Salam,
Le Pakistan et la Turquie, un exemple pour le marché de l'armement au Moyen-orient.
Un bon début pour l'exportation des industries militaires au Moyen-Orient.
Il n'est pas fréquent que des pays du Moyen-Orient se fournissent en armes ou systèmes fabriqués par un autre pays de la région. C'est à ce titre que ces transactions sont intéressantes. En effet, si la tendance des industries de défense émergentes de ces pays, est à l'exportation, les réussites sont encore rares et anecdotiques.
De nombreux pays tentent de promouvoir la vente de leurs industries dans la région, le meilleur indice de cette volonté est la participation régulière aux divers salons de l'armement, surtout ceux qui ont lieu dans les pays du Golf et les Emirats en particulier.
Outre la Turquie et le Pakistan, il y a la Jordanie qui cherche à s'affirmer dans le domaine de la transformation et revalorisation des blindés et elle a déjà fourni beaucoup d'efforts dans la conception et études de projets. Il y a également l'Egypte qui aimerait toujours acquérir plus d'autonomie, mais qui n'a pas l'air d'investir plus de moyens dans ce but dernièrement, mais le Caire est déjà bien présent sur le marché africain et fournit à divers clients des armes de facture nationale. Il ne faut pas oublier non plus l'Iran, qui produit un large éventail de types d'armes et systèmes pour les besoins intérieurs, mais qui est très disposé à les exporter, comme l'a déclaré très ouvertement Téhéran. En plus ce dernier a armé divers mouvements et organisations avec sa production et a livré à la Syrie , des armes et des missiles made in Iran.

Ce qui freine cette ambition d'exporter son armement à l'étranger, est la méfiance préconçue quant à la qualité de ces produits. Ces clichés devraient pourtant être démodés, car non seulement, ces nouveaux industriels appliquent les mêmes normes d'exigence que les pays occidentaux et visent des qualifications internationales, mais en plus, la fiabilité de certaines de ces armes a été prouvé sur des théâtres d'opération.

Un autre facteur, le plus important, est la méfiance classique de l'ingérence du pays fournisseur. Aucun pays au Moyen-Orient, aimerait se voir dépendant d'un pays voisin, et encore moins dans un domaine aussi stratégique que l'approvisionnement en armes. Mais là aussi, cette méfiance est peut être mal calculée, car ce sont bien les fournisseurs habituels, européens et américains qui soumettent le plus, leurs livraisons à des conditions politiques.



La récente annonce de la marine pakistanaise, qui a signalé avoir commandé des corvettes à un fabriquant turque a quelque chose d'inhabitue.l Il est vrai que le Pakistan et la Turquie ne sont pas vraiment voisins et qu'aucun litige ne les sépare et qu'au contraire ils ont beaucoup de points communs tel que :
-la confession sunnite, majoritaire dans les deux pays ce qui exclue une animosité religieuse, ce qui est courant dans cette partie du monde.
-Dans les deux pays l'armée joue un rôle influent dans la vie politique.
-Les deux pays cherchent à s'affirmer comme puissance régionale et aiment se sentir incontournables, lors des médiations ou les pourparlers et les deux sont en bonne relation avec Washington?
-La Turquie n'a pas innové, car c'est bien le Pakistan qui a en premier, réussi à exporter son materiel militaire. Telle la vente énorme à l'echelle pakistanaise, de 300 chars de combat Al-Khalid à l'Arabie Saoudite. Même si la relation entre ces deux derniers est d'un ordre spéciale et très solide car les deux états sont liés par un traité d'assistance mutuelle. A l'époque, Les saoudiens avaient payé d'avance leur commande, pour aider les pakistanais dans les frais de développement. Certaines sources affirment même que Ryad a même financer en partie, le projet nucléaire pakistanais et que l'aboutissement devait servir les deux gouvernements.
Sait on jamais, peut qu'un jour Islamabad vendra son chasseur léger JF-17 ou ses jets d'entrainement à d'autres armées intéressées. Ou peut ètre que des pays du Golf achèteront turque.

Il est clair que les deux pays se retrouvent en concurence pour séduire les clients de la région, alors on peut s'étonner de savoir qu'Islamabad envisage d'acheter pour sa marine, 8 patrouilleurs d'attaque, dont elle a déjà commandé 2 exemplaires, à la firme turque Onuk Yunka.

Sachant que les chantiers navals pakistanais peuvent produire ce genre de matériel et vu que des efforts colossaux ont été consentis pour que l'Etat développe sa propre industrie militaire, on peut se demander s'il n'existent d'autres raisons à ce choix !
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