L’enquête crédite Obama de 49% des voix contre 37% pour John McCain et en incluant le défenseur des consommateurs Ralph Nader ou le libertarien Bob Barr, qui ont annoncé être candidats, le sénateur de l’Illinois accroît même son avantage avec 48% des voix contre 33% pour son rival.
Liberation
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VIVE L'ALGERIE VIVE L'ANP VIVE LA REPUBLIQUE
T800 Amid (عميد)
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Moi personellement je soutien Mc cain...c'est une homme courageux... _________________ Médailles du Forum :
Laigle Modérateur (لوائ)
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Sujet: Re: USA Vote 2008 Mer 25 Juin - 11:50
T800 a écrit:
on devient Maso a la CIA ?
Maoschiste? Non, c'est jamais eux qui prennent les coups.
Ce sont ceux qui servent de chair à canon à leurs projets, qui prennent les coups et qui morflent en jurant que la prochaine fois, on ne leur fera pas avaler de mensonges .....mais c'est toujorus le même refrain. "Ok, c'est vrai pour hier, mais aujourd'hui, c'est plus possible" tu parles...j'ai jamais vu des gars aussi faciles à manipuler que les américians. D'ailleurs, il y'a plus interet à manipuler des citoyens d'une puissance forte que ceux d'un pays faible,c'est logique. De même , la situation économique et la structure permettant d'arriver à cette utilité font que cela agit dans la perception des gens : ce qui donne que paradoxalement, ils ont les meilleurs universités, les plus grands savoirs ( à ne pas confondre avec intelligence), une énorme diversité , le plus grand réseau "d'information" au monde et pourtant, ce sont les plus faciles à balader. Barack Obama, Mc Cain ou Tartanpion, quiconque franchi le cap pour devenir un candidat sérieux c'est qu'il a recu le feu vert des décideurs US. J'aurai souhaité Ron Paul ou Kuccinih, mais bon, les médias ont volontairement mis sous le feu des projecteurs 2 enfants de la star academy, pardon, de l'american idol : Obama et Hillary, en jouant sur "il ets noir" et "elle est une femme". Rien à fiche que ce soit un noir, un asiatique, ou un indien cherokee. C'est comme ca qu'on endort les gens. Dans un autre pays, on a fait la star ac entre Nicolas et Ségolène... On abruti les gens , on leur sert des histoires, alors que les gars obéissent aux m^mes puissances idéologiques qui organisent le spectacle. Là, que ce soit Mc Cain ou Obama, ca va etre la même chose.
J'ose dire que cela va etre pire avec Obama. Parce qu'il va faire passer les choses de façon pernbicieuse. Mc Cain sera surveillé, on dégainera plus facilement" c'est un fou". Avec Obama, non? C'est le Delanoé, le Canal sioniste US, tout en vice et en sourrire, "sympathique", "cool" pour mieux servir les mêmes pourris. _________________ Médailles du Forum :