scorpion-rouge35 Administrateur (فريق)


Messages: 13418 Age: 24 Localisation: ALGERIE - ALGER Loisirs: ANP / FORCESDZ Inscription: 09/04/2007 Médailles du Forum:


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 | Sujet: Re: Documents/Images/Vidéos [Révolution Algérienne 1954-1962] Lun 2 Nov - 15:15 | |
| | Citation: | Il a été traqué par le capitaine Léger à Azazga Rouget, le chef commando invaincu
Quand Rouget sera éliminé et qu’on n’aura plus de désertions, alors, là, votre secteur sera vraiment pacifié. Je suis venu ici pour vous aider à réaliser ce plan. C’est notre affaire, car il ne s’agit plus d’opérations de troupes de secteur mais de guerre psychologique ». Celui qui parlait ainsi était le capitaine Léger, spécialiste de l’action psychologique, s’adressant, en 1960, à l’officier français en poste à Azazga.
Capitaine Léger, du bureau d’études et de liaison (BEL), connu pour avoir mené la diabolique opération Bleuïte qui empoisonna le maquis, a été dépêché par le commandement militaire colonial d’Alger pour pacifier la région d’Azazga. Face à cette éminence grise de la guerre psychologique, se trouvait Rouget, avec son commando d’une vingtaine d’éléments, mettant sur la défensive depuis des années les positions militaires de l’armée française. « Plus vite ce problème sera réglé, plus vite je repartirai pour Alger. Qu’avez-vous comme renseignements sur ce Rouget ? », lançait le redoutable capitaine, devant le colonel qui n’avouait pas son impuissance devant le commando rebelle d’Azazga. Les péripéties de cette traque vouée à l’échec ont été rapportées par Yves Courrière dans son livre « Les feux du désespoir ». Des collaborateurs locaux avaient été mis à contribution pour neutraliser Rouget, dont un fonctionnaire à la sous-préfecture d’Azazga.
« Menaces à l’appui, un émissaire de Rouget avait chargé le fonctionnaire de trois missions : informer, d’après les tuyaux qu’il pouvait recueillir à la sous-préfecture, voler et transmettre des documents, et enfin des munitions ». Informé, Léger dira : « On va donner satisfaction à ce Rouget. Il aura des renseignements, des documents et des munitions ». L’officier français pensait mener cette opération avec la même facilité avec laquelle il avait répandu le poison de la Bleuïte. Rouget survivra à tous les stratagèmes et traquenards. Il reconnaîtra les munitions piégées, en se rendant compte de la lourdeur inhabituelle des cartouches. Il ne les jettera pas. Il les recycle en recalibrant la charge, avant de les utiliser. Il ne châtiera pas le fonctionnaire de la sous-préfecture. Au contraire, Rouget redemandera de nouvelles munitions. Léger regagnera Alger sans avoir mis la main sur ce chef rebelle de 25 ans qui ignorait superbement le lourd dispositif militaire et psychologique mis en place par les Français.
Un an après le déclenchement de la guerre, Benkaci Mohand Saïd avait une vingtaine d’années. Il était berger et coupait du bois tranquillement dans la région d’Azazga. Une activité au grand jour qui ne durera pas longtemps. Rouget n’échappera pas à son destin révolutionnaire. Il aura très vite maille à partir avec les gardes-champêtres qui n’arrivaient pas à intimider ce jeune homme au tempérament de feu. Signalé à la caserne militaire, le jeune berger entrera dans une colère noire. Cette dénonciation aux autorités militaires sera fatale au garde-champêtre, qui fera du berger d’Azazga un volcan de colère et de révolte. Rouget prend le maquis et entrera dans une guerre personnelle contre l’occupant. Il croisera un jour la route d’une section de l’armée de libration nationale. N’ayant pas accepté qu’il intègre leurs rangs, les maquisards seront vertement pris à partie par le jeune homme. Ils rendront compte au chef lorsqu’ils regagneront leur base. « Un jeune homme voulait intégrer notre groupe. On a refusé et il nous a mal répondu », diront-ils au responsable, qui répondra : « S’il n’a pas peur de vous, il n’aura pas peur des Français.
Repartez tout de suite pour le ramener. Il sera des nôtres ». Ainsi commence l’action de Rouget dans les rangs de l’ALN. Son tempérament de révolté intraitable fit que son commando restera autonome et mènera une guerre sans relâche contre les bases miliaires coloniales. Salah Mékacher, ancien secrétaire du PC de la wilaya III, écrira dans son livre témoignage : « Azazga était structurée en secteur autonome, coiffé et animé par un commando qui développa une activité sous les ordres de Benkaci, dit Rouget. Ce commando donna du fil à retordre à l’ennemi et a excellé dans les harcèlements ». Le groupe de Rouget s’interdisait toute cache ou casemate. Seule stratégie : feu sur la première cible militaire. Dans des circonstances paroxystiques, comme l’interpellation de son père à un point de contrôle militaire, Rouget prenait congé de son propre groupe pour mener des actions de représailles en solitaire. La légende raconte que l’officier français de la localité finira dans un asile psychiatrique. Rouget survivra au feu de la guerre d’indépendance, et mènera d’autres, à l’étranger, auxquelles participera l’Algérie indépendante. Il sortira des rangs de l’ANP en 1981 avec le grade de capitaine. Mis à part quelques livres et des témoignages d’anciens combattants, le parcours de Rouget et d’autres héros de la guerre d’indépendance reste encore méconnu.
Par Djaffar Tamani |
| Citation: |
Les 55 ans de la Révolution algérienne Armée française : « Des hommes » dans une guerre perdue
Le roman Des hommes, publié par les éditions de Minuit, a été écrit par un écrivain qui, vu son âge, ne pouvait être partie prenante dans cette période de 1954 à 1962. Laurent Mauvignier nous donne pourtant un livre juste et crédible dont on n’en sort qu’avec beaucoup d’émotion.
En France, chaque année, les anciens d’Algérie, dont la fédération la plus importante est la Fédération nationale des anciens combattants en Algérie (Fnca), se retrouvent. Il ne s’agit jamais pour eux de parler de la guerre, dont beaucoup n’ont jamais dit un mot depuis la « quille » mais de faire semblant, lors de méchouis, de voyages ou de dépôts de gerbe de décompter chaque année les disparus. Pourtant aujourd’hui, beaucoup ont envie de s’exprimer, de dire les ravages que ce conflit a causés en eux, et aussi, fait nouveau, au peuple algérien.
Le roman de Mauviginer s’inscrit dans cette appropriation de la parole qui se multiplie ces derniers temps en France chez les anciens combattants et quelques auteurs qui osent enfin dire la guerre telle qu’elle a été : « Parfois, il suffit de presque rien, d’une journée d’anniversaire en hiver, d’un cadeau qui tient dans la poche, pour que quarante ans après, le passé fasse irruption dans la vie de ceux qui ont cru pouvoir le nier ». Avoir eu vingt ans dans la démence d’une guerre dont personne ne voulait et qui n’était pas, d’ailleurs, présentée comme telle. Un prétendu maintien de l’ordre où des jeunes hommes perdront jusqu’à leur dignité : « Et toujours du dehors, on entend les pleurs des bébés, un autre chien qui aboie, les plaintes des femmes, et puis cette odeur de brûlé qui se répand, les pleurs des femmes et des lamentations sur la place qui planent aussi dans l’odeur âcre de la fumée noire, l’odeur, la fumée qui s’infiltre et pique bientôt les narines et les yeux ». L’auteur ne laisse rien dans l’ombre de ces virées nocturnes, de ces massacres éhontés, de ces viols, de cette violence qui rend fous ces appelés perdus dans cette guerre qui les dépasse et les anéantit.
Le personnage central du livre, un paysan, arraché à sa terre pour cette horreur sans nom, se projette humainement, simplement humainement. Et on a le passage-clé du livre, celui qui donne le titre à l’ouvrage : « Plus le temps passe, plus il se répète, sans pouvoir se raisonner, que lui, s’il était Algérien, sans doute il serait fellaga. Il ne sait pas pourquoi il a cette idée, qu’il veut chasser très vite, quand il pense au corps du médecin dans la poussière. Quels sont ces hommes qui font ça. Pas des hommes qui font ça. Et pourtant. Des hommes. Il se dit pourtant, parfois, que lui serait un fellaga. Parce que les paysans qui ne peuvent pas travailler leur terre. Parce que la pauvreté. Même s’ils disent qu’on est là pour eux. On vient donner la paix et la civilisation. Mais il pense à sa mère et aux vaches (…) Il pense à ce qu’on lui a dit de l’occupation, il a beau faire, il ne peut s’empêcher d’y penser, de se dire qu’ici on est comme les Allemands chez nous, et qu’on ne vaut pas mieux. (…) ». Alors bien sûr le personnage se dit quand même que la France c’est l’Algérie, ou vice-versa, et qu’il serait, peut-être, un harki pour la défendre, mais il se dit aussi que cela n’est peut-être que mensonge et que seule compte l’aimée qui attend son retour. Et, lorsque la guerre finit, comment ne pas se dire que rien n’a servi à rien et que cette peine était trop douloureuse pour s’effacer. A en être aigri jusqu’à la fin de ses jours.
- Des hommes, Laurent Mauvignier, éditions de Minuit, Paris 2009, 17,50 .
Par Walid Mebarek
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| Citation: | Commémoration du 1er novembre 1954 : La douleur des familles de Chouhada
Mais que sont devenus, 55 ans après le déclenchement de la guerre de Libération nationale, ces femmes de martyrs et leurs enfants que le pays a le devoir de protéger et d’aider ?
Terreau où s’est constituée la conscience nationale de nombreux militants de la cause nationale, bastion des révolutionnaires pendant la guerre de Libération nationale et lieu de passage des grands hommes de la lutte pour la liberté et l’indépendance du pays, Biskra, de par son statut de zone urbaine dotée d’une gare, proche des Aurès et porte du désert, a payé un lourd tribut en hommes et femmes valeureux tombés au champ d’honneur. Quelle meilleure occasion que la fête du 1er Novembre pour honorer les moudjahidine et la mémoire des martyrs de la Révolution algérienne, dont la lutte et le sacrifice ont engendré l’Algérie libre ? Mais que sont devenus, 55 ans après le déclenchement de la guerre de Libération nationale, ces femmes de chouhada et leurs enfants que le pays a le devoir de protéger et d’aider ? Les mesures prises en leur faveur ont-elles été appliquées et sont-elles suffisantes eu égard aux souffrances endurées ? Que pensent-ils de l’Algérie d’aujourd’hui ? Nous avons donné la parole à Fatiha, ancienne institutrice à la retraite, fille aînée du chahid Lakhdar Behaz dit Abid, dont le nom est au fronton d’une école du centre-ville de Biskra.
Elle apporte un témoignage poignant où s’imbriquent éléments de la vie quotidienne des Biskris pendant la Révolution, bouts de vie d’individus appelés à des destins héroïques et dramatiques et événements historiques majeurs. Son père, Lakhdar Behaz, était conducteur de train. Dès 1955, il s’engage dans la lutte clandestine en collectant vêtements, médicaments et armes pour les djounoud. En 1956, il est averti que les frères Tounsi, membres du réseau clandestin, ont été arrêtés à Touggourt. Il abandonne son vélo et sa machine, avec la chaudière en marche, et rejoint les rangs des moudjahidine après s’être caché à El Hadjeb durant des jours. Sa disparition déclenche une vague d’arrestations et de répressions sans pareil sur ses proches et sa famille. Ses compagnons d’armes disent que Lakhdar était un combattant sans égal.
A la célèbre bataille de Chaâbet Terki, où les forces coloniales avaient engagé plusieurs bataillons soutenus par des avions, il ne lâchera pas sa mitrailleuse jusqu’à ce que celle-ci s’enraye. Gravement blessé au visage et au bras, il est transporté en Tunisie pour y être soigné. Quelques semaines plus tard, il revient dans les Aurès. En 1960, il tombe au champ d’honneur avec plusieurs de ses compagnons, près de Oued Sersou, sous les bombardements d’un avion. « Quand il s’engage dans la lutte armée, il laisse ma sœur Rachida, notre petit frère Salah, moi et ma mère Zohra, enceinte de ma sœur Sakina », se rappelle notre interlocutrice qui raconte, les yeux embués et la voix serrée, ses souvenirs, son enfance et ses espoirs pour le pays. Décrivant avec détails les événements qui ont mené son père, « compagnon d’armes des Kantar Mohamed Rouina, Saïd Bacha, Abdallah Guesmia, Amar Remadhna et de bien d’autres illustres noms de la Révolution algérienne », dira-t-elle, à rejoindre les rang des moudjahidine, elle exprime d’emblée sa fierté d’être de la trempe et de l’engeance des héros.
« Notre père nous a légué l’amour du pays. Aucune compensation financière ne peut suppléer à l’absence d’un père », ajoutera-t-elle avant d’énoncer ce que beaucoup de veuves et d’enfants de chouhada pensent et qui est : « Nos droits sont bafoués comme la mémoire de nos pères. » En dépit des pensions, des avantages professionnels et des menus privilèges octroyés aux moudjahidine et aux ayants -droit, Fatiha se dit « horripilée par ceux qui remettent en cause la justesse de la Révolution à cause des difficultés d’aujourd’hui. » Et de préciser : « Les martyrs ne sont pas que des noms d’écoles, de bâtisses publiques ou de rues. » Mesurant pleinement les souffrances endurées par sa mère pendant la Révolution, et notamment à la « Zerda de M’Doukel », organisée après le cessez-le-feu où on lui apprendra que son époux, le moudjahid Abid, était tombé au champ d’honneur, notre narratrice se rappelle du long youyou de douleur et de fierté lancé par sa mère. Elle reviendra sur l’arrestation des frères Saouli et de Fatima Lebsaïra, qui mourra sous la torture pour avoir caché des manifestants dans sa maison du quartier Dhalaâ, près du hammam du Palmier.
Elle s’attardera aussi sur le cas de sa mère que tout le monde appelait Khalti Zohra. « S’usant les yeux et l’échine à coudre des vêtements et des drapeaux algériens, notre mère était une femme d’acier qui nous a inculqué le sens du travail et du courage. Elle a affronté, seule, la vie et le veuvage comme de nombreuses femmes de chouhada. » Poursuivant son récit, elle ajoutera : « J’ai eu mon BEG avec 14 de moyenne, mais je n’ai pas pu aller à Constantine, au lycée El Houria, et je suis devenue institutrice en 1968 pour subvenir aux besoins de ma famille. Notre mère est décédée des années après l’Indépendance sans jamais avoir revu son époux, le cœur brisé par trop de souffrance. En tant que fille de chahid, j’ai bénéficié d’un lot de terrain, comme tout le monde, et de la défalcation de 7 ans de travail pour le calcul de la retraite. Ce qui n’est pas le cas de mes sœurs lésées dans leurs droits. A chaque fois, ce sont les moudjahidine qui raflent tout et des voix s’élèvent pour crier que les enfants des martyrs prennent tout alors que ce n’est pas vrai.
Nous n’avons que des promesses et des lois non appliquées. » au-delà des manifestations et commémorations ponctuelles, telles que les recueillements aux carrés des martyrs pendant les occasions solennelles, la levée des couleurs au son de l’hymne national…, les enfants de chouhada portent chacun et chacune en leur for intérieur une indicible douleur. Il est, à ce titre, judicieux de rendre leur hommage et de les aider, de toutes les manières possibles, même s’ils disent qu’ils « refusent l’aumône mais demandent juste un peu plus de considération, de soutien et de mesures efficientes ».
Par H. Moussaoui |
| Citation: | Célébration du 1er novembre 1954 Une nouvelle statue pour le martyr Ahmed Zabana

Les festivités se sont poursuivies dimanche pour l’inauguration d’une nouvelle statue du martyr Ahmed Zabana sur le rond-point marquant la jonction entre le boulevard Front de mer et la route des Falaises.
Les manifestations commémoratives marquant la célébration du 55ème anniversaire du déclenchement de la Révolution du 1er Novembre 1954 ont donné lieu, dimanche, à des cérémonies de recueillement à la mémoire des martyrs au cimetière de Aïn Beïda. La veille, les autorités civiles et militaires ont été invitées au siège de l’ONM pour assister à une conférence sur la guerre de libération nationale et les faits historiques ayant marqué la période du mouvement national. A minuit, le cortège a regagné la place du 1er Novembre pour participer à la cérémonie de lever des couleurs alors que la clique de l’ANP entonnait l’hymne national. Les festivités se sont poursuivies dimanche pour l’inauguration d’une nouvelle statue du martyr Ahmed Zabana sur le rond-point marquant la jonction entre le boulevard Front de mer et la route des Falaises. Cette statue en bronze a remplacé une précédente réalisée en fonte.
Pour l’histoire, le chahid Ahmed Zabana est le premier martyr à être guillotiné le 19 juin 1956 à la prison de Serkadji (ex-Barberousse) à Alger, après avoir été condamné à la peine capitale par le Tribunal des forces armées siégeant à Oran. D’autres cérémonies ont permis aux autorités locales de procéder à la débaptisation d’établissements scolaires au nom des martyrs de la guerre de libération nationale, notamment à Haï Bouamama. Enfin, le siège la kasma 2 a abrité, en fin de matinée, une cérémonie de remise des prix aux vainqueurs du concours de pétanque organisé dans le cadre du « Mémorial Hachemi Mammeri » au boulodrome des Castors par le secteur urbain El-Makkari et l’association sportive de ce quartier. Notons que la célébration de cette journée historique a été clôturée par une série de manifestations culturelles et artistiques dont la pièce théâtrale « Malhmat Ech Chahid » qui a été présentée au théâtre régional « Abdelkader Alloula », samedi soir. Parallèlement à cela, d’autres activités traitant de l’histoire d’Algérie ont été organisées par la direction de la Culture qui avait entamé les festivités le 25 octobre que la salle de la cinémathèque avait abritées durant les six derniers jours d’octobre.
Par A. Belkedrouci, Abdallah Bendenia
http://www.elwatan.com/Une-nouvelle-statue-pour-le-martyr
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