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 Documentation sur l'histoire de l'Algérie

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cesam
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MessageSujet: Re: Documentation sur l'histoire de l'Algérie   Ven 10 Juil - 16:51

QUELQUES PHOTOS LIEES A LA DECLARATION DU GPRA





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cesam
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MessageSujet: Re: Documentation sur l'histoire de l'Algérie   Dim 12 Juil - 21:15

GUERRE D'ALGERIE : Chronologie des événements de 1830 à 1962 - EL MOUDHAHID -

Citation:


- 05 juillet 1830 : Prise d'Alger et conquête de l'Algérie par la France.
- 1835-1872 : Insurrection de Mokrani
- 1900 : Naissance du Mouvement «Jeune Algérien» droits et devoirs pour les Algériens. Ce mouvement activera jusqu'à 1830. Conjoncture oblige.
- 1914 : Incorporation des Algériens dans le corps militaire français. C'était la Première Guerre mondiale (1914/1918). Incorporation de 173.000 militaires (engagés et autres).
- 1916 : Troubles et insurrection dans les Aurès.
- 1920 : Appel vers l'école française sur décret datant de 1883 et 1892.
- 1920-1922 : Accords pour le rétablissement des lois sur l'indigénat.
- 1926 : Fondation de l'ENA (Etoile nord-africaine), à Paris, Messali El-Hadj était son leader.
- 1927 : Fondation de la Fédération des élus indigènes. (Ferhat Abbas et Ben Djelloul).
- 1930 : Un siècle d'occupation
- 1931 : Fondation de l'Association des ulémas musulmans (réformistes). Ben Badis était le leader de cette Association.
- 1936 : Premier congrès musulman à Alger.
- 1937 : Naissance du Parti du peuple algérien (PPA). Le PPA remplace désormais l'ENA.
- 1939 : Seconde Guerre mondiale.
Appel à l'incorporation des Algériens dans l'armée française.
- «Manifeste du peuple algérien» par Ferhat Abbas. Le 14 mars 1944, naissance de l'Association des Amis du manifeste et de la liberté.
- 08 Mai 1945 : Manifestations à Sétif, Guelma et Kherrata.
Répression brutale. Plus de 45.000 morts. C'était le premier crime contre l'humanité. Un crime signé par l'Etat français.
- 1946 : Union démocratique du Manifeste algérien (UDMA). Ferhat Abbas était son président.
- 1947 : Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) succédant au PPA.
- 1948 : Au Caire, création du Comité de libération du Maghreb.
Pendant la même année, on découvre l'Os (Organisation Spéciale). Ses principaux cadres clandestins étaient : Ben Bella, Aït Ahmed, Boudiaf et Boussouf. Ces derniers préparaient une insurrection armée.
- 1949 : Crise berbériste, appelée par certains «crise anti-berbériste».
- 1950 : Démantèlement de l'OS.
Celle-ci se reconstituera plus tard.
- 1953 : Création du Comité révolutionnaire d'unité et d'action (CRUA).
Mise sur pied d'une Armée dite de Libération nationale (ALN) et d'un plan d'action.
- Le 31 octobre 1953 : Veille du déclenchement de la Guerre de Libération.
- Le 1er Novembre 1954 : Déclenchement de la Guerre de Libération au nom du Front de Libération Nationale (FLN).
- 20 août 1955 : Un événement décisif dans le processus de libération. La wilaya du Nord-Constantinois déclenchait une attaque sur 36 centres de colons.
- Août 1956 : Congres,-du FLN, dit Congrès de la, Soummam (Kabylie).
Puis formation du Conseil national de la révolution algérienne (CNRA).
Grève illimitée des étudiants le 19 mai 1956.
1957 : Amplification des affrontements. Exécution de Ben M'hidi.
- 1958 : Bombardement du village Sakiet Sidi Youcef en Tunisie.
De là, tentative d'internationalisation du problème algérien.
- 1961 : Apparition de l'OAS (Organisation armée secrète).
- 17 octobre 1961 : La communauté algérienne émigrée en France manifeste son engagement dans la lutte de Libération nationale. De grandes manifestations eurent lieu suivies d'une sanglante répression.
C'était le deuxième crime contre l'humanité signé par la France.
- 18 mars 1962 : Conférence d'Evian qui aboutit à la signature desdits accords d'Evian.
- 3 juillet 1962 : Proclamation de l'Indépendance.
- Le 05 juillet 1962 : Fête officielle.
L'Algérie est indépendante.
- 20 septembre 1962 : Election
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MessageSujet: Re: Documentation sur l'histoire de l'Algérie   Sam 25 Juil - 21:11

merci scorpion-rouge 35 en dirais je suis au musée vous fait beaucoup d'effort que dieu sois avec toi
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MessageSujet: Re: Documentation sur l'histoire de l'Algérie   Sam 25 Juil - 22:24

merci bien Wink

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MessageSujet: Re: Documentation sur l'histoire de l'Algérie   Sam 1 Aoû - 17:13

LES DÉLIRES DE BÉJI CAÏD ESSEBSI, ANCIEN MINISTRE TUNISIEN

L’Algérie, ou comment s’en débarrasser - 01 Aout 2009


Citation:

Le territoire connu aujourd’hui sous le nom de «Algérie» a-t-il jamais existé? C’est la question que l’on se pose, à écouter ou lire les propos ou les écrits de responsables politiques et/ou historiens de nos voisins de l’Est et de l’Ouest.

C’est le cas de le dire face aux appétits insatiables de voisins qui n’ont jamais pu s’accommoder d’un pays qui, réellement, dérange tant par une histoire spécifique, multiséculaire, par sa farouche résistance face aux avatars de l’histoire que des multiples occupations qui, en fait, ont façonné la géographie et l’histoire de l’Algérie au long des siècles.

Une Algérie dont les frontières ont à peine été modifiées par une présence étrangère qui s’est étalée sur des dizaines de siècles que l’on veut, ou l’on tente de réduire à un couloir entre les prétendus «mastodontes» marocain et tunisien. L’Algérie sans passé historique? Voilà une contrevérité qui, curieusement, persiste car, il faut bien l’admettre, ses dirigeants eux-mêmes semblaient avoir accrédité ce fait en faisant remonter l’existence de l’Etat algérien à l’Emir Abdelkader.

Lire tout l'article ::
http://www.lexpressiondz.com/article/8/2009-08-01/66149.html

Les propos tendancieux de Béji ont été publiés dans ses mémoires «Habib Bourguiba: le bon grain et l'ivraie».

Franchement, c'est honteux de la part d'un homme politique (Ancien ministre tunisien de l'Intérieur, de la Défense et des Affaires étrangères, et ancien président de la Chambre des députés).

Enfin, ses propos n'engagent que lui et n'ont rien à voir avec le peuple frère Tunisien.
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MessageSujet: Re: Documentation sur l'histoire de l'Algérie   Sam 1 Aoû - 17:58

a) en fait, il existe un document datant du XVII (17) ième siècle aux archives en Turquie attestant de la réalité juridique et territorial de l'Algérie.
les Historiens parlent de ce document qui est aux archives en Turquie, période ottomane oblige.

b) techniquement, l'Emir AbdelKader a bien constitué un Etat, monnaie, justice, territoire, institution, .... il n'y a aucun doute !

c) ce débat sur l'existence des Etats est tendencieux, les Etats-Nations n'existent que depuis peu, c'est très récent dans l'histoire. c'est un concept qui ne date que de 2 ou 3 siècles si je ne me trompe pas (à vérifier), donc, il est ridicule de tenir les propos sur une identité étatique pour quel que pays que ce soit dans l'histoire de cette façon.

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MessageSujet: Re: Documentation sur l'histoire de l'Algérie   Sam 1 Aoû - 20:30

Tout à fait d'accord avec Numidia, si tu regardes les 150 états de l'Onu, c'est vérifiable.
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MessageSujet: Re: Documentation sur l'histoire de l'Algérie   Sam 3 Oct - 18:50

draganov a écrit:

Chief of the SA Navy Hosts Chief of the Algerian Navy.

Nelson Mandela en 1962 durant son séjour en Algérie pour une formation militaire

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MessageSujet: Re: Documentation sur l'histoire de l'Algérie   Sam 3 Oct - 20:07


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MessageSujet: Re: Documentation sur l'histoire de l'Algérie   Lun 26 Oct - 15:55

Citation:
FERHAT ABBAS, Premier Président du GPRA
23 septembre, 2008 Posté dans Hommage

Témoignage d’Abdelhamid Mehri, ancien ministre du GPRA




Ferhat Abbas représentait pour moi et pour des générations de militants PPA le porte-parole d’une école politique que nous avons combattu. Ferhat Abbas prônait, avant la deuxième guerre mondiale, l’assimilation comme moyen pour les algériens, soumis aux obligations de leur statut de français, d’en acquérir les droits.

A la fin de la guerre, les positions de Ferhat Abbas ont évolué vers des positions plus proches de la revendication de l’indépendance. Les dialogues menés avec lui par le Dr Lamine Debbaghine et le Dr Chawki Mostefai, dirigeants du PPA, y avaient grandement contribué. Et ce fut le Manifeste du peuple algérien, puis les Amis du Manifeste et de la Liberté (AML). Immense mouvement d’union populaire qui a marqué la lutte politique du peuple algérien contre le régime colonial.



La tragédie du 8 mai 1945 et la dissolution des AML ont provoqué la dislocation de cette union, emmené Ferhat Abbas à créer l’Union Démocratique du Manifeste Algérien (UDMA) et s’inscrire dans la vision du Général De Gaulle qui voulait transformer l’empire colonial français en union « librement consentie »: l’Union Française. Les députés UDMA proposaient, en conséquence, à l’Assemblée Nationale Française le projet d’une République Algérienne fédérée à cette Union.
Ce projet a été également combattu par notre génération et rejeté, en même temps, par le Gouvernement français.



Aujourd’hui, avec le recul, je demeure convaincu que le combat contre la politique prônée par Ferhat Abbas, pour la solution du problème algérien, devait être mené. Et il est heureux qu’il l’ait été.
Le Premier Novembre a éloigné ce passé avec ses clivages politiques. Mais c’est l’homme de ce passé qui est accueilli, au sein du FLN, par les hommes qui l’avaient combattu. Tous les dirigeants de première ligne de la révolution étaient, en effet, issus du PPA, son principal adversaire politique. L’événement n’était pas anodin et les contacts au début étaient un peu laborieux et prudents. Les retenues et les réserves étaient, peut-être, de la même nature des deux cotés. L’adhésion de Ferhat Abbas au FLN ne pouvait effacer d’un trait les traces d’un passé chargé de divergences politiques et idéologiques, mais aussi de préjugés et de séquelles de polémiques pas toujours heureuses.



Mais l’adhésion de Ferhat Abbas était sincère, honnête et réfléchie. Il a su s’adapter à un milieu politique très différent de son itinéraire et de son expérience politique. Il a fait des efforts méritoires pour s’intégrer à ce nouvel environnement, l’accompagner, le comprendre. Il a même aidé à maintenir et à consolider sa propre cohésion. Son apport au combat de la libération était considérable et son rôle au sein des organismes dirigeants de la Révolution (CCE et GPRA) très important.



Les contacts avec Ferhat Abbas ont commencé après l’installation de Abbane Ramdane à Alger.



Ce dernier me disait, en mai 1955, que ses contacts avec le leader de l’UDMA étaient encourageants et qu’il a été agréablement surpris par les dispositions de l’homme. Ces contacts entrepris par Abbane auprès des acteurs politiques, on l’a appris par la suite, préparaient le terrain à la tenue du Congrès de la Soummam qui a scellé l’union de toutes les familles du nationalisme algérien. Lors de ces assises, Ferhat Abbas et d’autres personnalités politiques d’horizons fort éloignés du PPA, ont fait leur entrée au Conseil National de la Révolution Algérienne (CNRA). Les décisions politiques et organisationnelles de la Soummam ont eu de grandes répercussions à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Mais cette ouverture politique provoqua des remous dans les sphères dirigeantes de la Révolution, notamment chez certains « historiques ».



Ces remous se transformèrent en crise aiguë, après la sortie du CCE et lors la première session du CNRA, réunie au Caire en août 1957.



Dans une première phase de cette crise, la contestation remettait en cause, simplement, tous les organismes dirigeants mis en place par le Congrès de la Soummam et son orientation générale. Mais un compromis, sauvant l’essentiel des décisions du Congrès, a pu être dégagé au prix d’efforts considérables de dialogue et de contact. Ferhat Abbas a pris une part importante à cet effort de conciliation.



Au point que les contestataires, qu’on appelait les militaires, ont surpris lorsque il s’est agit de la formation du Comité de Coordination et d’exécution (CCE). Car, au moment ou ces contestataires reprochaient à Dahleb et à Benkhedda leur tiédeur à l’égard du projet insurrectionnel et insistaient pour leur élimination du CCE, ils tenaient à ce que Ferhat Abbas y figure malgré les réserves de certains, dont je faisais partie, mais pour des raisons différentes.



Cela explique, en grande partie, que lors de la formation du GPRA, le nom de Ferhat Abbas était celui qui réalisait le consensus le plus large pour le présider.



Le CCE, puis le GPRA, présidé par Ferhat Abbas, connurent des phases difficiles et des crises internes. L'attitude de Ferhat Abbas, en ces moments là, a été toujours marquée par une volonté tenace de les résoudre, ou les atténuer, par le dialogue et la concertation.



Arrive la grande crise de l'été 1962. N'étant pas convaincu des motifs invoqués par les deux camps, j’ai vainement essayé de persuader Ferhat Abbas de rester en dehors de la mêlée pour continuer de jouer le même rôle. Je n'ai pas réussi à le convaincre. Il a choisis de prendre position avec le Bureau politique.



Il me confia ultérieurement, et il l'a répété à d'autres amis, qu'il a profondément regretté cette prise de position.





******Il m’est arrivé, quelques fois, d’accompagner le Président Ferhat Abbas lors de rencontres de chefs d'État. La trame de fond de toutes ces rencontres était évidemment la question algérienne. Mais certains gestes et paroles de l'Homme, sont restés en mémoire.


J’évoquerais trois moments significatifs à certains égards:
1. Rencontre avec le Président Jamal Abdennasser.

Si mes souvenirs sont exacts, c’était la première rencontre entre les deux hommes. Et il n’a pas était facile de l’organiser. Car l’image de Ferhat Abbas dans les fiches des services de renseignements égyptiens était, peut être, à l’origine de certaines réserves. Mais finalement la rencontre s’est déroulée dans une atmosphère sereine, emprunte de respect et de franchise, même si elle manquait de chaleur. En quittant les lieux où nous avons été reçus, Ferhat Abbas résumait ses impressions dans cette phrase: « C’est un grand homme, dommage qu'il traîne une bureaucratie millénaire!! »

2. Rencontre avec le Président Habib Bourguiba à un moment de brouille avec Jamal Abdenasser.


Entre les deux hommes, tout le monde le savait, le courant ne passait pas. Leurs désaccords tournaient parfois à la crise ouverte. Au début de la conversation, Bourguiba commençait à évoquer cette brouille. Alors que personne ne s'y attendait, Ferhat Abbas l'interrompit brusquement: “Mon cher ami cesse de te chamailler avec Abdennasser… (Les deux hommes se tutoyaient)…nous sommes en train de faire face à une guerre atroce et sachez bien que nous avons besoin de vous tous!”. Je m’attendis à une réplique coléreuse habituelle de la part de Habib Bourguiba. Ce fut un silence pesant qui me paraissait long. Puis Bourguiba esquissait un large sourire et change de sujet. Le message du président Abbas était bien reçu. Les conversations revinrent vers l'objet initial de notre rencontre.

3. Rencontre avec sa Majesté Mohamed V (août 1958 moins de deux mois avant la formation du GPRA).

Dépêchés en mission urgente auprès de Sa Mohamed V, Ferhat Abbas et moi nous fument reçus au Palais Royal dés notre arrivée à Rabat. Une grande tension régnait alors aux frontières algéro-marocaines dans la région de Béchar. Des heurts graves et regrettables avaient eu lieu entre des éléments des deux pays. La circulation dans la région était sévérement réglementée et un blocus établi autour de certains points de présence de l'ALN. Sa Majesté Mohamed V nous a reçus, comme il a toujours fait avec les responsables du FLN, avec simplicité et gentillesse. Informé de l'objet de notre mission, il entra directement dans le vif du sujet. « Vous savez que moi et le Maroc tout entier sommes aux côtés de la révolution algérienne. Je peux vous assurer que cela ne changera pas. Mais, en tant que chef d'État, j'ai des obligations envers mon Pays et son unité territoriale. Il y a un problème de frontières entre nos deux pays et j'aimerais que l’on en discute dès maintenant. Je désigne le Prince Moulay El Hassen pour présider la délégation marocaine”

L'audience était brève mais édifiante. Ce que l'on croyait être des incidents locaux limités, était en fait lié un problème sérieux posé officiellement, et solennellement.



Ferhat Abbas était d'autant plus désolé qu'il devait quitter le Maroc pour un rendez-vous important. Il me demanda donc de rester à Rabat, de former une délégation sur place et de mener les négociations avec les responsables marocains. Ce que je me suis efforcé de faire.



En guise de consignes, Ferhat Abbas me dit ceci: « Ecoute mon cher Mehri, formellement, nos frères marocains ont peut-être raison d'évoquer la question des frontières. Cependant, ils choisissent très mal la façon et le moment de le faire. Nous ne pouvons pas les suivre sur cette voie. Tâche de les persuader que l'intérêt des deux pays commande le renvoi du règlement de cette question après l'indépendance de l'Algérie ».





Après l'indépendance je rendais, souvent, visite au Président du GPRA. L'une des dernières visites que je lui ai rendues chez lui, se situait juste après la défaite des armées arabes en Juin 1967. Après un bref échange amical, je le provoquais un peu : « Alors, Monsieur le Président, nous avons reçu encore une tannée!? » Ferhat Abbas, calme, me fixa un moment, puis, sans aucun signe de plaisanterie dans sa voix, me répondit: - Mais, mon cher Mehri, nous allons vaincre - !?!!! Comment cela Monsieur le Président ? - Oui, nous vaincrons à force d'être vaincus !





Rahima Allah Ferhat Abbas.
Alger le 19 Septembre 2008, Abdelhamid Mehri


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MessageSujet: Re: Documentation sur l'histoire de l'Algérie   Mer 11 Nov - 0:24

Citation:
Abdelaziz Ouabdesselam : Le formateur discret qui n’a jamais démérité

Abdelaziz Ouabdesselem vient de nous quitter à l’âge de 92 ans, que Dieu ait son âme. On ne saurait demeurer silencieux devant la perte d’un si grand homme, si peu connu du public, et qui a pourtant contribué à la formation de milliers d’ingénieurs, ceux-là mêmes qui assurent la bonne marche et le développement socioéconomique de notre pays.


C’est pourquoi nous tenons à lui rendre cet hommage particulier. M. Abdelaziz naquit dans les montagnes de l’Atlas, le 18 novembre 1917, à Beni Ghobri (commune d’Azazga). D’une famille d’intellectuels, son père, Bélaïd, interprète judiciaire, avait reçu en 1897, le premier prix d’arabe au lycée Bugeaud, (l’actuel lycée Emir Abdelkader). Après avoir accompli ses études primaires à Bouira, il suit des études secondaires à Alger dans le même lycée que son père, jusqu’à obtention du baccalauréat. Il opte pour la voie difficile des classes de mathématiques supérieures et mathématiques spéciales pour être admis en 1937 à l’Ecole nationale supérieure d’hydraulique et de mécanique de Grenoble. Mais, la Seconde Guerre mondiale l’empêche d’achever ses études d’ingénieur. La guerre terminée, il s’inscrit à l’université de Grenoble et obtient sa licence en mathématiques, puis le certificat d’études approfondies en astronomie et le certificat de statistiques.

En 1947, M. Abdelaziz revient à Alger pour entamer une brillante carrière de professeur de mathématiques au lycée Bugeaud puis au lycée franco-musulman de Ben Aknoun. Cet établissement, réservé exclusivement aux élèves arabisants, dispensait un programme d’un niveau moyen, et tellement insuffisant en mathématiques que les élèves ne pouvaient pas se présenter au baccalauréat et a fortiori poursuivre des études supérieures. Ils étaient ainsi forcément destinés à des postes subalternes juridiques ou administratifs. Mais M. Abdelaziz qui voyait en ses élèves des potentialités pouvant dépasser le niveau de formation de cet établissement, en dépit d’une inspection académique hostile à toute promotion, leur dispensa des cours qui permirent à nombre d’entre eux de réussir au baccalauréat puis de poursuivre brillamment des études universitaires et compter ainsi parmi les hauts dirigeants et cadres supérieurs qui contribuèrent plus tard, après l’indépendance, au maintien à flot du pays.

Se sentant menacé après la grève de 1956, il quitte Alger pour se réinstaller à Grenoble et reprendre l’enseignement des mathématiques comme professeur au lycée Champolion. Il y laissera le souvenir d’un enseignant compétent, consciencieux et travailleur. En 1962, l’indépendance acquise, M. Abdelaziz revient à Alger où la course au pouvoir et aux postes politiques supérieurs battait son plein. Alors qu’il pouvait fort bien prétendre à une fonction politique de haut niveau du fait de sa qualité de membre permanent de la Fédération FLN de France, il préféra continuer à servir en tant qu’ enseignant. Il sera chargé de deux missions importantes qu’il accomplira avec plein succès : d’une part, celle de rouvrir les portes de l’Ecole nationale d’ingénieurs d’Alger, un établissement laissé exsangue après le transfert de ses archives vers la métropole et le départ massif de ses professeurs, et d’autre part, celle de remplir la fonction de co-recteur de l’université tout aussi désertée par la puissance colonisatrice. La réouverture de l’enseignement supérieur ne pouvait constituer une tâche aisée dans une Algérie nouvellement née, blessée, martyrisée et sortant d’une guerre longue et ravageuse.

De fait, cette tâche s’avéra monumentale, complexe, mais aussi très urgente, car l’avenir universitaire et intellectuel de la nation en dépendait. Conscient de la situation catastrophique dans laquelle se trouvait l’Ecole nationale d’ingénieurs et des difficultés liées à un environnement défavorable, M. Abdelaziz prit en main la destinée de cet établissement. Son grand mérite fut de remettre sur pied cetrte école dès la première année de l’indépendance en mettant en place de nouvelles spécialités telles que la chimie, les télécommunications, le génie civil, les mines et la géologie et l’économétrie. Il équipa l’école de laboratoires de travaux pratiques, d’une bibliothèque riche en manuels et publications scientifiques internationales, même l’internat et le restaurant furent ouverts.

En bon gestionnaire consciencieux et à l’esprit ouvert, Si Abdelaziz s’habitua rapidement aux techniques de management les plus modernes et put ainsi organiser rationnellement tous ces départements pour les rendre particulièrement efficaces en les dotant d’un personnel enseignant et de cadres techniques hautement compétents et dévoués. Il introduisit l’enseignement de la langue arabe comme matière obligatoire pour l’obtention du diplôme. Avec son agrément, une salle de prière fut également ouverte. L’école enfin opérationnelle, dans les délais impartis, baptisée « Ecole nationale polytechnique », attendait fièrement et avec assurance l’arrivée des nouveaux bacheliers. Aucune publicité ne fut nécessaire pour séduire et captiver les premières promotions d’élèves dont je faisais partie. Je me souviens que l’école a démarré avec un nombre d’élèves réduit et inférieur à celui des professeurs, ce qui, malgré tout, a permis de bénéficier d’une attention accrue de la part des enseignants. Malgré ses nombreuses tâches et lourdes responsabilités, qu’il assumait avec calme et sans jamais se départir de sa modestie et de sa douceur, notre regretté directeur assurait lui-même les cours de statistiques et de mathématiques dans plusieurs facultés et institutions d’Alger encore déficientes en cadres et enseignants supérieurs.

De nombreuses universités étrangères, en Angleterre, France, Suisse, Autriche, Maroc, Egypte .... Ie sollicitèrent pour donner des cours ou des communications scientifiques. Abdelaziz Ouabdesselam trouvait sa satisfaction dans la réussite de ses élèves et la réputation de son école d’ingénieurs qu’il a réouverte et considérablement développée et dont le diplôme demeure à ce jour l’un des rares officiellement reconnus à l’étranger. Plus de 40 000 ingénieurs, quelque 600 magisters et 163 doctorants y ont été formés. Nombre d’entre eux occupent des postes de haute responsabilité scientifique, économique et politique tant en Algérie qu’à l’étranger. Ces résultats éloquents témoignent de la mesure de cet homme et de ses mérites pour sa contribution inestimable à la construction de son pays. Juste avant de rendre son dernier soupir, dans un ultime et exceptionnel moment de clairvoyance, il récite avec effort la « chahada », d’une voix haute et entrecoupée. Telles furent ses dernières paroles. A sa famille éplorée, l’Association des anciens médersiens présente, par le biais de son président Aït Belkacem Mourad, ses sincères condoléances est l’assure de sa solidarité en cette doulouesue épreuve.

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