Surarmement algérien Publié le : 23.08.2007 | 15h46
Dans ce qu'on l'on pourrait appeler une impassible indifférence, la région du Maghreb et le monde entier -
hormis quelques spécialistes – assistent à une véritable boulimie algérienne en armements. 
Elle ne laisse pas de surprendre.
Elle n'a surtout pas de limites.Après l'alléchant contrat de fourniture d'armements-d'une bagatelle de 7,5 milliards de dollars - signé le 10 mars dernier entre les présidents Bouteflika et Vladimir Poutine à l'occasion de la visite officielle de ce dernier à Alger, voici qu'une autre commande s'apprête à être formulée par le gouvernement algérien pour recevoir
des frégates russes.
Ce n'est pas seulement un suréquipement ou une surenchère de commandes, mais une escalade ahurissante dont la conséquence immédiate est un déséquilibre-militaire s'entend - des forces dans la région et, par conséquent, une menace pour sa stabilité. L'approvisionnement en une aussi vaste et impressionnante panoplie en avions de combats, en chars et systèmes antimissiles n'est pas réalisé " pour la galerie",
il répond à un plan machiavélique que seuls les novices feignent de négliger.Après avoir acquis le principe de fourniture en septembre dernier de deux navires de guerre au prix de 800 millions de dollars,
le gouvernement algérien attend incessamment d'acquérir
40 (vous êtes sûr ?

) avions de combat de type Mig-29, 28 chasseurs de type Soukhoï-30 à large rayon d'action, 16 avions d'entraînement et de combat Yak-130, plus de 40 blindés, près de 8 systèmes de missiles sol-air S-300PMU, ce dernier constitue l'une des pièces les plus sophistiquées que l'Union soviétique ait pu inventer ces dernières années et que l'Iran ne cesse de réclamer à Moscou.
Et ce n'est pas fini… D'ici deux ans au plus tard, Moscou s'est engagé à livrer à l'Algérie 30 Mig-29 de combat supplémentaires.
C'est un accroissement terrifiant du budget militaire algérien. 
Il y a moins d'un an, les recettes pétrolières et gazières ont généré à l'Algérie
un cash-flow de plus de 140 milliards de dollars. Où va ce montant astronomique ? Aux armements en partie, comme on vient de le voir, alors que le pays et
le peuple algérien en particulier ne cessent de se plaindre des pénuries en denrées de base. (Il fait trop pitié, et d'abord avant de critiqué le voisin regarde chez toi, parce que c'est pas mieux mon pote

)
Le gouvernement préfère troquer avec la Russie le tiers de sa dette, soit 5 milliards sur un total de 16 milliards de dollars en achats de matériels militaires qu'en approvisionnements ou en équipements pour le peuple. Est-ce à dire que le prix du leadership est payé fort gros ? Cette course aux armements n'a aucun sens. Outre qu'elle engloutit les richesses du pays,
elle provoque la rupture d'un équilibre des forces laborieusement acquis depuis toujours. 
Faute d'une paix consensuelle, la détente qui lui sert de relais est fragilisée par la volonté d'un gouvernement aveuglé par la puissance et l'hégémonisme. Lors de la crise de Berlin de 1961 entre Occidentaux et Soviétiques qui brandissait la menace nucléaire, le général de Gaulle fit cette réflexion à l'ambassadeur russe : " Alors Monsieur l'ambassadeur, nous allons mourir ensemble."
Le Matin~~~~
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http://www.lematin.ma/Journal/Article.asp?idr=natio&idsr=aroc&id=75465