Forum Sur l'Armée Algérienne


L'équipe forcesdz Vous Souhaite la Bienvenue et Vous Invite a Vous Inscrire sur le Forum

Forum Sur l'Armée Algérienne

Accueil­Galerie­FAQ­Rechercher­S'enregistrer­Membres­Connexion
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujetPartager | 
 

 Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1 ... 8 ... 12, 13, 14  Suivant
AuteurMessage
cesam
Aqid (عقيد)
Aqid (عقيد)


Messages: 4230
Age: 34
Localisation: Algérois
Loisirs: sports de combat et plongée sous marine
Inscription: 08/05/2009
Médailles du Forum:



Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Sam 15 Aoû - 10:21

star Didouche Mourad (1927 - 1955)



Didouche Mourad naquit le 15 juillet 1927 à Alger. Issu d'une famille moyenne, il entame ses études aux Anassers pour les achever à Constantine, en 1943, où il obtient son brevet. Mais, ne pouvant poursuivre sa scolarité, il devient employé aux chemins de fer.

Très tôt membre du mouvement des Scouts Musulmans Algériens, véritable école du nationalisme, il est l'un des fondateurs du RAMA, club omnisports des hauteurs d'Alger dans lequel la pratique du sport va de pair avec l'éveil de la conscience nationale.

Dès 1943, il milite au Parti du Peuple Algérien (PPA), devenu par la suite Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques (MTLD.). Il participe ainsi à l'organisation des manifestations du 8 mai 1945, qui devaient entraîner la répression sauvage des forces coloniales (45.000 morts) et ancrer l'idée chez le jeune Didouche que l'indépendance ne pouvait s'obtenir que par la lutte armée.

En mars l950, la police française découvre qu'il est membre de l'Organisation Spéciale (OS.). Il échappe de peu à une arrestation. En 1952, il est chargé de l'organisation de la région de Blida et Médéa. Au cours d'une réunion du MTLD, il est arrêté, mais réussit à fausser compagnie aux inspecteurs qui le mènent au commissariat.

A Alger, ses compagnons du MTLD l'affectent en Oranie comme responsable adjoint de l'organisation dans cette région. Encore en 1952, il se voit confier les mêmes responsabilités au sein de l'émigration algérienne en France, où il se distingue par un travail d’agitation politique inlassable. De retour au pays, il participe aux préparatifs visant à lancer la lutte armée.

En 1954, à la fin avril, il devient membre du Comité Révolutionnaire d'Unité et d'Action (CRUA), nouvelle instance dont s'est doté le mouvement nationaliste pour entamer résolument la lutte armée. Agé alors de vingt-sept ans, il est le plus jeune élément du CRUA.

Il contribue à la rédaction de la proclamation du 1er novembre 1954, et, quelques semaines avant le déclenchement de la guerre de libération, il est chargé de diriger le Nord-Constantinois, qui deviendra la wilaya II. Avec le peu d'armes dont il disposait, il réussit à mener quelques opérations militaires qui eurent un grand impact.

Mais sa grande contribution réside dans l'organisation des réseaux d'action dans la région. En janvier 1955, lors d'un accrochage avec l'armée française prés de Smendou (actuellement Zighout Youcef), il tomba sous les balles ennemies après une héroïque résistance. Son lieutenant, Zighout Youcef, le remplaça dès lors à la tête de la région.


Gloire à nos chouhadas
Revenir en haut Aller en bas
cesam
Aqid (عقيد)
Aqid (عقيد)


Messages: 4230
Age: 34
Localisation: Algérois
Loisirs: sports de combat et plongée sous marine
Inscription: 08/05/2009
Médailles du Forum:



Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Dim 16 Aoû - 13:06

star Commandant Si Mohand OUELHADJ (1917 - 1972)



De son vrai nom Akli Mokrane, plus connu sous le nom de Mohand Ouelhadj, il naquit en mars 1917 à Bouzguène, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Il effectua ses études primaires dans son village natal puis à Aïn el Hammam.

Il émigra en France mais ne tarda pas à revenir à son village pour s’y adonner au commerce. Il commença à tisser des relations avec les leaders du Mouvement National et les membres du Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques tels que Krim Belkacem et Mohammedi Saïd.

Lors du déclenchement de la Révolution, il en rejoignit les rangs avec ses trois fils. Il eut plusieurs promotions : sous-lieutenant, chef de la 4ème région de la Wilaya III (la Kabylie), puis capitaine en 1957 et enfin commandant à la fin de la même année.

Après la mort au champ d’honneur du Colonel Amirouche le 29 mars 1959, il lui succéda à la tête de la wilaya III. Il fut promu au grade de colonel en 1960 et devint membre du Conseil National de la Révolution Algérienne (1960).

Il est considéré comme l'un des rares dirigeants à ne pas avoir quitté l'Algérie pendant toute la durée de la Révolution jusqu'à l'indépendance. Il mourut après l'indépendance le 02 septembre 1972.




Gloire aux officiers de notre glorieuse ALN
Revenir en haut Aller en bas
soudard
Muqaddam (مقدم)
Muqaddam (مقدم)


Messages: 1978
Inscription: 17/04/2007
Médailles du Forum:




Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Dim 16 Aoû - 16:46

En 1963,il avait pris le maquis en Kabylie aux côtés d'Ait Ahmed,mais il avait rejoint la légalité au moment de la guerre avec le Maroc.
Revenir en haut Aller en bas
cesam
Aqid (عقيد)
Aqid (عقيد)


Messages: 4230
Age: 34
Localisation: Algérois
Loisirs: sports de combat et plongée sous marine
Inscription: 08/05/2009
Médailles du Forum:



Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Lun 17 Aoû - 14:56

soudard a écrit:
En 1963,il avait pris le maquis en Kabylie aux côtés d'Ait Ahmed,mais il avait rejoint la légalité au moment de la guerre avec le Maroc.



Oui c'est vrai ce que tu dis soudard, mais ici on ne traite que de la période allant de 1830 à 1962.
Revenir en haut Aller en bas
soudard
Muqaddam (مقدم)
Muqaddam (مقدم)


Messages: 1978
Inscription: 17/04/2007
Médailles du Forum:




Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Lun 17 Aoû - 16:59

Ah oui, excusez-moi...
Revenir en haut Aller en bas
cesam
Aqid (عقيد)
Aqid (عقيد)


Messages: 4230
Age: 34
Localisation: Algérois
Loisirs: sports de combat et plongée sous marine
Inscription: 08/05/2009
Médailles du Forum:



Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Mar 18 Aoû - 14:29

star Mohamed Ben Allel - (1810 - 1843)

Lieutenant de l'Emir Abdelkader




Mort à la suite d’une violente bataille au champ d’honneur, à ce jour, son corps n’a pas été retrouvé. En revanche, sa tête a été ramenée à Koléa en 1847 par un général français, à la suite d’un périple de plusieurs étapes. La tête du chahid Mohamed Ben Allel est enterrée dans le mausolée de Sidi Ali Mebarek à Koléa.

Mohamed Ben Allel est un descendant de Sidi Ali Mebarek El Hachemi, qui est originaire de la région de Mascara. Ses aïeuls avaient rejoint la région de Koléa en l’an 1601. Dans cette ville, vivaient déjà les Turcs et les Arabes qui avaient fui l’Andalousie. Mohamed Ben Allel était né en 1810. Sa famille ascendante avait créé la première zaouïa dans cette partie de la Mitidja. Dès son très jeune âge, Mohamed Ben Allel avait bénéficié d’un enseignement strict, selon les préceptes de la religion musulmane dans cette institution. Son intelligence le révèle. L’administration coloniale le désigne agha dans la Mitidja après l’avoir remarqué.

Après le décès, en 1837, de son oncle à Miliana, le khalifa cheikh Mahieddine Essaghir Ben Allel El Kolehyi, l’Emir Abdelkader nomme Mohammed Ben Allel à la tête de la région de Miliana, une des huit régions qui composent le territoire de l’Etat algérien durant l’ère de l’Emir Abdelkader. Le khalifa Mohamed Ben Allel, un des lieutenants de l’Emir Abdelkader s’avère un excellent gestionnaire de la région de la Mitidja, qui était divisée en cinq zones ; Mohamed Ben Allel était redoutable, clairvoyant et un combattant courageux et lucide commandant des troupes armées. Il avait toujours agi selon les directives et les instructions de l’Emir Abdelkader. Il jouissait de la confiance de l’Emir Abdelkader, en raison de sa fidélité envers lui.

Le Khalifa Mohamed Ben Allel, cet enfant issu d’une zaouïa insurgée, avait toujours rejeté les offres alléchantes de l’administration et de l’armée française et les compromis avec le colonialisme jusqu’à sa mort. Il avait combattu l’occupation française dans les zones de la Mitidja, du Titteri, de l’Ouarsenis et à l’ouest du pays. Après sa mort, le 11 novembre 1843, son neveu Kadour Ben Allel lui succède pour continuer la lutte contre les forces coloniales.

Gloire à nos chouhadas
Revenir en haut Aller en bas
cesam
Aqid (عقيد)
Aqid (عقيد)


Messages: 4230
Age: 34
Localisation: Algérois
Loisirs: sports de combat et plongée sous marine
Inscription: 08/05/2009
Médailles du Forum:



Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Jeu 20 Aoû - 16:10

Commémoration : 20 Août 1955—20 Août 1956

Deux dates, un tournant dans l’histoire


Citation:
Une haine criminelle jamais rencontrée dans les actes barbares de l’histoire de l’humanité

C’est le gouverneur général Soustelle lui-même qui donna l’ordre de fusiller et d’incendier les mechtas et de détruire au mortier les villages. La haine a été telle que les colons se livraient avec l’aide de la légion étrangère et de la gendarmerie à exterminer toutes les familles dont ils connaissaient le lien avec la Révolution. C’était d’abord une répression et une tuerie sélective qui toucha presque toutes les grandes familles du village soupçonnées d’intelligence avec les Moudjahidine. Les civils européens (colons) se sont associés aux militaires et la chasse à l’Arabe commença. Les victimes ont été abattues sous les yeux de leurs enfants dont certains se souviennent de l’atrocité avec laquelle leurs parents avaient été fauchés.

Il y avait en tout 750 martyrs sur une population qui ne dépassait guère le millier de villageois sans compter les dechras avoisinantes. Il va falloir dresser un mémorial qui inscrira en lettres d’or les martyrs du 20 août 1955 sur la place centrale du village pour que les générations n’oublient pas le mépris de la civilisation coloniale française sur le genre humain. Cela s’est passé à Aïn Abid.

Aïn Abid-Village martyr : Des familles entières décimées

Nous ne saurions, sous peine d’oublier les nombreux martyrs de ce crime sanguinaire, citer pour exemple quelques familles qui ont été dans leur totalité liquidées :

- les Hadef Bel Okki où 16 personnes dont 4 femmes ont été abattues
- les Agoun 13 dont cinq filles,
- les Lakhdara dix dont une femme,
- les Benboualia sept dont une mère,
- les Mansouri cinq personnes,
- les Belmokhi trois,
- les Temmoussi quatre personnes,
- les Mechri quatre,
- les Ayat deux personnes,
- les Belhannachi deux personnes,
- les Hattab six personnes,
- les Bélaridi cinq personnes, etc.
Source :: El Watan



Gloire à nos chouhadas
Revenir en haut Aller en bas
saf
Mulazim (ملازم)
Mulazim (ملازم)


Messages: 717
Inscription: 03/05/2007
Médailles du Forum:





Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Jeu 20 Aoû - 22:35

En faite sur le plan de la stratégie militaire de la révolution le déclenchement et la planif du 20 Aout 55 par le Chahid Zighout Yousef s'explique par la volonté de rompre l'encerclement de l'Aurès (wilaya 1) qui subit alors une pression militaire de la part des forces coloniales qui veulent écraser dans l'oeuf la révolution de Novembre. Donc les évènements du 20 Aout 55 fut une attaque de diversion stratégique. L'offensive du 20 Aout 55 avait son épicentre dans la région de Skikda. Le 20 Aout marque le point de non retoure la rupture est consommer . La Révolution n'est plus seulement la préocupation d'une avant garde révolutionnaire mais elle est bien devenue une préocupation populaire qui concerne désormer des millions de personnes.

el majd wa el khouloude li chouhadaina el abrare.
Revenir en haut Aller en bas
anzar
Administrateur (فريق)
Administrateur (فريق)


Messages: 15047
Localisation: In your six !
Inscription: 10/04/2007
Médailles du Forum:





Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Ven 21 Aoû - 11:34

Un documentaire de René Vautier de 1982, très riches en détails et présentant des faits et l'histoire de la colonisation avec un regard cru et sans fioritures....

Revenir en haut Aller en bas
foxy72
Arif Awal (عريف أول)
Arif Awal (عريف أول)


Messages: 244
Age: 37
Localisation: Paris
Loisirs: Flying
Inscription: 22/05/2007
Médailles du Forum:





Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Ven 21 Aoû - 12:46

Merci Anzar.

Document édifiant, s'il en était besoin, sur cette colonisation de "salauds" que certains au 21ième siècle veulent voir positive et civilisatrice.

Les millions d'Algériens, hommes, femmes, enfants, massacrés, décapités, enfumés, éventrés, torturés, démembrés etc... sont autant de lègues historiques indélébiles de cette France colonisatrice dont l'iniquité n'a eu d'égale que sa cruauté abjecte envers l'Algérie et son peuple.

Merci Monsieur Vautier.

J'espère que dans un souci de vérité, son oeuvre sera reprise à son compte par les jeunes générations françaises. L'esprit de fraternité et d'humanité qui en découlera sera certainement le meilleur des ciments entre les futures générations Algériennes et Françaises.
Revenir en haut Aller en bas
achawrar
Arif (عريف)
Arif (عريف)


Messages: 132
Age: 16
Inscription: 15/08/2009
Médailles du Forum:

Nationalité:

MessageSujet: abane ramdane(1920-1958)   Lun 24 Aoû - 18:30

Abane Ramdane (en Kabyle: Ɛebban Remḍan) (10 juin,1920 - 29 mai,1958) était un homme politique algérien qui joua notamment un rôle essentiel dans l'histoire de la révolution algérienne, et est considéré aujourd'hui encore comme le dirigeant « le plus politique » du FLN, surnommé « l'architecte de la révolution ».

en 1958 est assassinait en allmange dans un hotel avec sa propre cravate
Revenir en haut Aller en bas
achawrar
Arif (عريف)
Arif (عريف)


Messages: 132
Age: 16
Inscription: 15/08/2009
Médailles du Forum:

Nationalité:

MessageSujet: KRIM BELKACEM(1922-1970)   Lun 24 Aoû - 18:39

Krim Belkacem est un homme politique algérien, chef historique du Front de libération nationale durant la guerre d'indépendance algérienne. Surnommé « le lion du djebel » par les soldats francais, il est considéré comme le premier maquisard de la guerre d'indépendance algérienne.

Né le 14 septembre 1922 à Aït Yahia Moussa en Kabylie, il a été assassiné à Francfort le 18 octobre 1970.
Revenir en haut Aller en bas
achawrar
Arif (عريف)
Arif (عريف)


Messages: 132
Age: 16
Inscription: 15/08/2009
Médailles du Forum:

Nationalité:

MessageSujet: colonel amirouche(1926-1959)   Lun 24 Aoû - 18:42

le colonel amirouche ait hamouda est un colonel de l'Armée de libération nationale pendant la guerre d'algérie et qui, sur proposition de Krim Belkacem devient responsable du F.L.N sur toute la vallée de la Soummam. Fils d'Amirouche Aït Hamouda et de Fatima Aït Mendès, Amirouche est né le 31 octobre 1926 au village de Tassaft Ouguemoune (commune d'Iboudraren) dans les montagnes du Djurdjura en Kabylie (Algérie), et succombera dans une embuscade au lieu dit Djebel Thameur le 29 mars 1959.
Revenir en haut Aller en bas
achawrar
Arif (عريف)
Arif (عريف)


Messages: 132
Age: 16
Inscription: 15/08/2009
Médailles du Forum:

Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Lun 24 Aoû - 18:43

je suis desolé cesam mais abderahmane mira est caumandant et pas un colonel
Revenir en haut Aller en bas
T800
Amid (عميد)
Amid (عميد)


Messages: 13374
Age: 29
Localisation: cheyenne mountain
Loisirs: spotter
Inscription: 25/03/2008
Médailles du Forum:







Nationalité:

MessageSujet: Re: Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]   Dim 6 Sep - 23:28




Citation:
: La sœur d’Ali la Pointe dévoile “ses” vérités


El-hadja Aïcha a tenu à “libérer sa conscience” en dévoilant des pans de la vie du héros de La Bataille d’Alger. De sa tendre enfance à son assassinat, en passant par sa rébellion à coups de larcins contre les Américains, elle dira tout. Ou presque.

Témoignages.

D’emblée elle s’est voulue claire et sans ambiguïté. “Je ne veux rien d’autre que faire éclater la vérité et éclaircir les zones d’ombre qui existent depuis plus d’un demi-siècle.” Elle c’est Aït Amer Aïcha, 80 ans, et sœur de lait d’Ali la Pointe. Nous l’avons rencontrée sur les hauteurs d’Alger, non loin de son domicile actuel qui se trouve du côté de Bouzaréah. “Son père est le frère de ma mère. Nous étions très liés Ali et moi et j’ai suivi sa vie de très près jusqu’à son assassinat par les Français.” Une année sépare el-hadja et Ali (elle est née en 1929 et lui en 1930). “Je n’ai rien voulu dire jusqu’à maintenant parce que j’ai toujours eu peur d’être manipulée ou que l’on déforme mes propos. Je ne peux plus me taire ; je suis arrivée à un âge avancé et je veux dire à tous les Algériens des vérités qu’on a omis, volontairement, de dire sur Ali, mon frère.”

“Moudjahid dès 1944 et il n’a jamais été un truand”

Sur son image de “petit malfrat multirécidiviste” d’avant la guerre de Libération, el- hadja nous répétait à plusieurs reprises que son frère “n’a jamais été un bandit ou un truand, comme beaucoup l’ont dit depuis des années et des années”. Même le film La Bataille d’Alger “est à moitié faux. Ali a combattu pour la libération bien avant le début de la Révolution”. Elle nous relatera ses “débuts” dans sa ville natale, Miliana (à 119 km au sud-ouest d'Alger). “Le point de départ de son combat c’était en pleine Seconde Guerre mondiale, alors qu’il n’avait que 14 ans. Il faisait ses coups en prenant des armes aux convois américains qui passaient à Miliana. Une fois les Américains l’ont poursuivi, lui et trois autres copains qu’ils n’ont pas hésité à tuer. Ali, a dû ainsi s’enfuir et les Américains sont rentrés à la maison avec leurs mitraillettes et nous ont fait beaucoup peur. Recherché, Ali se faisait de plus en plus rare.” Un “état d’éveil” qu’el-hadja explique par un fait qui aurait transformé la vie du jeune Ali. “Le grand-père à son père s’appelait Abdelkader Ammar. Il a été déporté par la France à l’île de Cayenne où il est enterré. Il faut savoir que les Français n’ont pu entrer à Miliana qu’après 15 ans de l’envahissement du pays. Ali voulait tout savoir sur ce qui s’était passé pour son grand-père et il demandait, chaque nuit, à ma mère de lui raconter les aventures de ce combattant et ce qu’il avait fait contre les Français lorsqu’ils sont venus dans la ville.” Toujours à propos de l’enfance du héros de La Bataille d’Alger elle dira qu’“il avait la haine des colons très jeune. Quand il était à l’école, il ne ratait aucune occasion d’en découdre avec les enfants des colons et c’est la raison pour laquelle il a été exclu de l’école.” Selon Nana Aïcha, c’est grâce à la bravoure et au courage qu’il avait montrés avec les Américains que les nationalistes l’ont recruté.

“Il ne s’était pas marié”

Le premier point qu’elle a voulu “rectifier” touche à la vie privée d’Ali la Pointe. “Avant tout, je tiens à dire et à crier même que Ali ne s’était jamais marié. Tout a été fait après l’Indépendance dans des conditions très bizarres et à l’insu de toute la famille. Du jour au lendemain, on a entendu parler d’une Fatiha, de chouhoud (témoins, ndlr).” Pour elle, la meilleure preuve, en plus de celle des témoignages des autres membres de leur famille, reste une certaine “Fatiha”, chez qui il se cachait dans La Casbah. “Elle-même m’avait dit que Ali ne pouvait pas être marié sans qu’elle ne le sache et elle m’a répété qu’elle était prête à le dire à qui voulait le savoir. D’ailleurs elle est encore vivante pour confirmer mes dires”.

“Chacun sera jugé sur ce qu’il a fait”

Revenant sur les conditions dans lesquelles a été assassiné Ali la Pointe, elle nous donnera des détails qu’elle affirme “très sûres et qu’aucune personne sensée et honnête ne peut les nier”. L’histoire nous “dit” que les paras ont fait exploser le 8 octobre 1957 la cachette dans laquelle se trouvaient, en plus d’Ali la Pointe, Hassiba Ben Bouali, Yacef Omar (appelé petit Omar et qui était le neveu de Yacef Saâdi) et de Mahmoud Bouhamidi. Le quatuor était à la fameuse adresse du 5, rue des Abderames, dans La Casbah. “Ce n’était que la seconde cachette d’Ali et les autres membres de son groupe”, indique el-hadja en soulignant que “tout avait changé avec l’arrestation de Yacef Saâdi. Fatiha, qui hébergeait Ali et les autres, m’a tout raconté. Une femme, dont j’ai oublié le nom, est venue voir Ali et l’informer que Yacef Saâdi a été arrêté. Ali lui avait alors répondu qu’il n’avait pas à craindre d’une quelconque trahison et qu’il faisait une confiance aveugle à Saâdi. Tout ce qu’il a décidé sur le coup, c’était de changer de lieu et de rejoindre l’autre cache du groupe”. Comme relaté après par Yacef Saâdi lui-même, ce dernier a été arrêté lors de la prise d’assaut des parachutistes du 3, rue Caton à La Casbah. Il s’est avéré, d’ailleurs, que la première cache d’Ali la Pointe et de Hassiba Ben Bouali se trouvait juste en face, au 4, rue Caton. Néanmoins, nous avons remarqué qu’el-hadja s’était montrée subitement mal à l’aise dès qu’on lui a demandé si elle pensait qu’Ali la Pointe avait été trahi. Elle s’était contentée. “Je ne suis sûr de rien mais tout ce que je peux vous dire c’est que chacun va assumer et que sera jugé sur ce qu’il a fait.”

“Son frère est abandonné à Miliana”

Tout au long de notre entretien avec el- hadja Aïcha, elle ne cessait de revenir sur le cas du jeune frère d’Ali, Mohamed. “Il est totalement abandonné à Miliana et personne ne se penche sur son cas. Pourtant il est très malade”. Elle nous parlera aussi d’autres membres de la famille “a qui il faut rendre hommage”. Elle évoquera ainsi le cas de la sœur du héros de La Bataille d’Alger, Yamina. “Elle est morte il y a quatre ans dans le plus grand anonymat. Déjà lors de la Révolution, elle a été emprisonnée par les Français parce qu’elle ne voulait rien dire sur son frère”. Elle citera également le cas du cousin, Omar Ammar, “qui a été noyé par les Français dans une piscine alors qu’il n’avait que 18 ans”.
Nous n’avons pas pu nous empêcher de noter qu’elle a tout fait avec nous pour éviter de se prononcer, ou d’évoquer même à demi-mot, le “statut” de proxénète d’Ali la Pointe qui avait défrayé l’actualité en 2000 après les déclarations tapageuses du journaliste tunisien Tewfik Ben Brick.
Avant de nous quitter el-hadja Aïcha nous a encore rappelé le “but” de son témoignage. “Je n’aspire qu’à libérer ma conscience et rien d’autre” avant de lâcher, après un long soupir, une phrase valant mille discours. “La vérité n’est pas ailleurs, mais juste en face de nous ; c’est comme si personne ne veut la connaître.”

Bataille d’Alger

Évoquer Ali la Pointe, c’est avoir à l’esprit les images du film devenu mythique qu’est “La Bataille d’Alger” et qu’el-hadja Aïcha nous présenta comme une œuvre “qui n’a montré que la moitié de la vérité”. Réalisé par Gillo Pontecorvo en 1965 (et coproduit par Yacef Saâdi), il a eu un parcours des plus atypiques. Si la référence essentielle reste ses distinctions (Lion d’Or à Venise en 1966, primé à Cannes en 1966, à Moscou en 1967 et nominé aux Oscars pour la catégorie “Meilleur film étranger”, il y a également une “autre” facette. En France, il a été interdit par la censure lors de sa sortie en 1965. Il n’a obtenu son visa d’exploitation qu’en 1970 avant d’être retiré de l’affiche après les agressions contre les salles où il était programmé.

Tatouages

Recherché dans les années 1950, Ali la Pointe était présenté sur les affiches avec des indications qui, vraisemblablement, beaucoup n’ont pas attaché d’importance. Il s’agit des tatouages qu’il avait sur le corps. On pouvait ainsi lire que pour le “reconnaître” Ali la Pointe avait les tatouages suivants. Sur la main gauche, il y serait inscrit : “Zoubida-Cheda-Felah” ; sur le téton gauche : “Marche ou crève” et sur le dessous de son pied droit : “Tais-toi”.


www.presse-dz.com

_________________


sans haine et sans pitié
Revenir en haut Aller en bas
 

Les Héros de La Résistance Algérienne [1830-1962]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 13 sur 14Aller à la page : Précédent  1 ... 8 ... 12, 13, 14  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum Sur l'Armée Algérienne :: Armée Algérienne - الجيش الوطني الشعبي :: Histoire des forces armées Algériennes-
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet