Le général major Boustila inspectera les GGF
Dispositif sécuritaire musclé aux frontières ouest
Source : Liberté
L’ANP, après le Sud, s’attaque à la sécurisation de cette zone, qui traîne une réputation négative en raison de la contrebande avec le Maroc et de son caractère de foyer d’immigration clandestine.
Le général-major Boustila, commandant en chef de la Gendarmerie nationale, procédera à l’installation du colonel Menad Nouba au poste de commandant régional de la gendarmerie d’Oran au courant de cette semaine. Cette cérémonie sera suivie d’une visite d’inspection qu’effectuera le général-major au niveau des frontières ouest du pays. Le choix du futur commandant régional d’Oran est dicté, nous dit-on, par l’expérience de l’homme à la tête de Tamanrasset, une région frontalière qu’il a commandée pendant trois ans, mais également par sa connaissance de la région ouest du pays dont il est originaire.
Ainsi, et après le Sud, le général-major s’attaque aux frontières ouest du pays désignées depuis longtemps d’un doigt accusateur. Une zone à risque où chaque fait prend, parfois, des proportions incontrôlables. Réputée, à tort ou à raison, comme une ligne de démarcation perméable, la bande frontalière a toujours vécu sous les feux de l’actualité passant du fait divers avec les innombrables formes de trafic qu’elle engendre jusqu’à faire l’événement. Le début de cet été a coïncidé avec une vague d’émeutes qui a secoué Maghnia et plongé la ville dans une spirale de violence qui a débouché sur l’arrestation d’une quarantaine d’émeutiers. Le procès avait, rappelons-le, envoyé la majorité des prévenus derrière les barreaux pour des peines de prison ferme. Une première dans ce genre d’affaires et le verdict avait été qualifié alors de préventif du fait de la sensibilité de la région et sa proximité avec le voisin chérifien. La fermeture des frontières ne semble pas avoir découragé les barons de la contrebande qui se sont spécialisés, chacun, dans un trafic ciblé. La drogue continue toujours à entrer sur le territoire inondant le marché local et faisant de l’Algérie un chemin de transit vers l’Europe. L’alcool est dévolu à une autre branche de trafiquants alors que le carburant local se déverse continuellement sur le territoire de Sa Majesté provoquant une réelle saignée du produit.
Ce trafic du carburant avait été l’élément déclencheur des violences urbaines enregistrées à Maghnia. Et pratiquement toutes les denrées alimentaires commercialisées sont allègrement acheminées vers les villes marocaines alors qu’un sucre douteux et non contrôlé est vendu au su de tout le monde sur les étals maghnaouis. Si à première vue, la diversité des trafics fait penser à un semblant d’indépendance des tenants de la contrebande, il s’avère, selon les connaisseurs du dossier, qu’il existe une connexion plus que probable entre la maffia de la contrebande des deux côtés de la frontière. L’autre fléau frontalier réside dans l’impossibilité de juguler le nombre d’immigrants africains refoulés du Maroc et qui se retrouvent à errer du côté des villes frontalières.
Les Maghnaouis, las par l’étiquette de trafiquant qui leur colle à la peau, ont vite fait de crier leur ras-le-bol et de dire tout haut, par le biais d’une société civile qui essaie de ne pas disparaître, leur distance avec ce qui se passe dans leur ville. Une cité qui a fini par se confondre, avec le temps et les évènements, avec tous les hors-la-loi qui écumant la frontière.
Cette visite sera certainement l’occasion de recadrer le travail des gardes-frontières et de resserrer le contrôle au niveau des frontières terrestres dans l’optique d’une réouverture prochaine des frontières.
Un verrouillage et un resserrement dans les mailles du filet pour corriger ce qui a lieu de l’être et s’éviter ainsi de mauvaises nouvelles. Cette hypothèse est dictée par la relative embellie des relations entre Alger et Rabat et le souci du président Bouteflika de ramener un peu plus de sérénité dans le traitement des dossiers en suspens entre les deux capitales.